Ça parle de quoi ?
Coline Morel, intrépide exploratrice du Pôle Nord, voit sa vie partir à la dérive. Après des années passées à traquer ce yéti auquel elle est la seule à croire, elle se fait licencier et son compagnon la quitte. En pleine débâcle, Coline n’a d’autre choix que de rentrer dans son village natal. Elle y retrouve ses deux frères, Basile et Lolo, ainsi que son amour de jeunesse. Des montagnes du Jura jusqu’à l’immensité des terres immuables du Groenland, une nouvelle aventure commence alors pour "l’incroyable femme des neiges".
Blanche comme neige
Si le nom de Sébastien Betbeder vous parle peu, sachez qu'il s'agit de l'une des voix les plus singulières du cinéma français ayant émergé au XXIè siècle, avec un goût très prononcé pour la comédie douce-amère à tendance existentielle, qu'il a faite entendre dans 2 automnes 3 hivers, Marie et les naufragés ou Debout sur la montage, sans oublier ses trois opus situés au Groenland (un long et deux courts, dont l'un en forme de making-of) auxquels L'Incroyable femme des neiges fait aujourd'hui écho, en plus d'avoir été tourné sur place.
Mais ne vous inquiétez pas si vous n'avez pas vu Inupiluk ou Le Voyage au Groenland, car ce nouveau long métrage est totalement indépendant des précédents, même si on y retrouve Ole Eliassen et Martin Jensen au casting. Mieux : il marque un rupture dans la filmographie du metteur en scène et scénariste puisqu'il se focalise pour la première fois sur un personnage principal féminin, inspiré par de vraies aventurières telles que Alexandra David-Néel ou Nastassja Martin et qui ne pouvait être joué par personne d'autre que Blanche Gardin selon Sébastien Betbeder, séduit par la manière dont l'humoriste se mettait en scène dans la série La Meilleure version de moi-même et qui laisse entendre que le projet n'aurait pas vu le jour sans elle.
KMBO
Et il est effectivement difficile d'imaginer cette Incroyable femme des neiges sans elle et sans la justesse avec laquelle elle incarne l'exploratrice Coline Morel, aussi bien dans le cynisme que la fragilité qui se dévoile au gré des retrouvailles avec son entourage dans ce voyage à la fois physique et intérieur, qui n'a pas été de tout repos pour le réalisateur et son équipe. Pas tant pour les prises de vues qui ont eu lieu dans le Jura, mais bien celles au Groenland.
Entre les vagues de froid qui compliquaient l'accès aux décors prévus, et les chutes de températures en cours de journée ont rendu le tournage bien plus épique que le résultat, qui reste avant tout humain malgré la beauté des paysages qu'il nous fait visiter. Et qui tranche sévèrement avec l'état d'esprit du personnage principal qui, dans les premières minutes, se présente ainsi : "Je m'appelle Coline Morel, j'ai 46 ans et bientôt je vais mourir." Comme souvent avec le réalisateur, la mort occupe une place importante, comme une ombre qui plane au-dessus du récit.
"La mort est une question sérieuse, il faut la réussir encore mieux que sa vie"
"La mort est une question sérieuse, il faut la réussir encore mieux que sa vie", peut-on entendre, en guise de punchline, dans ce long métrage qui nous offre également une reprise inattendu de "Aux Champs-Elysées" de Joe Dassin par un médecin, et un casting dans lequel Blanche Gardin donne la réplique à Philippe Katerine ou Bastien Bouillon qui, après 2 automnes 3 hivers et Debout sur la montagne, retrouve le réalisateur pour la troisième fois de leurs carrières respectives. Et l'aide à affirmer un peu plus sa voix singulière avec cet opus tour à tour drôle, triste et tendre.