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Une initiative ambitieuse et passionnée, née d’un engouement collectif
Obsédée par la disparition de sa sœur, une jeune femme s'engage dans une quête désespérée qui la conduit au cœur d'un mystère terrifiant, orchestré par un mal insaisissable.
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En salle cette semaine, Shelby Oaks est le premier long métrage du cinéaste américain Chris Stuckmann. Si celui-ci vous est encore inconnu, son nom va probablement s’imposer comme l’un de ceux à ne pas perdre de vue dans le domaine de l’horreur, notamment par l’originalité de son parcours. Né en 1988, Chris Stuckmann est avant tout un créateur de contenu, célèbre sur YouTube – où il comptabilise plus de 2 millions d’abonnés – pour ses critiques et analyses de films, notamment d’épouvante, un genre dont il est particulièrement friand.
Mais en 2021, Chris Stuckmann saute le pas. Nourri de son amour pour le genre horrifique et sa passion pour la réalisation, déjà exploitée dans ses vidéos, il lance une campagne participative avec pour but la concrétisation d’un projet fou : mettre en scène son propre long-métrage.
Rapidement, avec le soutien de sa communauté de passionnés, le financement participatif atteint son objectif… et le dépasse, de manière absolument exponentielle, permettant au projet de se concrétiser et d’être dévoilé dans les salles obscures du monde entier, notamment en France, où Shelby Oaks est à découvrir dès cette semaine.
Une œuvre référencée, du Projet Blair Witch à Lake Mungo
La qualité la plus évidente de Shelby Oaks est la capacité de son réalisateur à convoquer des références incontournables, utilisées avec autant de passion que de pertinence. La plus évidente d’entre toutes est, évidemment, celle au monument de l’épouvante qu’est Le Projet Blair Witch. La similarité des deux films, par leur traitement mais aussi par leur genèse, est d’ailleurs troublante : deux projets, d’abord amateurs, ayant rapidement pris de l’ampleur par l’intérêt porté par la communauté d’amateurs du genre.
Dans la forme, aussi, Shelby Oaks transpire son amour du Projet Blair Witch et de son style, dont ce dernier est devenu une référence : le “found footage”. Sous-genre particulièrement apprécié par les amateurs de frissons, cette pratique consiste soit en l’exploitation d’images “récupérées” par les personnages du film – généralement de vieilles pellicules mystérieusement trouvées et porteuses de véritables menaces – soit en la captation du contenu du film par l’un des personnages, permettant au spectateur de découvrir le film par le prisme direct du caméraman. Cannibal Holocaust, C’est arrivé près de chez vous ou plus récemment Paranormal Activity et Sinister, autant de références du genre dont Le Projet Blair Witch est la quintessence et dans lesquelles Shelby Oaks puise son esthétique.
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D’abord dans son introduction, qui adopte les codes spécifiques au documentaire true-crime, à la manière du très perturbant Lake Mungo, puis par l’exploitation de cassettes obtenues par la protagoniste du long métrage dans des circonstances plus que suspectes où sa sœur cadette, disparue depuis douze ans, aurait pu laisser apparaître des indices.
Si son cadre géographique, sombre et forestier, évoque lui aussi l'inénarrable Projet Blair Witch, l’intrigue de Shelby Oaks se veut, quant à elle, proche de références shyamalaniennes. Ainsi, Sixième Sens ou Signs, œuvres incontournables du “maître du twist” M. Night Shyamalan, servent de véritables inspirations au premier long métrage de Chris Stuckmann en cela qu’il cultive le même rapport à la croyance et au doute, véritables moteurs de son personnage principal, piégé dans un refus complet de la réalité.
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Une profonde quête de l’autre… et de soi
Outre son esthétique hautement référencée, Shelby Oaks émeut par la quête bouleversante de son héroïne, Mia (Camille Sullivan), une jeune femme à la recherche de sa sœur disparue (Sarah Durn). Persuadée que celle-ci est bien vivante quelque part, malgré ses douze années d’absence, Mia n’a de cesse de suivre sa piste dans l’espoir de mettre la main sur un indice oublié.
L’authenticité de cet attachement sororal, de ce refus de la perte, tient de l’expérience propre du cinéaste. “J'ai été élevé dans une religion qui pratique l'ostracisme, et quand j'avais douze ans, ma sœur a quitté cette religion, raconte-t-il. J'ai été contraint de la rejeter et, par conséquent, j'ai coupé toute communication avec elle. On m'a dit que ma sœur était “spirituellement morte” et, même si je savais qu'elle était bien vivante, nous n'avons renoué contact qu'au début de ma vingtaine, après que j'ai finalement échappé à cette religion. Il est donc tout à fait logique que je m'identifie à l'histoire d'une personne qui aspire désespérément à retrouver un être cher perdu, alors que des forces apparemment insurmontables les séparent.”
Dans cette confrontation permanente à l’insurmontable réalité, le personnage de Mia se montre plus que déterminé. Cette quête de l’autre, aux dépens de l’attachement au réel, la mènera peut-être à retrouver sa sœur perdue, mais aussi à affronter des forces obscures particulièrement dangereuses…
Découvrez Shelby Oaks, dès maintenant au cinéma.