Si vous n'appréciez pas forcément la période de Noël ou que la perspective de voir un film avec un Père Noël infréquentable, trash et alcoolique ne vous effraie pas, alors Bad Santa est fait pour vous !
Personne ne voulait être un "Bad Santa"
Columbia Pictures
Réalisé par Terry Zwigoff (qui avait surpris avec son documentaire Crumb en 1994), Bad Santa a été un énorme succès à l'époque de sa sortie en 2003-2004. Pourtant, le film se trouvait dans un tiroir et personne n'en voulait. A l'époque, le producteur Harvey Weinstein, depuis condamné à de multiples reprises pour viols et agressions sexuelles, achète à bas prix le scénario de Bad Santa, déclarant :
"J'ai demandé à un producteur Universal 'Pourquoi vous faites l'impasse ?' Il a répondu : 'c'est la chose la plus dégoûtante, révoltante, misogyne, anti-Noël et anti-enfants qu'on puisse imaginer'."
Et peut-être à cause de cela, aucune des stars contactées n'a donné suite au rôle de Willie, voleur professionnel addict, vulgaire et sans morale qui se déguise chaque année en Père Noël (avec son ami de petite taille Marcus en elfe) pour cambrioler des supermarchés.
Columbia Pictures
A l'origine, rappelle Filmstarts, le pitch - quand même signé des frères Coen - est transformé en scénario par Glenn Ficarra et John Requa (Comme chiens et chats) et destiné à James Gandolfini, alors star des Soprano, et qui vient de tourner avec les deux frères dans The Barber. Problème, il n'est pas disponible.
Le scénario est donc proposé à Bill Murray, tout auréolé de La Famille Tenenbaum et qui part finalement faire Lost in Translation. Jack Nicholson qui veut bien reprendre la place car le scénario lui plaît, doit refuser pour des raisons de conflit d'emploi du temps avec le tournage aux mêmes dates de Tout peut arriver, qui lui vaudra une nomination au Golden Globe du Meilleur acteur dans une comédie.
De Niro, Nicolas Cage ne s'y risquent pas
Columbia Pictures
Nicolas Cage est lui aussi envisagé, tout comme Sean Penn et Robert De Niro, entre beaucoup d'autres, jusqu'à ce que le projet arrive entre les mains de Billy Bob Thornton et pour lui, il n'y avait pas à hésiter, comme il l'a confié au New York Times :
"Mon manager m'a appelé pour me dire : 'Attends de lire le scénario, je n'ai jamais rien vu de tel'. J'en ai lu peut-être un tiers avant de le rappeler pour lui dire : 'Il faut qu'on le fasse'. Il n'y avait aucune question à se poser".
De son propre aveu, l'acteur arrivera parfois saoul de la veille pour tourner, mais travaillera tout de même sérieusement pour donner à son personnage tout le rejet qu'il est censé inspirer aux spectateurs.
Un humour qui ne passe pas
Columbia Pictures
Mais lors des premières projections tests, le personnage de Willie ne passe pas. Il est jugé trop sombre et trop peu aimable. Le producteur du film demande donc des reshoots pour ajouter de l'humour léger et moins noir. Zwigoff refuse, et le tournage de ces ajouts est confié à un certain Todd Phillips, qui allait sortir Retour à la fac, un grand succès aux Etats-Unis. Dans Bad Santa, on lui doit notamment la scène où Willie et Marcus apprennent à un enfant à frapper "dans les parties".
Lorsqu'il sort le 26 novembre 2003 aux Etats-Unis dans cette version atténuée, Bad Santa est certes amendé par rapport à sa promesse d'origine, mais touche un large public en rapportant 60 millions de dollars rien que sur le sol américain, pour un budget estimé à 23 millions. Avec le marché international, il récoltera 76 millions au total, pas mal pour un film sauvé des fonds de tiroirs des scénarios hollywoodiens !