“J’ai très mal vécu ce tournage, il n’y avait aucun plaisir” : cet acteur du film culte La Boom regrette son expérience sur la suite
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Dans "La Boum", Laurent N'diaye incarnait Arnaud, membre de la bande de Vic. Dans le dernier numéro du magazine Schnock, il revient sur son expérience de tournage. S'il a beaucoup aimé la premier film, l'expérience a été douloureuse sur le second...

Dans son dernier numéro trimestriel, le toujours formidable mook Schnock consacre un dossier sur un film aussi culte que transgénérationnel : La Boum, et sa suite. 80 pages donnant la parole à de nombreux talents ayant participé à l'aventure : Brigitte Fossey, Danièle Thompson, la scénariste des films, Vladimir Cosma, les membres de la bande de copains entourant Vic - pardon, Sophie Marceau.

Parmi eux, Laurent N'diaye, qui incarne Arnaud, le bon copain, confident et complice. Enfant globe-trotter (il a grandi aux Etats-Unis et en Italie), formé à l'Académie Nationale de musique où il a appris le chant, la danse et le jeu d'acteur, Laurent N'diaye s'est lancé dans une carrière musicale en Allemagne à 21 ans, et avec succès, jouant notamment dans des mises en scène de comédie musicale telles que Hair, West Side Story, The Rocky Horror Show ou Jesus Christ Superstar.

"C'était nos années adolescentes que l'on vivait du matin au soir"

Il n'a eu qu'une très courte carrière au cinéma, une poignée de films à peine au début des années 80. Son premier fut justement La Boum, alors qu'il avait 15 ans. "C'était nos années adolescentes que l'on vivait du matin au soir" raconte-t-il dans le magazine, évoquant ses souvenirs du tournage du premier volet signé par Claude Pinoteau.

"Il a fait preuve d'une grande patience. Il était de la vieille époque, donc son approche n'a pas toujours été la bonne. Ses assistants faisaient office de nounous. Plus les semaines passaient, plus ils avaient du mal à nous contrôler, car on était devenus une bande de potes. Parfois, on oubliait que c'était un film".

Changement de gamme avec La Boum 2, et des souvenirs à l'enthousiasme nettement tempéré...

"On se retrouvait avec des gens de la Gaumont qui avaient un enjeu : réitérer le succès de La Boum. De ce fait, l'ambiance fut nettement différente. J'ai très mal vécu ce tournage. [...] Nos rôles ont été relégués au rang de figurants améliorés. Il n'y avait aucun plaisir. Claude n'était plus dans la même énergie. Il était dur car il subissait la pression de Gaumont. Dans sa tête, il avait l'impression que Sophie ferait 20 films avec lui".

Gaumont International

"Le réveil a été brutal"

Et de raconter que l'actrice se sentait perdue. "Il y avait une attente énorme, car il fallait refaire les 4 millions d'entrées. Elle était tombée amoureuse de son partenaire et il y avait tout le reste derrière. J'ai ressenti très vite à quel point elle avait besoin de soutien. Elle a senti qu'avec moi, elle n'était pas en danger".

Laurent N'diaye enfonce le clou : "je pense que La Boum 2 est un mauvais film, parce que ca tourne uniquement autour du personnage de Sophie Marceau. Ce qui était intéressant dans La Boum, c'est qu'il y avait un parallèle avec la crise que vivaient les parents. Il y avait le fait d'avoir un amant et une maîtresse. Ils avaient réussi à toucher différents sujets de la société de manière un peu profonde.

La sortie du second film fut, pour nous la bande de potes de Vic, une grande douleur comparé à ce qu'on avait vécu avec le premier volet. On n'a pas été associés. Quand on est arrivé à la Première au cinéma, on s'est assis et ils nous ont dit : "Il n'y a pas de sièges réservés pour vous". Le réveil a été brutal".

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