"J’ai besoin de plus de muscles" : après avoir affronté Stallone, cet acteur voulait rivaliser avec Schwarzenegger sur ce film de science-fiction culte des années 80
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.

Sur le tournage de “Predator”, une véritable compétition physique a eu lieu entre Arnold Schwarzenegger et Carl Weathers, transformant le plateau en un défi permanent. Une rivalité amicale qui contribuera à façonner l’énergie culte du film.

Sur le tournage de Predator (1987), l’ambiance n’avait rien d’un simple plateau de cinéma : entre les acteurs principaux, c’était presque une compétition permanente de force et d’endurance.

À cette époque, Carl Weathers n’en était pas à son premier univers de tournages très physiques. Après son duel mémorable avec Sylvester Stallone dans Rocky (1976), il se retrouve face à une autre icône du cinéma musclé : Arnold Schwarzenegger dans le film de science-fiction culte réalisé par John McTiernan.

Sur le plateau perdu dans les jungles mexicaines, les comédiens – entourés d’autres physiques impressionnants comme Jesse Ventura ou Sonny Landham – vivent une véritable surenchère de performance physique. Mais c’est surtout la dynamique entre Schwarzenegger et Weathers qui devient légendaire.

Predator
Predator
De John McTiernan
Avec Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers, Elpidia Carrillo
Sortie le 19 août 1987
Spectateurs
3,9
Voir sur Disney+

Une compétition qui dépasse le jeu d’acteur

Très vite, Carl Weathers ressent la pression du physique impressionnant de son partenaire autrichien. Loin d’être intimidé au point de rester passif, il se met lui aussi à pousser ses entraînements à l’extrême.

Comme il le racontait plus tard, le tournage s’était presque transformé en défi quotidien entre les deux hommes. Dans une interview au Tonight Show de Johnny Carson en 1988, il expliquait :

D’une certaine manière, je ne suis vraiment pas aussi physique que beaucoup de gens pourraient le penser, mais quand on est avec ces gars-là, on ne peut s’empêcher de faire autre chose. Alors on y va, on fait le show, on fait Predator, et on descend dans les jungles du Mexique. Arnold transporte environ 800 000 livres [36 287 kg] de poids avec lui. [...] Donc je suis là-bas et je suis avec Mister Univers, Mister Galaxy, Mister Tout, Arnold Schwarzenegger, et je me dis : ‘Ce type a les plus gros bras du monde, j’ai besoin de plus de muscles, je dois gonfler un peu.

20th Century Fox

Toujours repousser les limites

Cette rivalité amicale se traduit surtout dans leur routine sportive. Carl Weathers décide alors de modifier totalement ses habitudes pour tenter de suivre le rythme imposé par Arnold Schwarzenegger.

Arnold va à la salle de sport à 4h30 pour s’entraîner tous les jours avant d’aller tourner, le matin, parce qu’on se lève à 6h du matin pour sortir et s’entraîner. J’ai donc décidé de me lever un peu plus tôt, et d’y aller à 4h du matin. Eh bien, je découvre plus tard qu’Arnold commence à y aller à 3h30 du matin. Je me dis : ‘C’est fou, ça ne peut pas continuer. D’accord, je ne me réveillerai pas plus tôt mais je descendrai après notre retour dans la soirée et j’irai courir sur la colline [...].’ Un jour, je cours sur la colline et voilà qu’Arnold passe en voiture parce qu’il rentre plus tard que moi. Le lendemain, Arnold court sur la colline. Alors nous sommes là, ces deux gars sont censés être des acteurs, n’est-ce pas ? C’est une compétition. Finalement, je lui ai dit : ‘Allez, on fait une trêve Arnold.’

Schwarzenegger comprend évidemment le jeu et répond en intensifiant encore ses propres efforts. Cette surenchère permanente contribue à l’aura physique du film et explique en partie pourquoi les personnages paraissent si crédibles dans cet environnement hostile.

20th Century Fox

Autour d’eux, le reste du casting participe aussi à cette atmosphère ultra physique, transformant le tournage en véritable camp d’entraînement militaire. Cette intensité se ressent à l’écran, donnant au film son réalisme brut devenu culte.

Et si le Predator avait été tout autre ?

Dans les coulisses, une autre anecdote circule également autour du monstre emblématique du film. Avant la version finale, le rôle du Predator devait initialement revenir à Jean-Claude Van Damme. Mais l’expérience tourne court : frustré de ne jamais apparaître à l’écran sans costume visible, l’acteur quitte finalement le projet.

Une saga plus vivante que jamais

Après plusieurs suites aux succès variables, la franchise Predator connaît un renouveau avec Prey en 2022, réalisé par Dan Trachtenberg, qui a relancé l’intérêt critique et public. Une suite est d’ailleurs envisagée. En 2025, Trachtenberg propose aussi Predator: Badlands, qui, lui aussi, met en scène une histoire inédite qui séduit favorablement le public.

Les spectateurs peuvent (re)découvrir Predator (1987), Prey et d’autres volets de la saga en streaming sur Disney+. Predator: Badlands, quant à lui, est à retrouver en VOD.

Voici l’interview de Carl Weathers dans son intégralité :

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