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Ian McKellen et Steven Soderbergh : une collaboration qui ravira les cinéphiles
Inoubliable Gandalf de la trilogie du Seigneur des anneaux, sinistre Magnéto de la saga X-Men, mystérieux professeur Teabing du Da Vinci Code… L’immense Ian McKellen a incarné de nombreux visages devenus inoubliables pour les amateurs de blockbusters. Nommé à plusieurs reprises aux Oscars, aux Emmy Awards et aux Golden Globes, où il fut récompensé pour son rôle dans Raspoutine en 1997, Ian McKellen sacralise l’impression de familiarité donnée par certains acteurs tant il a bercé l’imaginaire des cinéphiles.
Anobli par la reine Elizabeth II en 1991, Sir Ian McKellen s’impose ainsi comme un comédien intemporel aux côtés de Sir Alec Guinness, Sir Anthony Hopkins ou encore Sir Gary Oldman. Comme eux, ce dernier cultive l’amour d’un jeu sans entrave, pouvant passer librement – et avec plaisir ! – du théâtre à des blockbusters spectaculaires et populaires pour enfin revenir à des propositions plus indépendantes, plus sensibles et engagées, voire intimes.
Dulac
Fort de nombreuses apparitions à succès dans de grandes sagas hollywoodiennes, c’est justement vers cette dernière catégorie cinématographique que le comédien de 87 ans s’est tourné pour son nouveau rôle, offert par un certain Steven Soderbergh. Un nom qui fera vibrer le cœur des cinéphiles, puisque ce dernier n’est autre que l’un des plus grands cinéastes du XXIe siècle. Véritable prodige récompensé d’une Palme d’Or cannoise à 26 ans seulement pour Sexe, Mensonges et Vidéo, le réalisateur s’est ensuite imposé avec des titres plébiscités tels que Traffic, la saga des Ocean’s ou plus récemment Presence. En salle cette semaine, leur première collaboration s’intitule The Christophers.
Du grinçant au tragique : une performance toute en nuance
Ian McKellen endosse ainsi le rôle de Julian Sklar, ancienne figure majeure du pop art londonien devenue misanthrope, qui n’a plus rien peint depuis des décennies. Ses enfants, avides d’héritage, engagent alors Lori (Michaela Coel) , restauratrice et ancienne faussaire, pour se faire passer pour son assistante. Sa mission : finir en secret une série de huit toiles inachevées, les « Christophers », et en tirer une fortune.
Véritable comédie noire dont seule Soderbergh a le secret, The Christophers a été co-scénarisé par son ami Ed Solomon (Charlie’s Angels, Espion mais pas trop, saga Insaisissables). Une collaboration qui donnait le ton d’un long-métrage voué à être grinçant et provocateur, et dont les deux complices racontent avec bonheur l’origine : “Nous sirotions des cocktails en discutant, se souvient Ed Solomon, et j’ai demandé à Steven : « Sur quoi aimerais-tu travailler en ce moment ? » Il a répondu en gros : « Je veux faire un film sur un artiste plus âgé et un jeune artiste qui entre dans sa vie de manière un peu frauduleuse, et peut-être que ses enfants seraient impliqués ? Je ne sais pas. » [...] Puis j’ai demandé : « Qui aimes-tu ? Qui avais-tu en tête ? » Il a dit : « Je pense à Ian McKellen. » Et j’ai suggéré, pour le faussaire, Michaela Coel.
Nous avons fait ce qu’on ne devrait jamais faire : écrire un scénario spécifiquement pour deux acteurs très précis. Et soyons honnêtes, il n’y a pas beaucoup d’acteurs anglais principaux de 86 ans disponibles. Et nous avons eu de la chance, les personnes dont nous rêvions vraiment qu’elles participent ont lu le scénario et ont accepté de le faire.”
Apparu comme une certitude pour les deux cinéastes, le nom d’Ian McKellen s’impose comme une véritable évidence lorsque ce dernier se glisse dans la peau de Julian, son personnage. D’abord âcre, voire cruel, celui-ci se révèle finalement un homme profondément seul et blessé, notamment par la cupidité crasse de ses deux enfants (James Corden et Jessica Gunning, inoubliable dans Mon petit renne). Pourtant, en véritable excentrique, Julian assume aussi une facette plus fantasque, un trait de caractère farouchement revendiqué par son interprète, jusque dans son identité queer, loin des caméras.
Dulac
Mais c’est dans sa capacité à tendre un miroir que The Christophers touche en plein cœur. Face à Ian McKellen, grandiose, la talentueuse Michaela Coel (I May Destroy You) s’impose comme un véritable écho transgénérationnel. Elle aussi profondément blessée, ayant mis de côté sa carrière artistique, elle est d’abord décontenancée par le caractère excentrique de Julian avant de se laisser séduire par sa folie douce et, enfin, de retrouver goût à la création. Si l’alchimie entre les deux comédiens transparaît à l’écran, permettant au nouveau long-métrage de Steven Soderbergh de donner vie à l’un des duos les plus touchants de ces dernières années, celle-ci s’est également ressentie lors du tournage, dont le scénariste Ed Solomon garde un précieux souvenir.
“Un moment marquant a été de s’asseoir avec Ian et Michaela, dans la cuisine de Ian, et de le voir décortiquer le scénario ligne par ligne, de faire émerger le sous-texte de chaque réplique. Michaela et moi nous regardions en pensant : « Quoi qu’il arrive, on aura vécu ça. » Voir Ian, qui est un homme profondément gentil, plonger dans ce personnage brisé, solitaire, confronté à la mortalité et au bilan d’une vie d’artiste, c’était fascinant. Je suis reconnaissant que cela soit arrivé à ce moment de ma carrière, je ne sais pas si je pourrai faire mieux.”
En salle le 10 juin, The Christophers, la nouvelle réussite de Steven Soderbergh, permet à Ian McKellen de signer l’une de ses plus belles performances face à une Michaela Coel particulièrement touchante.
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