Le 25 avril 2001, le public français découvre une jeune femme qui allait dynamiter le 7ème art, une certaine Amélie Poulain. Le film de Jean-Pierre Jeunet devient rapidement un phénomène, rassemblant 8,6 millions de spectateurs. Second plus gros succès de l'année 2001, il a été battu par un certain sorcier de Poudlard, Harry Potter (9,4 millions d'entrées).
Un univers magique
Par ailleurs, Amélie Poulain a révélé une jeune comédienne de 25 ans, Audrey Tautou. Cette dernière incarne donc l'héroïne du film, une jeune serveuse dans un bar de Montmartre. Elle passe son temps à observer les gens et à laisser son imagination divaguer. Elle s'est fixée un but : faire le bien de ceux qui l'entourent.
Jean-Pierre Jeunet nous offre une oeuvre teintée de magie et de mélancolie, qui a durablement marqué les esprits. Et si Amélie Poulain est ensuite devenu un classique, c'est également pour sa magnifique musique, composée par le breton Yann Tiersen. On se souvient tous du morceau Comptine d'un autre été, l'après-midi, sublime ritournelle tintinnabulante.
Pourtant, même si le musicien a reçu un César pour sa partition, et que le public a adoré ses compositions, le principal intéressé regrette d'avoir participé au film. Si c'était à refaire, il refuserait la proposition.
"Je dirais non. J'ai toujours été associé à ce truc et ça a créé un biais sur ma musique. Certains disaient qu'il y avait d'un côté Yann Tiersen qui fait de la merde avec Amélie et de l'autre, celui qui fait de la bonne musique avec ses 3 premiers albums. et je comprends tout à fait ce point de vue", a indiqué le compositeur, interrogé par Libération.
Yann Tiersen dérangé par Amélie Poulain
Par ailleurs, Yann Tiersen a révélé ne plus être en phase avec le film, le qualifiant "d'un peu réactionnaire", a-t-il expliqué. "Je vivais à Paris, et ce n'était pas Paris. Ce que j'aime dans cette ville, c'est sa mixité, son cosmopolitisme. Fantasmer un Paris blanc, même au début des années 2000, où le seul employé est Jamel Debbouze... c'est raciste. Ça m'a toujours gêné", a conclu Yann Tiersen.
Fantasmer un Paris blanc, même au début des années 2000, où le seul employé est Jamel Debbouze... c'est raciste. Ça m'a toujours gêné.
En 2011, au micro du Midi Libre, le musicien faisait déjà part de ses regrets : "Ce malentendu est entretenu par une partie du public, qui ne voit ma musique que par la lorgnette de ce film. J’avais donné mon accord à Jean-Pierre Jeunet pour l’utilisation de morceaux figurant sur des albums précédents et il a choisi ceux qui cadraient avec l’ambiance Montmartre, ce folklore énervant, qui m’énerve moi-même. Si c’était à refaire, je ne le referais pas", avait-il ainsi martelé.
"Les gens se sont focalisés sur ce film ingénu, qui est bon, mais sans être ma tasse de thé, et ils m’ont associé à tout cet univers. Je me suis retrouvé devant un public de 15-30 ans, étranger à ma musique. J’ai vidé quelques salles, c’était bien !", indiquait-il.
Quoi qu'il en soit, Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain restera un grand classique du cinéma français, indissociable de sa musique de conte de fées parisien. Si vous voulez (re)voir cette oeuvre, vous pouvez vous rendre sur la plateforme HBO Max !