Il y a 25 ans, je me suis fait refouler du cinéma pour ce film d’action avec Jackie Chan, et je l’ai encore en travers de la gorge
Vincent Formica
Vincent Formica
-Journaliste cinéma
S'il a vibré avec Stallone et Schwarzy, il a aussi été subjugué par Jackie Chan, Jet Li ou Donnie Yen. Dignes successeurs de Bruce Lee, ces 3 experts en arts martiaux ont révolutionné le genre. Vincent aime la castagne bien filmée et bien chorégraphiée ! Et les asiatiques sont les meilleurs pour ça.

Quand on aime Jackie Chan, on attend toujours son prochain film avec ferveur, surtout quand on a 15 ans ! En 2000, on m'a privé du plaisir de la découverte d'un de ses longs-métrages sur grand écran et je l'ai encore mauvaise.

Le 9 août 2000, je me suis rendu avec un entrain non dissimulé dans le cinéma de ma petite ville iséroise. En tant que fan de Jackie Chan depuis tout petit, j'étais surexcité à l'idée de découvrir sur grand écran son nouveau film d'action : Shanghai Kid !

Shanghaï kid
Shanghaï kid
Sortie : 9 août 2000 | 1h 55min
De Tom Dey
Avec Jackie Chan, Owen Wilson, Lucy Liu
Presse
3,2
Spectateurs
2,5

J'avais 15 ans et je n'avais pas cours ce mercredi après-midi, seul moment où je pouvais aller en salles. Si je ratais cette séance, je n'aurais plus d'autres occasions de le voir. J'arrive donc en avance, je paye mon précieux sésame et je m'installe confortablement sur le fauteuil molletonné, bien au milieu de la salle.

Spyglass Entertainment

Seul dans la salle obscure

Les minutes passent... je constate que je suis seul dans le cinéma. Visiblement, personne n'était aussi pressé que moi de voir Shanghai Kid. Je ne m'inquiète pas plus que ça, savourant même l'idée de pouvoir visionner une oeuvre de mon idole en solo, avec une salle obscure à moi tout seul. Pas de voisins gênants, pas de coups dans le siège, pas de pop-corns mâchouillés bruyamment ! Le pied !

Le temps continue de défiler, les lumières ne s'éteignent pas et l'écran géant ne s'illumine toujours pas. Je commence à me poser des questions : le projectionniste aurait-il oublié de lancer le film ? Je trouve le temps un peu long et l'horaire de la séance est dépassée. À l'époque, pas de téléphone portable, on ne peut donc pas tromper son ennui en scrollant sur les réseaux sociaux avant le film.

Soudain, j'entends des pas monter l'escalier qui mène à la salle. Je me retourne, et je vois le gérant du cinéma venir vers moi. Je sens très vite venir le coup fourré ! Très gentiment, il me présente ses excuses et m'explique qu'il ne sera pas en mesure de lancer le film... car je suis le seul spectateur dans la salle !

Spyglass Entertainment

Une grande déception

Voyant l'expression de désespoir sur mon visage, il me propose d'aller voir 60 Secondes chrono avec Nicolas Cage, un autre film d'action qui va commencer dans la seconde salle. Poliment, je lui dis que j'étais uniquement venu pour voir Jackie Chan se fighter avec des cow-boys, et que je préfère plutôt être remboursé.

Dépité, j'erre quelques minutes dans la ville avant de rentrer chez moi, déçu et triste. Je me dis que j'aurais peut-être dû insister, mais sur le moment je croyais que c'était la règle, qu'on ne pouvait pas voir une oeuvre si on était le seul dans la salle. J'ai appris plus tard que ce n'était pas du tout le cas, mais qu'un exploitant avait le pouvoir de le faire au cas par cas, s'il estime que ce n'est pas viable.

Bref, j'ai dû attendre la sortie vidéo de Shanghai Kid pour me délecter des aventures de Jackie au Far West, et je n'ai pas été déçu ! Trois ans plus tard, une suite débarquera au cinéma, Shanghai Knights. Et cette fois, je ne l'ai pas raté, croyez-moi ! En tout cas, 25 ans plus tard, je garde toujours cette éviction de mon cinéma en travers de la gorge...

Rencontrer son idole

Toutefois, j'ai pu l'exorciser en mai 2025, quand j'ai rencontré Jackie Chan pour les interviews de Karate Kid Legends. Pouvoir échanger quelques minutes avec un artiste qui a beaucoup compté dans mon parcours de vie a été un moment à la fois surréaliste et joyeux. Vous pouvez voir une partie de l'entretien ci-dessous.

Et pour vous rafraîchir la mémoire, voici l'histoire que nous raconte Shanghai Kid, si vous souhaitez le voir : En 1881, la princesse Pei Pei se fait kidnapper en pleine Cité interdite par un certain Andrews, qui l’exporte manu militari jusqu’aux États-Unis pour la livrer à Lo Fong, un vilain bien décidé à soutirer une grosse rançon à l’empereur.

Pour la récupérer, l’Empire envoie son meilleur garde impérial… ou du moins, le plus volontaire : Chon Wang (Jackie Chan). Problème : ce n’est pas vraiment un cow-boy, et l’Ouest américain n’est pas franchement la Cité interdite.

Là-bas, Chon tombe sur Roy O’Bannon (Owen Wilson), un bandit à la petite semaine plus doué pour la parlotte que pour le braquage. Ensemble, ce duo improbable va devoir éviter les flèches, les balles, et les mauvaises idées, tout en essayant de sauver la princesse sans trop se ridiculiser.

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