En 1988, Predator avec Arnold Schwarzenegger est sorti il y a un an et a approché les 100 millions de dollars pour un budget de 15 millions, et il était hors de question que le cinéma bis ne tente pas quelque chose avec une telle bonne affaire.
C'est avec son opportunisme désormais habituel que nous retrouvons le réalisateur italien Bruno Mattei - ici sous le pseudonyme de Vincent Dawn, qui est bien décidé à tirer profit de cet engouement autour de héros piégés dans la jungle. Il garde de Predator l'idée d'un commando envoyé pour une mission et se heurtant à une créature dangereuse, mais avec un twist.
Aucune ressemblance, film unique !
Flora Film / 20th Century Fox
Dans ce film qui s'appelle Robowar, la créature n'est pas un extraterrestre doté de la vision thermique, mais un robot ultra-perfectionné dans l'art de la guerre, Omega-1, doté d'une vision pixels. A l'écran, cela donne une bouillie indéchiffrable et le robot parle, mais on n'y comprend rien à cause du mixage "pour faire voix de robot".
Flora Film
Des plans de Predator sont repris à l'identique, de même que certaines dynamiques au sein du commando, on retrouve aussi une appétence pour les "punchlines". On voit ainsi le chef du commando lancer un couteau qui plante son adversaire contre un mur et il lance avec un clin d'œil : "On ne bouge plus".
Flora Film
Le tournage a eu lieu aux Philippines, et on n'échappe pas au massacre décomplexé de locaux montrés comme des bêtes sauvages et que les héros américains mitraillent dans la plus grande bonne humeur et avec une facilité déconcertante. Et comme pour Predator, on retrouve des plans iconisant les armes et les gros muscles et la construction du film est la même.
Mitraillage de la jungle à l'aveugle, attaque de campement autochtone, sauvetage d'une femme en danger, traque du monstre, élimination des membres de l'équipe petit à petit et affrontement au sommet entre le meneur du groupe et la créature : tout est copié sur le film avec Schwarzy.
Flora Film
L'exécution de Robowar est désastreuse. Bruno Mattei est bien loin du talent de John McTiernan pour instaurer un climat anxiogène dans la jungle. Malgré les pièges tendus par le robot, les acteurs comme l'image n'arrivent pas à transmettre la moindre tension. Il n'en reste qu'une volonté de surfer sans honte sur le succès d'un autre en tentant de faire quelques dollars au passage. Du grand Mattei !