"Il s'appelle Juste Leblanc", "Aux chiottes l'OM", "J'ai fait la boulette", les répliques culte ne manquent pas dans Le Dîner de cons de Francis Veber, brillamment interprété par Jacques Villeret dans le rôle du "con" François Pignon et Thierry Lhermitte dans celui de l'éditeur Pierre Brochant.
Mais l'une d'entre elles est à la fois imparable, utilisable dans la vie de tous les jours et une auto-citation !
Un plan parfait... et des boulettes !
Gaumont
Pour savoir si sa femme Christine se trouve chez son ancien compagnon Juste Leblanc, Brochant demande à Pignon de se faire passer pour un producteur de cinéma souhaitant acheter les droits de leur roman commun. En fin de conversation, Pignon devra demander à Leblanc où il peut joindre Christine, et le tour sera joué.
Sauf que pris dans l'euphorie de son rôle de producteur pour lequel il "prend l'accent belge", Pignon se concentre sur l'obtention des droits d'adaptation du livre, fait un numéro pas possible, avant de raccrocher... en oubliant de demander comment joindre Christine. Brochant tombe des nues : "Il a oublié ma femme...", mais l'histoire ne s'arrête pas là !
Pignon réussit à convaincre Brochant de lui redonner une chance. Pour se racheter, il rappelle Leblanc mais avant qu'il ait pu lui poser la question fatidique, Leblanc le fait patienter et demande où il peut le rappeler. Le "con" fait une nouvelle boulette en lui donnant le numéro de Brochant. Dès lors, la supercherie est dévoilée. Pignon ne comprend pas qu'il vient d'aggraver la situation :
"Ben oui ! Il me demande où il peut me rappeler !" Ce à quoi Brochant lui lance, épuisé :
“Vous ne vous reposez jamais, vous, hein ?”
Gaumont
Après avoir subi autant de facéties de son invité, l'éditeur joué par Thierry Lhermitte baisse les bras, constatant que même lorsqu'il essaye de corriger ses erreurs, Pignon est capable d'aggraver les choses. Ce "vous ne vous reposez jamais" est resté gravé dans les mémoires des fans du film, qui réutilisent parfois la réplique pour faire gentiment remarquer à une personne que ça commence à faire un peu beaucoup.
Cette réplique fait d'ailleurs écho au film La Chèvre, du même Francis Veber, lorsqu'un certain François Perrin joué par Pierre Richard s'enfonce soudainement dans des sables mouvants en se faisant houspiller par le Campana incarné par Gérard Depardieu.
Alors qu'il va entièrement disparaître, Campana l'aide à s'en sortir et, une fois sauvé, Perrin constate qu'il lui manque quelque chose. Comme s'il ne venait pas de risquer sa vie, il déclare, amusé : "Merde... J'ai perdu une chaussure". Ce à quoi son "compère" lui répond : "Vous vous reposez jamais, Perrin ?".
Le Dîner de cons fait donc un rappel à une réplique écrite 17 ans auparavant par le même auteur. Un clin d'oeil de Francis Veber... à Francis Veber !
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