Il avait annoncé sa retraite il y a 13 ans : Steven Soderbergh nous présente son 11ème film depuis 2013, et c'est encore une fois passionnant
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Un après le doublé "Presence" - "The Insider", Steven Soderbergh est déjà de retour dans nos salles avec "The Christophers", comédie dramatique en forme de réflexion sur l'art dans les rues de Londres.

Ça parle de quoi ?

Julian Sklar, ancienne figure majeure du pop art londonien devenu misanthrope n’a plus rien peint depuis des décennies. Ses enfants, avides d’héritage, engagent Lori, restauratrice et ex-faussaire, pour se faire passer pour son assistante. Sa mission : finir en secret une série de huit toiles inachevées, les "Christophers", et en tirer une fortune.

The Christophers
The Christophers
Sortie : 10 juin 2026 | 1h 40min
De Steven Soderbergh
Avec Ian McKellen, Michaela Coel, James Corden
Presse
3,6
Spectateurs
3,4
Séances (81)

Ars gratia artis

Il y a forcément quelque chose d'amusant à voir Steven Soderbergh mettre en scène un artiste reclus et proche de la retraite, puisque cela nous rappelle ce moment où le cinéaste devait prendre la sienne. C'était en 2013, juste après la sortie de Ma vie avec Liberace, téléfilm HBO passé par les salles françaises (et le Festival de Cannes), et ça n'a tenu qu'une poignée de mois, avant qu'il ne repasse derrière la caméra pour diriger les deux saisons de la série The Knick, puis faire son retour au cinéma avec Logan Lucky en 2017.

Et voici aujourd'hui le onzième long métrage qu'il signe depuis ces adieux. Et le troisième d'affilée à passer par les salles françaises, ce qui est une bonne chose, les sorties sur Netflix (High Flying Bird, The Laundromat), HBO Max (KIMI, No Sudden Move) ou directement en vidéo (Magic Mike 3) ayant laissé craindre que son avenir se situe ailleurs. Mais non et, après les très réussis et complémentaires Presence et The Insider, qui utilisaient le genre (le fantastique d'un côté, l'espionnage de l'autre) pour disséquer la cellule familiale, c'est vers le monde de l'art qu'il se tourne avec The Christophers.

Dulac Distribution

Un titre qui désigne cette série inachevée de tableaux que l'on doit à Julian Sklar (Ian McKellen), ex-artiste majeur de la capitale anglaise devenu un reclus misanthrope qui enchaîne les dédicaces en vidéo pour capitaliser sur sa renommée. Et cela embête ses enfants (James Corden et Jessica Gunning, la révélation de Mon petit renne), qui aimeraient bien hériter d'une fortune et font appel à une restautrice (Michaela Coel) et ses talents de faussaire pour finir les toiles à sa place.

Sur le papier, tout semble réuni pour que Steven Soderbergh renoue avec la veine de ses Ocean's, mais il n'en est rien. The Christophers se présente avant tout comme une comédie aux accents dramatiques focalisée sur le rapport entre un artiste, son oeuvre et ce qu'il laisse derrière lui. Une thématique qui laisse transparaître les questionnements du cinéaste sur le sujet, tout autant que ceux du scénariste Ed Solomon (Insaisissables, No Sudden Move), qui a grandi avec une mère artiste et voulait se pencher sur cet univers depuis longtemps.

"Forme simple, mais grande richesse émotionnelle"

Et il a trouvé en Steven Soderbergh un parfait binôme pour y parvenir. Moins conceptuel que The Insider (ses jeux de dupe, sa narration fragmentée) ou Presence (filmé du point de vue du fantôme, pour interroger la part voyeuriste du spectateur), The Christophers paraîtra plus mineur au premier abord, mais c'est totalement assumé, le réalisateur citant l'un de ses films préférés, L'Habilleur, comme source d'inspiration et de motivation à revenir au cinéma de ses débuts et à une "forme simple, mais d'une grande richesse émotionnelle", comme il le dit dans le dossier de presse.

Cela fait écho à cette histoire de peintre en manque d'inspiration qui se reconnecte avec son passé pour la retrouver, alors que le film nous rappelle que, s'il est possible d'imiter, rien ne remplacera jamais le coeur grâce auquel une oeuvre naît. Un propos particulièrement actuel à l'heure où l'intelligence artificielle prend une place de plus en plus importante, et que Steven Soderbergh a lui-même nuancé en utilisant la technologie pour les besoins de son documentaire sur John Lennon présenté au dernier Festival de Cannes.

Dulac Distribution

Mais cela prouve bien que, à l'image de son Julian Sklar, ce dernier n'est pas sans contradiction, lui qui a très souvent expérimenté, avec des films sortant en même temps au cinéma et en VOD (Bubble), tournés à l'iPhone avant que ce ne soit la mode (Paranoïa) ou auto-distribués (Logan Lucky). The Christophers n'est peut-être pas un auto-portrait, mais l'auteur de Sexe, mensonges et vidéo y a clairement mis du sien, et il montre qu'il a encore des choses passionnantes à raconter.

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Maximilien Pierrette
Un feel-good movie avec une BO aux petits oignons, un drame situé dans l’Amérique rurale, une pépite qui prend le pouls des États-Unis, il aime se pencher sur la dernière sensation venue de l’autre côté de l’Atlantique.
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