"C'est le seul" : il y a 19 ans, Guillermo del Toro a refusé de réaliser ce long métrage célèbre dans le monde entier, et il le regrette encore aujourd'hui
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Guillermo del Toro est aussi, comme bien d'autres réalisateurs avant lui, passé à côté de gros projets, pour diverses raisons. S'il n'est pas du genre à constamment nourrir des regrets, il y a quand même une petite exception...

Conteur de génie ciselant amoureusement des récits où le merveilleux côtoie souvent le tragique et l'épouvante. Cinéaste à la culture encyclopédique, autant capable d'évoquer sans fin son amour des oeuvres du peintre Francisco de Goya, que les comics, les jeux vidéo ou disserter sur Victor Hugo, H.P Lovecraft et Luis Bunuel, Guillermo del Toro promène dans le petit monde du cinéma sa silhouette d'ogre gentil, toujours enthousiaste et passionné, depuis déjà une trentaine d'années. Et, avec bonheur, pour de longues années encore, alors qu'il vient tout récemment de livrer sa version de Frankenstein.

Le cinéaste est aussi, comme bien d'autres avant lui du reste, connu pour être passé à côté de gros projets, pour diverses raisons. Sans aller jusqu'à atteindre John Carpenter, malheureusement connu pour avoir une impressionnante liste de projets qui ne sont jamais arrivés à terme au point d'avoir même une page wikipédia entièrement consacrée à ses projets inaboutis, on sait que Guillermo del Toro avait rapidement lâché les commandes de The Hobbit après les avoir acceptées, passé à la trappe un 3e volet de Hellboy, ou mis en sommeil sa version de la Créature du lac noir. Sans même parler de sa version des Montagnes hallucinées, adaptée de H.P. Lovecraft.

"S'ils reviennent vers moi, j'y réfléchirai"

S'il n'est pas du genre à nourrir et ressasser ad nauseam des regrets, il y a quand même une petite exception. Invité d'honneur à la 63e édition du fameux festival du film d'animation d'Annecy en 2023, on lui demanda s'il regrettait d'avoir refusé certains films qui lui avaient été proposés. Sa réponse ? "Le seul, c'est Harry Potter. De temps en temps, je me dis : "Oh, merde !"

Il avait refusé de réaliser le 3e volet de la saga, Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, comme il s'en était déjà expliqué au micro de MTV en 2007.

"Ils sont venus me voir une fois, pour le troisième. Je les ai tous lus, et quand je lisais les livres avant que les films ne soient tournés, je pensais toujours à Charles Dickens - ils étaient très dickensiens. La situation de Harry Potter me rappelait beaucoup celle de Pip dans Les Grandes Espérances. Je les voyais comme plus profonds, plus grinçants, plus corrompus ; puis [les histoires] ont pris une texture très différente lorsque les deux premiers films sont sortis. Ils étaient si lumineux, joyeux et pleins de lumière que cela ne m'intéressait pas".

Avec la tournure plus sombre des films de la franchise au fil des opus, correspondant davantage à son approche, Guillermo del Toro a levé un sourcil : "Ils semblent devenir de plus en plus inquiétants et sombres... S'ils reviennent vers moi, j'y réfléchirai". Il n'y aura pourtant pas de seconde fois.

AlloCiné, c’est tous les jours plus de 40 articles traitant de l’actualité du cinéma et des séries, des interviews, des recommandations streaming, des anecdotes insolites et cinéphiles sur vos films et vos séries préférés. Vous abonner à AlloCiné sur Google Discover, c’est l’assurance d’explorer au quotidien les richesses d’un site conçu par des passionnés pour des passionnés.

FBwhatsapp facebook Tweet
Sur le même sujet