“Je suis déçu d’avoir déçu les gens” : le scénariste et dialoguiste de la saga OSS 117 avec Jean Dujardin fait son mea culpa
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Scénariste et dialoguiste surdoué, Jean-François Halin est à l'oeuvre dans toute la saga des films OSS 117 portée par Jean Dujardin. Dans le dernier numéro du magazine Schnock, il confie néanmoins sa déception sur le 3e volet...

Si la saga des OSS 117 a connu un aussi beau succès, c'est évidemment grâce à une alchimie toute particulière : Michel Hazanavicius à la réalisation des deux premiers films, le Caire nid d'espions et Rio ne répond plus, qui a su imposer un sens du rythme absolument génial. Jean Dujardin, bien évidemment, qui a endossé pour la première fois, voilà déjà vingt ans, le costume sur mesure d'Hubert Bonisseur de la Bath, pour le meilleur et pour le rire. Un personnage qui ne le quitte pas; l'acteur sait aussi ce qu'il lui doit.

Et enfin grâce à la plume magique de Jean-François Halin, scénariste et dialoguiste depuis les débuts, armé d'un sens de la réplique qui fait mouche à tous les coups, même quand l'équilibre et le terrain se révèle particulièrement casse gueule. On ne compte plus les punchlines d'OSS 117 que l'on ressasse régulièrement dans sa tête, à la vue du moindre extrait qui passe.

Sorti en 2021, douze ans après le second volet, OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, réalisé par Nicolas Bedos, est le mal aimé de la saga. S'il a tout de même attiré plus de 1,6 millions de spectateurs à sa sortie, pas exactement un flop au box office, il reste loin des 2,52 millions du premier volet, et des 2,3 millions du second.

"Je suis déçu d'avoir déçu les gens, parce qu'ils le sont, je ne suis ni aveugle ni sourd"

Pour son numéro n°58, récemment paru, le toujours formidable mook Schnock a eu la merveilleuse idée de consacrer un dossier à OSS 117, pour célébrer comme il se doit les 20 ans du premier film. L'occasion de réunir plusieurs témoignages, dont celui de Jean Dujardin, qui regrette évidemment l'accueil plus tiède du 3e opus.

"Mes trois OSS, ils sont à la fois différents et très complémentaires. On a été assez injuste sur le troisième. Parce que c'est dix ans plus tard, parce que l'époque a sûrement un peu changé. C'est tout à fait honorable, et il aura sa place dans le temps aussi, parce que c'est le même courant, c'est la même écriture que le premier".

Christophe Brachet - MANDARIN PRODUCTION – GAUMONT – M6 FILMS – SCOPE PICTURES

Qu'en penses justement Jean-François Halin ? "Je suis déçu d'avoir déçu les gens, parce qu'ils le sont, je ne suis ni aveugle ni sourd. Je trouve que, parfois, c'est un peu sévère. Il y a des choses que j'aime beaucoup dans le film [...] et des choses que je n'aime pas. Mais je ferais le parallèle avec le 2, c'est-à-dire que dans le 2, c'est devenu un film de Michel, et le 3, un film de Nicolas.

Moi, je suis scénariste, et donc il y a des choses qui ont été ajoutées, d'autres enlevées. Ca devient le film de Nicolas et le 2 devient plus le film de Michel. Le Caire, nid d'espions, c'est un film de commande. Mais les plus beaux films de l'âge d'or d'Hollywood sont des films de commande. Donc il n'y a rien de honteux là-dedans".

Un OSS 117 chez les Russes ?

Si du côté de Michel Hazanavicius, "les chances qu'un quatrième arrive sont quand même extrêmement faibles", la porte semble ouverte pour Jean Dujardin. "J'ai envie [d'en refaire un] dans dix ans. J'ai envie du Jamais plus jamais de Sean Connery. Il a un toupet, il est encore pas mal. Je pense que ca sera très drôle dans dix ans. Si je suis encore là, si je peux le faire. [...] Peut-être dans dix ans, dans cinq ans, je n'en sais rien".

Pourquoi pas un OSS 117 chez les Russes ? "Les Russes, c'est sous notre nez" poursuit l'acteur. "Il y a tout à faire. Mécaniquement, si on fait 81, on va en 89. Il y a un virage énorme, la RDA... Il y a tout là-dedans, il y a le film d'espionnage. Et puis ca permet d'avoir le cliché, justement, des films des années 50 avec les méchants Russes et une fois de plus parler de l'époque, en repassant par cette époque là". On prend déjà date ?

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