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Une nouvelle comédie portée par une distribution étoilée
Jacques (Alain Chabat) se rend chez son ami Bruno (Jonathan Cohen) et sa compagne Fabienne (Anaïs Demoustier) pour leur annoncer une nouvelle importante : l’humanité toute entière vit dans une simulation…
Diaphana
Bonne nouvelle pour les amateurs de l’univers décalé de Quentin Dupieux – alias Mr. Oizo – : après L’Accident de piano, où Adèle Exarchopoulos campait une star du web postant des contenus choc sur les réseaux sociaux, le cinéaste propose un nouveau projet aussi intrigant qu’insaisissable. Dévoilé en clôture à la Quinzaine des Cinéastes lors de la dernière édition du Festival de Cannes, Le Vertige confirme, une fois encore, la singularité de son univers dans le paysage audiovisuel français.
Pour ce long-métrage d’animation, Quentin Dupieux s’entoure de visages familiers de sa filmographie, à commencer par Alain Chabat (Réalité, Au poste !, Incroyable mais vrai), qui campe ici le rôle de Jacques, persuadé que l’humanité entière vit dans une simulation. Obsédé par cette théorie, il recense méthodiquement les bugs et incohérences qu’il rencontre afin de prouver qu’il dit vrai. Face à lui, Jonathan Cohen interprète Bruno, un ami de longue date. Après Daaaaaalí !, où il prêtait ses traits au célèbre peintre éponyme, l’acteur incarne ici un personnage bien plus terre-à-terre, d’abord sceptique face aux annonces de Jacques.
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À leurs côtés, la géniale Anaïs Demoustier, elle aussi habituée aux projets barrés du réalisateur (Fumer fait tousser, Incroyable mais vrai), prête ici ses traits à Fabienne, la compagne de Bruno désormais mère de famille. Enfin, le personnage campé par Jean-Marie Winling, également aperçu dans Daaaaaalí !, complète ce trio et semble détenir des informations précieuses sur cette étrange réalité…
Avec cette distribution parfaitement rodée à son humour absurde, Quentin Dupieux compose une nouvelle comédie déjantée où le non-sens devient jeu cinématographique. Fidèle à son goût pour les univers extravagants, le réalisateur poursuit également son travail artisanal et expérimental, repoussant à nouveau les frontières de son cinéma.
Un projet d’animation complètement loufoque
Si le thème de la simulation rappelle forcément des œuvres culte comme Matrix, Le Vertige s’en distingue par son traitement radicalement singulier. Loin d’un long-métrage de science-fiction classique, Quentin Dupieux transforme plutôt cette idée en terrain d’expérimentation absurde et existentielle. Avec ses graphismes en 3D volontairement rétro, rappelant les graphismes de PlayStation 1 ou les premiers jeux Sims, le projet plonge le spectateur dans un sentiment d’étrange, aussi inconfortable que familier. Réalisé en motion capture – c'est-à-dire à partir de véritables mouvements des comédiens, retranscrits en 3D avec le logiciel Blender – ce long-métrage brouille ainsi les frontières entre cinéma et jeux vidéo pour aboutir à une dimension quasi-inédite.
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Mais derrière cette apparente fantaisie visuelle se cache une réflexion plus profonde. Et si le monde n’était qu’un programme défaillant ? Dès lors, le vertige annoncé dans le titre prend tout son sens ; les personnages évoluent dans un univers qui leur échappe complètement, où les anomalies recensées par Jacques deviennent autant de preuves d’une réalité artificielle. Chaque détail du quotidien semble soudain perdre sa logique, alimentant une angoisse diffuse face à un monde devenu incompréhensible.
Cette perte de repères influence directement les relations humaines des personnages. Entre incompréhension, paranoïa et perte de repères, chacun tente de vivre à sa manière dans cette réalité défaillante. Quentin Dupieux questionne alors notre rapport au monde, aux autres mais aussi à nous-mêmes, à travers une satire absurde de nos comportements et de notre besoin quasi constant de trouver du sens à chaque situation.
Mais pas de panique : malgré ses questionnements métaphysiques, Le Vertige reste traversé par l’humour absurde propre au réalisateur, et c’est précisément cet équilibre entre réflexion existentielle et humour déjanté qui fait toute l’originalité de ce nouveau long-métrage.
Dialogues décalés, situations improbables et esthétique rétro : Quentin Dupieux transforme la crise métaphysique en une expérience déroutante dans Le Vertige, à découvrir dès le 10 juin au cinéma.
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