Dans une fresque historique de 3h20, Les Rayons et les Ombres, le réalisateur Xavier Giannoli remet en lumière le destin de Jean Luchaire. Ce journaliste, fondateur du quotidien Les Nouveaux Temps, est une figure de la collaboration avec l'Allemagne nazie, entraînant avec lui sa fille, Corinne Luchaire, star montante du cinéma français.
Dans le film, père et fille sont incarnés par Jean Dujardin et Nastya Golubeva, tous les deux remarquables de justesse. Le long métrage retrace, entre autres, l'ascension et la chute de la comédienne, décédée en 1950 à l'âge de 28 ans de la tuberculose. Voici cinq informations que Les Rayons et les Ombres ne révèle pas sur cette femme au destin contrarié.
Rosita, "Zizi" ou Corinne
Corinne Luchaire est en réalité un pseudonyme, choisi pour les premiers pas de l'actrice devant la caméra de Léonide Moguy. L'actrice est née Rosita Christiane Yvette Luchaire. Son prénom est choisi en référence à la rose, "la reine des fleurs", comme l'explique la biographe Carole Wrona. Mais dès l'école, ses camarades de classe l'appellent "Zizi", un surnom que va même utiliser sa propre mère, Françoise Germaine Besnard. Le nom Corinne Luchaire apparaît pour la première fois au générique de Prison sans barreaux, en 1938.
Une amie de Simone Signoret
Connue pour être l'une plus grandes actrices de l'Histoire du cinéma français, Simone Signoret a bien connu Corinne Luchaire. Enfants, elles était dans la même classe. Alors qu'elle avait perdu sa trace, Simone Signoret reconnaît son ancienne amie sur grand écran dans Prison sans barreaux. Pendant quelques temps, Jean Luchaire l'engage comme secrétaire aux Nouveaux Temps - elle s'appelait encore Simone Kaminker à cette époque, en raison de ses origines juives.
Le magazine Revus & Corrigés explique même que Corinne Luchaire a permis à Simone Signoret de faire ses premières figurations, lui ouvrant les portes des plateaux de cinéma. Des décennies plus tard, en 1960, Signoret remporte l'Oscar de la meilleure actrice pour le film Les Chemins de la haute ville.
WAITING FOR CINEMA – CURIOSA FILMS – GAUMONT – FRANCE 3 CINÉMA
"La Greta Garbo numéro 2"
L'ascension de Corinne Luchaire en France était telle que son nom circulait au-delà de nos frontières. Quand Prison sans barreaux sort au cinéma, une version anglophone est produite la même année. Corinne Luchaire joue de nouveau le rôle principal. La star mondiale Mary Pickford parle d'elle comme "la Greta Garbo numéro 2". Corinne Luchaire n'a alors que 17 ans.
Une autobiographie publiée
En 1949, seulement un an avant sa mort, Corinne Luchaire publie son autobiographie, intitulée Ma drôle de vie, avec l'aide d'un journaliste collaborationniste, Jean Thouvenin. Très critiqué, le livre est jugé naïf et l'ancienne actrice peine à reconnaître ses erreurs. Elle continue de défendre son père, qu'elle décrit comme un martyr.
Qu'est devenue sa fille ?
Dans le film de Xavier Giannoli, Corinne Luchaire a une petite fille, Brigitte. Née d'une liaison avec un officier allemand, Wolrad Gerlach, l'enfant a 6 ans lorsque sa mère décède. Elle est par la suite élevée par sa grand-mère, Françoise Luchaire. Dans un portrait consacré à Corinne Luchaire, Le Monde précise que Brigitte a, bien plus tard, rencontré un jeune homme avant de le suivre au Canada. Elle y est devenue magasinière dans une librairie. Grâce à son mariage, elle a pu abandonner son nom, trop lourd à porter.
Les Rayons et les Ombres, actuellement au cinéma