"J'ai fait le mort" : il y a 38 ans, le tournage de ce film d'aventure culte a bien failli coûter la vie à Jean-Jacques Annaud
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Au micro d'Europe 1, le réalisateur Jean-Jacques Annaud a raconté une saisissante anecdote concernant le tournage de son film "L'ours", son plus grand succès au box office en France. Se sentant menacé, l'animal de près de 800 Kg s'est jeté sur lui...

"Il suffit de prendre leur point de vue, de se mettre dans leur peau, de regarder leur regard et de s'identifier à leur problématique. [...] quand je tourne L'Ours, je suis un ourson, un grand ours, un chasseur. C'est la faculté de montrer le point de vue de celui qui souffre ou qui se réjouit. C'est un problème de point de vue. [...] Ce n'est pas parce que les animaux ne parlent pas qu'on ne peut pas comprendre leurs désirs, leurs ambitions, leur fureur et leur chagrin. Travailler avec des animaux, c'est comme travailler avec de tout petits enfants, et du coup comme travailler avec n'importe qui".

C'étaient les savoureux propos de Jean-Jacques Annaud tenus à notre micro lorsque nous avions eu le grand plaisir de le rencontrer il y a plusieurs années. Lorsque le cinéaste se met à table pour égrener avec gourmandise ses souvenirs de tournage au gré d'une grande filmographie, c'est toujours la garantie absolue pour les lecteurs et l'auditoire d'une séquence passionnante.

"J'avais lu que les survivants des attaques d'ours sont ceux qui font le mort"

Il en a encore tout récemment fait la démonstration au micro de la radio Europe 1 cette fois-ci, évoquant (entre autre) une anecdote de tournage sur le film L'ours. Magnifique film sorti en 1988 et porté par le regretté Tcheky Karyo, qui nous a quitté en octobre 2025, il avait attiré plus de 9 millions de spectateurs dans les salles. C'est le plus grand succès du réalisateur au box office français, très loin devant son second succès, Le Nom de la rose et ses 4,95 millions de spectateurs.

Annaud raconte s'être fait attaqué par l'ours du film, dénommé Kodiak, malgré les relations de confiances avec l'animal, et ne doit d'avoir la vie sauve que grâce au réflexe de faire le mort.

"Nous étions très copains. Quand j'arrivais chaque matin, nous échangions nos haleines" raconte-t-il. Lors d'une pause déjeuner, alors qu'il souhaite réaliser une photographie avec l'ours, le cinéaste entre dans l'enclos de l'animal et se place sous lui alors qu'il est dressé sur ses pattes arrière.

Au moment de prendre la photo, le réalisateur se retourne avec son appareil. Un simple reflet dans l'objectif aurait alors changé la perception de l'ours : "Il voyait cet appareil tous les jours, sauf que là j'étais en dessous de lui. Il a dû prendre un reflet dans l'objectif, il a pensé que j'étais agressif" explique-t-il.

L'ours "s'est abattu devant moi". Une masse de près de 800 Kg qui "m'a envoyé valdinguer sur une dizaine de mètres". L'animal n'en reste pas là et revient vers lui à la charge. Dans un éclair de lucidité, Annaud repense alors à un livre évoquant les attaques d'ours : "J'avais lu que les survivants des attaques d'ours sont ceux qui font le mort". Il applique immédiatement cette idée, en veillant à se protéger les yeux et les intestins, les parties les plus vulnérables et exposées. Un réflexe qui lui a sauvé la vie.

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Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.
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