Avant que Netflix ne réhabilite le dessin animé de Nickelodeon, M. Night Shyamalan s’est attaqué à l’histoire de Aang, le Dernier maître de l’air. Une version en live action qui devait être le premier volet d’une trilogie à gros budget. Loin d’avoir marqué les esprits à sa sortie, le long-métrage est ce qu’on peut qualifier aujourd’hui de catastrophe industrielle. On vous explique pourquoi.
Un film familial qui ne fait pas mouche
M. Night Shyamalan est le genre de réalisateur qui aime les histoires mettant en scène des jeunes héros aux pouvoirs extraordinaires. A l’instar de Aang, un jeune maître de l’air choisi pour devenir l’Avatar, un être capable de contrôler tous les éléments et d’assurer la paix sur Terre. En 2010, lorsque le live action sort sur nos écrans, le réalisateur souhaite tourner des films plus familiaux.
Le cinéaste jouit d’un budget confortable : 150 millions de dollars, utilisés en partie pour les effets spéciaux et la construction des décors : “Dès que nous avons commencé le tournage au Groënland. Quand nous avons posé les pieds au milieu d'un village reconstitué et que j'ai vu tous mes acteurs avec leurs armures, leurs casques... J'ai eu un choc et j'ai compris que c'était mon film le plus ambitieux que j'étais en train de tourner."
Malheureusement, le projet a vite tourné au vinaigre, et ce avant même la sortie du film au cinéma. Cala s’est joué dès le choix des comédiens. Les studios Paramount et le cinéaste ont été accusés de whitewashing après avoir des acteurs blancs pour jouer des personnages asiatiques. Comme le jeune Noah Ringer dans le rôle de Aang ou Nicola Peltz dans celui de Katara. Seul Dev Patel s’en ait sorti avec les honneurs.
Un aspect qui a été corrigé dans la série Netflix dont le casting est 100% asiatique. L’un des talents - Paul Sun-Hyung Lee) qui prête ses traits au général Iroh - n’hésitera pas à descendre le film de Shyamalan devant la presse :
"Le choix des acteurs ne me convenait pas, c’était même blessant, d’un côté. Non pas qu’ils étaient mauvais, loin de là. Personne n’a envie de faire une mauvaise adaptation ou d’offenser des fans, mais des décisions ont été prises et elles n’étaient pas les bonnes”.
La patte Shyamalan en moins
Quand on regarde Le Dernier maître de l’air, on a bien du mal à retrouver le cinéma de Shyamalan (même s'il y fait, comme à son habitude, un caméo). Le réalisateur nous a, au fil de sa carrière, servi des films avec des twists qui rebattent les cartes. Comme dans Sixième Sens, The Visit, ou encore Split.
Il nous a tellement habitués à nous surprendre que les films qui ne comportent pas de twists sont finalement les moins aimés comme le Dernier Maître de l’Air, d’After Earth ou de Phénomènes.
Avec une note de 1,9 sur 5 pour 1500 critiques, le live-action est à ce jour le pire film de sa filmographie. Face à ce tollé, la Paramount coupe le robinet : le projet de trilogie tombe à l’eau et Aang peut retourner hiberner quelques années de plus…
Le Dernier Maître de l’Air quitte Netflix le 14 juin.