Il y a 40 ans, quand les fans de science-fiction ont vu ce personnage pour la première fois, ils ont tout de suite compris qu'il allait devenir légendaire
Vincent Formica
Vincent Formica
-Journaliste cinéma
Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.

Ce personnage féminin a marqué la pop culture et son héritage est extrêmement précieux, et on n'en parle pas assez. Retour sur une héroïne injustement oubliée, qui a bouleversé la science-fiction au cinéma.

En 1986, Ripley faisait son grand retour sur grand écran dans Aliens, suite du classique de la science-fiction mis en scène par Ridley Scott 7 ans auparavant. Cette fois, c'est James Cameron qui s'empare du xénomorphe visqueux pour en livrer sa version, bien plus orientée action que son illustre aîné.

Aliens le retour
Aliens le retour
Sortie : 8 octobre 1986 | 2h 17min
De James Cameron
Avec Sigourney Weaver, Michael Biehn, Lance Henriksen
Spectateurs
4,1
Voir sur Disney+

Après la contemplation, l'action !

Dans le premier épisode, Ripley et son équipe étaient coincés sur le vaisseau Nostromo, pris en chasse par un Alien bien décidé à tous les décimer. L'atmosphère était pesante, angoissante, avec la peur de tomber sur la créature au détour d'un couloir. Le réalisateur de Terminator opère de son côté un virage à 180 degrés. Après l'aspect horrifique contemplatif du premier opus, place à l'action pure et dure !

Cameron convoque une nouvelle équipe de gros bras pour partir à la rescousse de colons envoyés en mission sur la fameuse planète des aliens, LV-426. En effet, après 57 ans de dérive dans l'espace, Ellen Ripley a été secourue par la corporation Weyland-Yutani.

Malgré son rapport concernant l’incident survenu sur le Nostromo, elle n’est pas prise au sérieux par les militaires quant à la présence de xénomorphes sur la planète LV-426, qu'elle connaît très bien suite aux événements survenus 57 ans plus tôt.

Plusieurs familles de colons ont été envoyées en mission de "terraformage", et cela terrifie Ripley, à raison. Après la disparition de ces derniers, Ripley décide d'accompagner une escouade de marines dans leur mission de sauvetage... et d’affronter à nouveau la Bête.

La guerrière de l'espace ne sera donc pas seule pour se débarrasser de ces créatures d'un autre monde. Parmi ces militaires musclées, une autre héroïne se détache, tenant tête à tous ces hommes à la virilité exacerbée : Vasquez ! Ce personnage haut en couleurs est incarnée par Jenette Goldstein, qui tenait là son tout premier rôle au cinéma.

Cette dernière s'est impliqué à fond dans son rôle, prenant notamment 5 kilos de muscles, se coupant les cheveux et se documentant à fond pour saisir toute la substantifique moelle du personnage de Vasquez. Et ce qui est cocasse, c'est que l'actrice est petite (1m57), mais qu'elle paraît grande dans le film tant son charisme en impose, grâce à la performance de Jenette Goldstein.

Fox

Une héroïne mémorable

Dès le départ, Vasquez apparaît comme une dure à cuire, beaucoup plus que ses collègues masculins. Pendant qu'ils se plaignent après un réveil compliqué dû à la cryo-stase, la jeune femme fait des tractions en toute décontraction pendant que Ripley passe en arrière-plan. Cheveux courts et muscles saillants, Vasquez se démarque immédiatement.

De plus, sa première intervention après sa séance de musculation est absolument savoureuse. "Hey, Vasquez, il t'est jamais arrivé qu'on te prenne pour un mec ?", lui balance le soldat Hudson. Du tac au tac, elle lui rétorque une punchline nette et sans bavure : "Non, et toi ?" Cette réplique acerbe donne immédiatement le ton, et permet à l'héroïne de retenir l'attention du spectateur.

Tout comme Ripley, elle casse les codes, et elle n'attend pas une heure de film pour le faire. À l’époque, les femmes d’action au cinéma étaient rares, et encore plus celles qui n’étaient ni sexualisées ni adoucies. Vasquez est musclée, agressive, sûre d’elle, et le film ne cherche jamais à s’en excuser. Elle existe pleinement comme combattante, pas comme exception féminine ou caution sexy.

De plus, on le voit bien lors du déroulement de l'histoire, Vasquez est traitée à égalité avec les hommes. Dans l’escouade, personne ne la protège ou ne la sous-estime, bien au contraire. Elle tire plus vite, se plaint moins, et assume les missions les plus dangereuses. Ainsi, le film ne fait jamais un discours moralisateur sur le féminisme, il le montre simplement.

Fox

Une mort légendaire

Par ailleurs, le dernier acte de l'héroïne est crucial. Quand elle se rend compte qu’il n’y a plus d’issue, elle choisit de mourir en combattante plutôt que d’être capturée. Avant de déclencher une explosion pour se sacrifier et emporter les xénomorphes avec elle, Vasquez lance à Gorman, présent à ses côtés : "T'as toujours été un sale con !"

La déflagration arrive ensuite, rendant cette scène iconique. Pour ce personnage culte, c’est une mort active, volontaire, presque stoïque. Elle garde le contrôle jusqu’au bout, et son trépas devient alors mythique aux yeux du spectateur, qui gardera ce souvenir gravé à jamais dans sa mémoire.

Tout comme Ripley, Vasquez marque parce qu’elle ouvre la voie. Sans elle, beaucoup de personnages féminins d’action ultérieurs (Terminator 2, Alias, GI Jane, Hunger Games, Divergente etc.) n’auraient probablement pas existé sous cette forme.

Elle montre qu’une femme peut être dure, violente, imparfaite, et héroïque, au même titre que les hommes. Enfin, détail intéressant, Vasquez n’est même pas la protagoniste principale ! Pourtant, elle laisse une empreinte énorme. C’est souvent le signe des personnages vraiment réussis. Et si vous voulez revoir Aliens, rendez-vous sur Disney+ !

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