Acteur de légende, deux fois oscarisé, Michael Caine aligne une vertigineuse carrière forte de plus de 150 rôles : Alfie le dragueur, Le Limier, L'Homme qui voulut être roi, La Vallée perdue, La loi du milieu, Un Pont trop loin, la saga des Batman de Christopher Nolan... Une liste qui donne le tournis. Une carrière au très long cours, traversée avec une tranquille humilité. Caine est un infatigable travailleur, amoureux de son métier.
"Je n'avais pas vraiment l'intention de refaire un film"
Après son second oscar, reçu pour L'oeuvre de Dieu, la part du Diable en 2000, il tourne nettement moins, étant même selon lui dans un état de semi-retraite. Jusqu'à ce que Christopher Nolan ne vienne frapper à sa porte, pour lui proposer le formidable rôle d'Alfred Pennyworth, dans le Batman Begins qu'il prépare.
"Je n'avais pas vraiment l'intention de refaire un film" commentait Caine. "Je croyais qu'il allait me proposer un petit rôle dans un joli petit film artistique. Mais il m'a dit : "je travaille sur un Batman !" Evidemment, j'ai d'emblée écarté l'idée de jouer Batman, j'étais déjà trop vieux.
"Donc je vais jouer le majordome ?" lui ai-je demandé. "Et mon texte, ca sera quoi ? "Le dîner est servi ?" ou "Souhaitez-vous un autre verre de vin ?" Il m'a alors répondu : "Michael, cet homme, Bruce Wayne, est orphelin. Le majordome est comme un père pour lui. je vous laisse donc lire le scénario, avant de faire d'autres commentaires".
Alfred, ancien membre des forces spéciales
Mais il y a plus. Il a écrit sa propre backstory pour son personnage pour The Dark Knight, le second volet de la trilogie, comme il l'a d'ailleurs raconté dans son autobiographie, Don’t Look Back, You’ll Trip Over: My Guide to Life. Il a décidé qu'Alfred n'était pas un majordome au sens commun du terme, mais un ancien soldat des SAS, expliquant pourquoi il est assez coriace pour gérer les secrets de Batman.
"Le majordome anglais est un personnage bien connu de la littérature et du cinéma. On peut l’imaginer à la manière de Jeeves, si l’on veut, très raffiné et hautain. Tout le monde se souvient de John Gielgud dans Arthur. Mais j’ai pensé que, dans le contexte de cette histoire, Alfred devait être d’une grande force de caractère : il était le protecteur et le mentor de Bruce Wayne, mais aussi son allié.
Il fallait croire qu’il accepterait de se plier à cette vie secrète incroyablement dangereuse que Bruce avait choisie. N’oubliez pas que cette version de l’histoire de Batman n’a rien d’une bande dessinée. Elle regorge certes d’esprit et d’humour, mais son côté sombre et la souffrance qu’elle dépeint sont bien réels. L’implication d’Alfred dans les activités secrètes de Bruce doit donc être crédible".
Warner Bros.
Dans un entretien accordé à Yahoo, il détaillait ainsi son approche : "Je lui ai donné l’histoire d’un sergent du SAS, blessé, qui a fait des déraillements – c’est ainsi que la famille Wayne en est venue à l’employer comme majordome. Il tient profondément à Bruce et veut qu’il soit heureux, mais il ne fait aucun doute qu’il est aussi un tueur entraîné. Il a l’ambivalence d’un père qui sait que son fils adoptif a une mission dans la vie qui est également pleine de risques mortels".
On connait évidemment la suite. Caine apportera une grande profondeur à ce personnage, avec sa diction si caractéristique et élégante, emballé dans un jeu d'acteur faisant la part belle à la sobriété, en grand adepte du Less is More.
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