Mais que renferment ces Backrooms qui ont terrorisé l'Amérique ? À première vue, rien de plus que de longs couloirs vides où de vieux meubles s'entremêlent. Et pourtant, dans le film de Kane Parsons, l'absurdité de cet endroit qui semble tout droit sorti d'une œuvre de David Lynch n'est qu'une étape avant le cauchemar.
Premier long métrage de Kane Parsons, Backrooms a pulvérisé tous les records. À commencer par l'âge de son réalisateur : 20 ans. Le Carlifornien devient le plus jeune cinéaste d'Hollywood. Produit avec un budget estimé à 10 millions de dollars, le film en a déjà rapporté plus de 250 millions à travers le monde, s'imposant comme le plus gros succès du studio A24. Les États-Unis ont été séduits, la France n'attend que ça.
À l'origine, une photo...
Le film Backrooms est d'abord né sur la Toile, à travers une creepypasta - nom donné aux légendes urbaines entièrement fabriquées sur la Toile. Tout est parti d'une simple photo prise en 2002 dans le Wisconsin, en Amérique. On y voit un magasin en travaux entièrement vidé de ses objets.
Rien d'extraordinaire, vous dites ? Et pourtant, dès 2019, la photo au décor jaunâtre suscite les théories les plus folles sur le forum 4chan. Les internautes imaginent des histoires abritant des monstres, des esprits ou encore des expériences scientifiques. L'auteur du cliché reste, encore aujourd'hui, inconnu.
4Chan
La folie autour de cette photo donne même naissance au phénomène des "liminal spaces" - des espaces liminaires en français -, ces lieux entièrement vides et inquiétants qui donnent la sensation d'être observés.
... Puis une série de vidéos YouTube
Parmi tous les internautes fascinés par cette photo, il y a Kane Parsons. Jeune YouTubeur, passionné de gameplay et d'effets spéciaux, il imagine une série de courts métrages directement inspirée du cliché. En janvier 2022, à l'âge de 16 ans, il publie le tout premier : The Backrooms.
D'une durée de 9 minutes, cette vidéo au style found footage - sous-genre popularisé par Le Projet Blair Witch en 1999 - cumule aujourd'hui plus de 85 millions de vues. Au total, Kane Parsons en réalise une quinzaine grâce aux logiciels Adobe After Effects et Blender. Chaque vidéo a été visionnée des millions de fois.
Décor plus vrai que nature
Dans Backrooms, les véritables stars sont les couloirs. Tout a été construit dans un studio à Vancouver, au Canada, sur une superficie de 2.700m². Un décor gigantesque alors même que le film ne contient que deux personnages principaux. Le décorateur Danny Vermette a utilisé des échafaudages de 463 mètres de haut pour créer plusieurs niveaux sur le plateau.
Le mythe d'un... papier peint
C'est peut-être un détail pour vous mais le papier peint qui tapisse les murs des Backrooms a, pendant très longtemps, obsédé la Toile. Beaucoup ont tenté de trouver son origine, en vain. Cette recherche acharnée a duré des années jusqu'à ce qu'une photo d'une cuisine prise en 2008 est venue éclairer les internautes sur ses spécificités.
En réalité, ce papier peint est blanc et non jaune, comme le laisse deviner la photo - tout est une question d'éclairage. Devenus des détectives experts de papiers peints, les internautes ont retrouvé des modèles semblables, le Navajo wallpaper et Chevron border. Comble du phénomène : le studio A24 - qui distribue Backrooms - a même commercialisé une réplique exacte du papier peint sur son site internet. Prix du rouleau : 60 dollars.
Inspirations derrière le film
Pour construire l'univers de Backrooms, le réalisateur Kane Parsons s'est inspiré de nombreuses œuvres, comme le jeu vidéo Portal, mais aussi la série Mr. Robot (pour la psychologie des personnages) ainsi que les films Photo Obsession avec Robin Williams (pour son aspect visuel) et le docu-fiction Punishment Park (pour son réalisme des scènes en found footage).
Backrooms est actuellement en salle