Après avoir mis en scène les comédies Amis publics et 14 jours pour aller mieux, le réalisateur Édouard Pluvieux revient avec Y’a pas de réseau, dans lequel il retrouve Maxime Gasteuil.
Également porté par Gérard Jugnot, Julien Pestel, Manon Azem, Zabou Breitman et les jeunes Roxane Barazzuol et Roman Angel, le film suit Jonas et Gaby, 9 et 11 ans, venus passer le week-end avec leurs parents dans un gîte isolé au milieu d’une forêt. À peine arrivés, les deux enfants décident de faire le mur, seuls en pleine nature, et tombent sur deux malfrats aussi stupides que dangereux, en train de faire exploser une antenne relais pour couper le réseau. S'engage alors une course-poursuite effrénée. Pour leur échapper, les enfants vont devoir transformer leur gîte en véritable forteresse de pièges et d’obstacles.
Avec Y’a pas de réseau, Édouard Pluvieux signe une comédie burlesque destinée au jeune public, dans la droite lignée des classiques familiaux des années 1990. Parmi ses inspirations les plus assumées : Maman, j’ai raté l’avion, d’ailleurs cité par les enfants dans une scène du film.
Le cinéaste confie dans le dossier de presse : "J’aime énormément le cinéma des années 80/2000, et plus particulièrement celui des années 90. Ce sont des films avec lesquels j’ai grandi, et parmi eux, Maman j’ai raté l’avion est vraiment une référence… Je le considère comme un chef-d’œuvre. Je n’ai jamais autant ri, ni vu d’enfants rire autant devant un écran. Et en tant qu’adulte, vous prenez autant de plaisir à vous marrer que de regarder les mômes se marrer !
"J'’avais donc une grosse envie de me lancer dans un projet de ce genre, avec beaucoup d’humilité, n’ayant ni le talent ni le budget de Chris Columbus… Ce qui m’a fait plaisir, c’est que les premiers spectateurs de Y’a pas de réseau ont évidemment capté la référence, tout en trouvant ça très différent"
Roger Arpajou
S'inspirer sans plagier
S’inspirer d’un film aussi culte que Maman j’ai raté l’avion sans tomber dans le plagiat n’a rien d’évident, et le réalisateur en était totalement conscient.
"Je n’ai jamais eu peur de cela. C’est comme tourner un film sur les requins : il y aura toujours Les Dents de la mer quelque part en écho… Ça ne doit pas vous empêcher d’aborder le thème. Maman j’ai raté l’avion a donné naissance à un style : celui d’histoires où des gamins sont poursuivis par des méchants et leur tendent des pièges.
Il y en a eu plein depuis 1990, mais jamais en France. On a tourné des histoires avec des enfants qui font des bêtises, comme Ducobu ou Toto, mais pas avec des mômes confrontés à de vrais vilains, bêtes et méchants. "
À l’image de Kevin McCallister (Macaulay Culkin) défendant sa maison contre deux cambrioleurs gaffeurs, Jonas et sa demi-sœur Gaby doivent faire face à un duo père-fils pas très futé, interprété par Maxime Gasteuil et Gérard Jugnot. Entre poursuites, cascades et pièges, le film assume une veine cartoonesque, nourrie autant par le burlesque américain que par la comédie populaire française.
Roger Arpajou
Tourné en décors réels
L’action centrale se déroule dans un décor pensé comme un terrain de jeu grandeur nature : une maison perchée au cœur des Pyrénées, équipée de cabanes dans les arbres, de passerelles et d’une tyrolienne.
"La maison nous imposait beaucoup de contraintes techniques. Il fallait qu’elle corresponde exactement à ce que nous avions écrit", explique Pluvieux. Le décor a donc été partiellement construit, pour permettre une liberté totale de mise en scène. Une attention particulière a été portée à la scène finale, dans laquelle la maison est littéralement détruite : "C’est la partie la plus chère et la plus complexe du film, tournée en dernier, sans possibilité de retour en arrière. "
Tout comme dans le film culte de Chris Columbus, les deux méchants de Y’a pas de réseau tombent dans les pièges des enfants. Pour garantir l’impact des gags visuels, l’équipe a choisi de privilégier les effets pratiques aux effets spéciaux : "Comme dans Maman, j’ai raté l’avion, j’aimais cette manière de découper les actions avec les visages des comédiens en gros plan. Nous avons travaillé à l’ancienne : plan large avec les doublures, plans serrés avec les acteurs."
Roger Arpajou
Maxime Gasteuil & Gérard Jugnot cascadeurs ?
C’est d’ailleurs le tournage le plus physique de Maxime Gasteuil, qui raconte : "C’était une première pour moi et je l’ai vécu avec beaucoup d’enthousiasme, mais aussi une certaine retenue… Je ne suis pas un acteur physique au sens strict. En regardant le storyboard, j’ai vu qu’il y aurait pas mal de chutes dans les escaliers. Heureusement, nous avons été préparés par un type extraordinaire, Hugo Bariller. Son équipe, et notamment nos doublures, ont été fabuleuses… Au final, je dirais que nous avons tourné environ la moitié de ces scènes nous-mêmes. C’est une vraie fierté. "
Gérard Jugnot complète : "Moi, j’avais une doublure formidable : il fallait juste être un peu à la hauteur. Vous savez, je fais très attention : je me suis cassé deux vertèbres en tombant à ski… Je dis souvent que la silicose du comique, c’est l’arthrose ! Les gens ne me considèrent pas comme un acteur physique, et pourtant j’ai fait beaucoup de films qui demandaient une vraie condition. Scout toujours, Fallait pas, Les Bronzés font du ski… Pour moi, c’est comme une Légion d’honneur de la cascade ! Nos personnages avec Maxime ont un côté Auguste et Clown blanc que j’adore."
Avec ses gags visuels, ses cascades pensées dès l’écriture et une narration portée par les enfants, Y’a pas de réseau une comédie d’aventure familiale réjouissante, à découvrir en salles.