"Faut bien passer à la caisse" : il y a 54 ans, Michel Galabru en roue libre évoquait sans honte ses mauvais films
Corentin Palanchini
Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.

Dès le début des années 70, Michel Galabru assumait avec humour d'avoir tourné de mauvais films (des comédies, mais pas que) pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.

Michel Galabru n'a jamais caché avoir tourné des films pour faire bouillir la marmite, comme on dit. Parfaitement lucide, il avouait dès le début des années 1970, alors qu'il triomphait avec Louis de Funès dans La série des Gendarmes de Saint-Tropez, tourner des mauvais films pour l'argent. Invité de l'émission Samedi soir en décembre 1972, il déclarait à Philippe Bouvard, avec l'humour qu'on lui connaît :

"Le bon film, la bonne pièce, c'est exceptionnel"

Michel Galabru dans Les Films 21
Michel Galabru dans "Le Pion"

"Le cinéma, même si ce n'est pas glorieux, nourrit son homme. (...) Au Conservatoire, déjà, je disais : 'Quand est-ce qu'on va être payés ?' Tous les autres sont des faux jetons : faut bien passer à la caisse."

"Au fond, les comédiens, s'il n'y avait pas les mauvaises pièces, les mauvais films, il n'y en aurait plus un, ils auraient tous crevé de faim. Le bon film, la bonne pièce, c'est exceptionnel. En conséquent, nous avons tous été nourris par de mauvaises choses. Et nous devons être reconnaissants."

Mon pauvre Galabru, vous crèverez de faim !

Toujours avec humour, Galabru est revenu sur le fait que la critique lui prédit qu'il va percer dans quelques années, et ce... depuis longtemps : "Moi, on me dit toujours 'Oh vous, dans dix ans...' et pendant ce temps, je mange, voyez-vous. Et je suis très heureux de cela, car j'avais un professeur en classe qui m'avait dit : 'Mon pauvre Galabru, vous crèverez de faim'. Et je viens de voir un médecin qui m'a dit : 'Si vous n'arrêtez pas de bouffer, vous ne passerez pas l'hiver'!"

Nous sommes à l'époque le 30 décembre 1972. Galabru a joué dans quatre films durant l'année : Le Viager de Pierre Tchernia (janvier), L'Œuf de Jean Herman (sorti en mars), Elle cause plus... elle flingue de Michel Audiard (août) et Les Joyeux lurons de Michel Gérard (novembre).

Et effectivement, pas mal de navets pour 1973

Dans StudioCanal
Dans "Le Mille-pattes fait des claquettes"

Au moment de cette interview, l'acteur joue depuis octobre sur scène La Claque d'André Roussin, pièce mise en scène de l'auteur au théâtre de la Michodière. En janvier 1973, sortira Quelques messieurs trop tranquilles de Georges Lautner dans lequel il donne la réplique à Henri Guybet et Miou-Miou, puis il partira filmer La Valise, du même Lautner, qui sortira en octobre 1973.

L'acteur était très occupé, à l'époque, et 1973 allait le voir tourner bien des "navets" comme les appelaient Jean Lefebvre, de La Dernière Bourrée à Paris de Raoul André aux Vacanciers de Michel Gérard, en passant par Le Plumard en folie de Jacques Lemoine, Le Führer en folie de Philippe Clair ou de Par ici la monnaie de Richard Balducci.

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