Au cinéma, il arrive que des scènes improvisées manquent leur cible en faisant juste patiner un film dans la semoule mais parfois, au contraire, elles parviennent à viser juste. Et voilà comment une improvisation de Leonardo DiCaprio dans Once Upon A Time... in Hollywood est entrée dans l'histoire.
Les coulisses d'une impro légendaire
Les coulisses de cette scène, le réalisateur Quentin Tarantino les a racontées à Far Out Magazine (via Collider) :
"En réalité, ça n'était pas dans le scénario, donc nous ne l'avons pas répété ou quoi que ce soit... Leo avait tout préparé. A un moment, il m'a dit : 'Ecoute, j'ai vraiment, vraiment besoin de me planter dans la séquence Lancer, ok ? Et au moment où je me loupe dans cette séquence, j'ai besoin d'avoir une vraie crise de conscience et d'en revenir ensuite'."
Sony
Tarantino précisait, cette fois au micro d'Indiewire, que si DiCaprio a eu l'idée que son personnage manque ses répliques puis se le reproche, c'est lui-même qui l'a poussé à tourner une séquence de pétage de plomb dans sa caravane en lui donnant juste quelques idées de ce qu'il pourrait dire : "Et je ne l'ai jamais vu aussi nerveux que ce jour-là, nous devions faire la scène en trois heures."
Rappelons qu'à ce stade du film, Rick Dalton joue un personnage de méchant dans la série Lancer (Le Ranch L en VF) et qu'il vient de buter sur une réplique, retardant le tournage. Il retourne dans sa caravane pour exploser, et le résultat improvisé est sous vos yeux (et dans le film) :
Pourquoi est-ce une impro réussie ?
On y retrouve non seulement un pétage de câble d'anthologie, mais aussi un abattement certain du personnage, qui constate qu'il a du mal à retenir ses répliques, ce qu'il attribue à son alcoolisme. Elle contient aussi une séquence à la Taxi Driver, dans laquelle Rick Dalton se parle à lui-même dans le miroir, comme une sorte d'auto-mise en garde.
Si cette improvisation est marquante et l'un des meilleurs moments du film, c'est parce qu'en plus de la performance qu'elle exige à l'acteur afin de rester juste tout au long de la séquence, elle raconte quelque chose à propos du personnage, elle n'est pas gratuite. Rick Dalton s'y montre à la fois pathétique, colérique, vaniteux, touchant et vulnérable. C'est un grand moment de cinéma.