Si vous avez été adolescent dans les années 2000, vous allez adorer ce très beau film américain
Maximilien Pierrette
Un feel-good movie avec une BO aux petits oignons, un drame situé dans l’Amérique rurale, une pépite qui prend le pouls des États-Unis, il aime se pencher sur la dernière sensation venue de l’autre côté de l’Atlantique.

Encensé par la presse américaine et le Festival de Sundance en 2024, "Didi" arrive enfin dans nos salles ce mercredi 16 juillet. Et sa très bonne réputation n'est pas exagérée.

Ça parle de quoi ?

Californie, été 2008. A 13 ans, Chris, alias Didi, grandit entre deux mondes. À la maison, on parle chinois, et on respecte les coutumes, sous la surveillance de Chungsing, la mère de famille ; dehors, c'est le royaume de la liberté, entre le skate, les potes et les premiers émois. Pour Chris, cet été sera celui de toutes les expériences, comme pour dire adieu à son enfance.

Dìdi
Dìdi
Sortie : 16 juillet 2025 | 1h 33min
De Sean Wang
Avec Izaac Wang, Joan Chen, Shirley Chen
Presse
3,4
Spectateurs
3,5
louer ou acheter

Capsule temporelle

Si vous avez suivi les tops cinéma 2024 de la presse américaine, en fin d'année dernière, un titre vous a peut-être interpellés : Didi. Quatre lettres pour un film alors disponible nulle part en France et sans la moindre date de sortie hexagonale, malgré un passage par le défunt Champs-Elysées Film Festival l'an passé, alors qu'il a été doublement récompensé au Festival de Sundance (Prix du Jury et du Public), où sont repérées quelques pépites indépendantes (c'est de vous qu'on parle Sexe, mensonges et vidéo ou Reservoir Dogs), avant d'être nommé aux Directors Guild of America Award (Meilleur Premier Film) et sacré aux Independent Spirit Awards (Meilleur Scénario et Premier Film).

Mais la voici donc la première réalisation de Sean Wang. Au coeur de l'été, ce qui est très pertinent car c'est pendant cette période que se déroule l'histoire de Chris, pour qui ces vacances marquent la fin d'une époque, puisqu'il doit entrer au lycée à la rentrée quand sa soeur partira de la maison pour ses études. Un moment charnière de sa vie d'adolescent américain d'origine chinoise, surnommé Wang Wang par ses amis, qui va également vivre son premier flirt et se rapprocher d'un groupe de skateurs plus âgés que lui.

Condor Distribution

Dit comme cela, vous avez peut-être l'impression d'avoir déjà vu ce film, et ce n'est pas totalement faux. Mais une oeuvre doit-elle forcément être inédite et novatrice pour être réussie ? Surtout que la grande force de Didi est de nous raconter des choses que nous avons non seulement vues mais également vécues. Quiconque aura été adolescent ou jeune adulte aux alentours du mois d'août 2008 n'aura en effet pas de mal à se reconnaître dans quelques-unes des situations de ce récit qui se déroule à l'époque d'un YouTube naissant, lorsque se créer un compte Facebook était une vraie étape sociale, que l'on postait tout et n'importe quoi sur les réseaux sociaux (MySpace en tête) et que beaucoup d'interactions sociales passaient par les messageries instantanées.

Comme ses skateurs sur une rampe, Didi trouve un très bel équilibre entre l'universel et l'intime avec une histoire qui parlera à beaucoup tout en étant très personnelle pour son réalisateur Sean Wang, qui a précisé avoir mis des éléments biographiques dans le récit (ou sa propre grand-mère dans le rôle de celle de Chris), lui qui avait le même âge que son héros en 2008, mais que celui-ci n'est pas autobiographique pour autant.

Pépite aujourd'hui, incontournable demain ?

Alternant les formats d'image en utilisant un objectif fisheye pour les scènes de glisse ou en reproduisant la qualités des vidéos YouTube de l'époque, quand un échange ne se déroule pas uniquement sur un écran d'ordinateur qui occupe tout le cadre, le réalisateur nous plonge ainsi dans une capsule temporelle drôle, émouvante et ensoleillée. Qui en associant adolescence et skateboarding, n'est pas sans rappeler le 90's de Jonah Hill, mais Sean Wang semble en être conscient et assumer cette référence car il dresse une passerelle entre son film et le sien en montrant ses personnages devant SuperGrave, la comédie qui avait révélé le futur metteur en scène.

Aller découvrir Didi en salles est donc plus que recommandé, et pas seulement aux amateurs de cinéma indépendant américain ou de skateboard. Au-delà de la sincérité avec laquelle il raconte cette histoire, Sean Wang parvient à aborder ses différents sujets (l'identité, l'adolescence, l'amour, la famille...) avec assez de justesse pour que ce récit aux accents personnels parle à tous, avec une saveur de pépite qui pourrait devenir un incontournable dans les années à venir.

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