Animal Totem : Benoît Delépine offre à son nouveau film l’image la plus large de l’Histoire du cinéma !
Juliette Mansart
Juliette Mansart
-Rédactrice cinéma séries
Amatrice de comédies en tout genre, surtout celles qui ne se prennent jamais au sérieux, Juliette passe avec autant de plaisir de l'absurde à la tendresse, avec un attachement particulier pour les répliques que l'on ressort à tous les dîners.

Avec Animal Totem, nouveau long-métrage de Benoît Delépine, l’image s’élargit comme un œil sauvage et embrasse une nature immense. Un voyage sensoriel où le cadre s’étire, respire et révèle le monde autrement, à découvrir dès maintenant au cinéma.

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Le premier road movie, en valise à roulettes !

De l’aéroport de Beauvais à La Défense, accompagné de sa valise à roulettes, Darius traverse à pied campagnes et banlieues pour mener à bien, et sans empreinte carbone, une mystérieuse mission.

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En salle cette semaine, Animal Totem est né d’une idée cultivée par Benoît Delépine, récompensé au festival de Cannes pour Le Grand soir, cette fois-ci sans son complice de toujours Gustave Kervern, avec lequel il avait notamment co-réalisé Mammuth, Effacer l’historique et En même temps. Dans ce road movie à pieds, Samir Guesmi (Les Revenants, Ibrahim, Au nom de la terre) a été choisi par le réalisateur après leur rencontre au Festival du film francophone d’Angoulême pour porter le rôle de Darius, un homme tiré à quatre épingles, à l’apparence sérieuse et impassible. Celui-ci nous embarque avec lui à travers champs, sur des routes de campagne, dans des zones industrielles ou dans des quartiers résidentiels, entre la Picardie et l’Ile-de-France.

Animal Totem
Animal Totem
De Benoît Delépine
Avec Samir Guesmi, Olivier Rabourdin, Solène Rigot
Sortie le 10 décembre 2025
Presse
3,1
Spectateurs
3,3
Séances (3)

Le spectateur retrouve dans cette nouvelle œuvre de Benoît Delépine son goût du décalage : son conte, minimaliste et radical, gagne peu à peu en folie. Darius mène son odyssée, seul, avec une simple valise. Sur sa route, il fait la rencontre d’une faune variée : un cerf, une chouette ou encore une limace, tant de compagnons de route étonnants. Mais les animaux ne sont pas les seuls à croiser son chemin, et toutes ses rencontres lui apportent finalement une nouvelle vision du monde…

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Pour imaginer cette nouvelle comédie de l’absurde, le cinéaste s’est laissé porter par sa colère profonde et l’envie de poursuivre son combat écologiste : il souhaitait se “venger symboliquement grâce au cinéma”, après avoir gagné une bataille environnementale dans sa région, contre la construction d’une usine en milieu naturel. Dès lors, il dresse une œuvre qui donne à réfléchir, mais aussi à rire et respirer, créant un hymne à la lenteur, à la nature et à la liberté. À la comédie s’ajoute ainsi une véritable sérénité, permise par des images magnifiques, capturées lors d’un tournage atypique. Le cinéaste espérait “revenir à un tournage libre. Léger. En petite équipe. Toujours comme ces bandes d’enfants que je menais dans ma jeunesse campagnarde pas compliquée, sans télévision, ou plutôt sans trop de télévision.

Dans ce conte moderne et écologique, Benoît Delépine revient au genre du road movie, sous un angle plus que jamais original. En effet, la spécificité de sa filmographie vient du fait que le moyen de locomotion des personnages change d’un film à l’autre, tout en conservant une place prédominante. Ainsi, après le fauteuil roulant d’Aaltra, la moto de Mammuth et la voiture de Saint Amour, le réalisateur s’intéresse désormais au périple d’un homme qui se déplace… à pied, simplement muni d’une valise à roulettes. Rien d’étonnant, puisque pour Delépine, le genre apparaît en effet comme “l’aventure idéale pour aller de rencontre en rencontre”.

C’est en cela qu’Animal Totem apparaît comme un road movie original, parfois absurde mais résolument écolo, embrassant la banalité du quotidien, les rencontres inattendues et les objectifs qui nous tiennent à cœur. Une démarche façonnant un long-métrage qui avance avec une liberté, une curiosité et un besoin instinctif d’explorer le monde autrement.

Un cinéma à l’échelle animale

Dans Animal Totem, la nature, notamment animale, ne se limite pas à une simple présence décorative : les bêtes deviennent de véritables personnages, filmées avec autant d’attention, de respect et de subjectivité que les humains. À chaque apparition, le long-métrage adopte leur point de vue, leur façon propre d’observer et de percevoir le monde. C’est l’évidence et la simplicité que le réalisateur cherche à capturer, “tout l’inverse de notre cerveau qui mouline à longueur de vie”.

Cette mise en scène est notamment permise par un passage au format en 3:25, unique au monde à ce jour. Benoît Delépine a baptisé ce nouveau format l’’“animascope”. Dès lors, le spectateur est directement plongé dans un point de vue animalier, “avec une rétine de prédateur, la plus large possible, grâce au vrai cinémascope anamorphosé”, explique le cinéaste. Cette ouverture du point de vue permet ainsi de créer des cadres puissants, dans lesquels l'œil se déplace sans cesse, offrant au public la force de voir avec le regard des bêtes.

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En ce sens, le mode de vie instinctif se ressent jusque dans la bande-originale, composée par Sébastien Tellier, qui avait déjà collaboré avec le réalisateur sur Saint Amour en 2016. Les mélodies rappellent ainsi la faune sauvage dont les habitudes de fonctionnement semblent être aux antipodes de celles des êtres humains.

En offrant à cette faune un véritable point de vue, presque subjectif, Benoît Delépine rappelle que le monde ne se limite pas à notre perception étroite et rationnelle, et propose une façon de le regarder plus large, plus humble et plus instinctive. Une manière également de réaffirmer que la nature possède mille yeux, dont le cinéma est parfois capable de capturer la pluralité.

Animal Totem invite à voir le monde autrement, dès maintenant au cinéma.

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