La star de Squid Game est au coeur d'un thriller qui marque le grand retour du réalisateur d'Old Boy au cinéma
Maximilien Pierrette
Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.

Un peu moins de quatre ans après "Decision to Leave", Park Chan-wook est de retour au cinéma avec "Aucun autre choix", nouvelle adaptation du roman de Donald Westlake qui avait inspiré "Le Couperet" de Costa-Gavras avec José Garcia en 2005.

Ça parle de quoi ?

Cadre dans une usine de papier You Man-su est un homme heureux, il aime sa femme, ses enfants, ses chiens, sa maison. Lorsqu’il est licencié, sa vie bascule, il ne supporte pas l’idée de perdre son statut social et la vie qui va avec. Pour retrouver son bonheur perdu, il n’a aucun autre choix que d’éliminer tous ses concurrents…

Aucun autre choix
Aucun autre choix
Sortie : 11 février 2026 | 2h 19min
De Park Chan-Wook
Avec Lee Byung-Hun, Ye-jin Son, Park Hee-Soon
Presse
3,8
Spectateurs
3,7
Séances (44)

Attention chérie, ça va couperet !

Si le comparer avec Robert Downey Jr. a du sens sur le plan physique, à tel point qu'un projet commun a même été envisagé, lier José Garcia et Byung-hun Lee (star coréenne vue récemment dans Squid Game) n'était pas dans le bingo de grand monde. Jusqu'à l'arrivée de Park Chan-wook qui, pour les besoins de son douzième long métrage, s'est emparé du roman noir signé Donald Westlake en 1997 et qui avait inspiré Le Couperet à Costa-Gavras il y a deux décennies.

De la même manière que quand Spike Lee avait refait Old Boy, même s'il y reprenait quelques-unes des scènes clés du film de 2004, Grand Prix du Jury au Festival de Cannes et passé tout proche d'une Palme ardemment défendue par le Président Quentin Tarantino, nous parlerons moins d'un remake que d'une nouvelle adaptation. Un exercice dans lequel le réalisateur coréen n'est pas un novice, lui qui s'est déjà emparé de romans (Mademoiselle, les séries The Little Drummer Girl et The Sympatizer, ou encore Thirst, inspiré de... "Thérèse Raquin" d'Emile Zola) ou de comic books (JSA ou, encore, Old Boy).

ARP

Passé par la Compétition de la dernière Mostra de Venise dont il est reparti bredouille, ce qui reste encore un grand mystère à ce jour, Aucun autre choix entre dans la première catégorie. Et prouve que l'oeuvre originale de Donald Westlake peut se transposer d'un pays à l'autre sans rien perdre de sa force. Car le résultat est aussi pertinent dans la société coréenne d'aujourd'hui que Le Couperet l'était pour la France de 2005, en critiquant le capitalisme et l'individualisme, centraux au Pays du Matin Clair et Frais, avec un soupçon d'intelligence artificielle.

Tout en montrant le système qui pousse des hommes comme Man-su (Byung-hun Lee, de retour chez Park Chan-wook après JSA et son segment de 3 Extrêmes) à ce genre d'extrémités mortelles. D'où le titre de ce film, moins violent que certains opus du réalisateur, mais beaucoup plus satirique (grosse différence avec le roman), à tel point qu'on pourrait imaginer qu'Aucun autre choix est signé... Bong Joon-ho. Et plus précisément celui de Parasite, Palme d'Or et Oscar du Meilleur Film avec lequel celui-ci possède quelques points commun, dans son évocation de la société et de la lutte des classes qui y règne.

Violence sociale sur fond de K-Pop

Une manière pour Park Chan-wook de nous rappeler que, outre sa sophistication constante et son goût pour le thriller, il sait nous surprendre et se renouveler d'un long à l'autre. Au récit policier follement romantique qu'était Decision to Leave succède ainsi ce film qui mêle un décalage fréquent à la grande noirceur de son récit, comme lorsqu'une séquence de meurtre (le premier commis par Man-su pour s'ouvrir la voie vers le poste qu'il cherche à obtenir) a lieu sur fond de chanson de Cho Yong Pil, roi de la Pop locale considéré comme l'une des figures les plus influentes de la K-Pop.

Si l'idée de voir un remake vous inquiète, même s'il est signé Park Chan-wook, vous pouvez y aller sans crainte : Aucun autre choix n'en est pas vraiment un pour commencer, et il s'inscrit pleinement dans la filmographie de son auteur, spécialiste de la dépiction de violence sociale en Corée sur grand écran, qui arrive à emmener son oeuvre dans une autre direction en citant des dessins animés comme principale source d'inspiration visuelle. Et ce alors que le charismatique Byung-hun Lee tient un rôle plus comique que ceux pour lesquels on le connaît, J'ai rencontré le diable en tête.

"J’ai peur mais il est trop tôt pour abandonner complètement"

Avec une fin plus ambigüe que celle de son modèle, Park Chan-wook signe un long métrage "à la fois dramatique et jubilatoire", comme il le dit lui-même dans le dossier de presse, non sans faire preuve de pessimisme quant à l'état du monde : "Il est effectivement difficile d’être optimiste. Mais je n’ai ni le courage, ni la carapace suffisante pour déclarer que tout est perdu. Avec la vitesse à laquelle la technologie évolue, sans oublier la menace du changement climatique, que nous ne traitons absolument pas, je pense que nous allons affronter des crises que l’humanité n’a encore jamais connues. J’ai peur, moi aussi. Mais il est encore trop tôt pour abandonner complètement." Tant qu'il n'abandonne pas le cinéma et revient sur nos écrans tous les trois ou quatre ans, ce sera déjà ça de gagné.

AlloCiné, c’est tous les jours plus de 40 articles traitant de l’actualité du cinéma et des séries, des interviews, des recommandations streaming, des anecdotes insolites et cinéphiles sur vos films et vos séries préférés. Vous abonner à AlloCiné sur Google Discover, c’est l’assurance d’explorer au quotidien les richesses d’un site conçu par des passionnés pour des passionnés.

FBwhatsapp facebook Tweet
Sur le même sujet