En 2003, Braquage à l’italienne, une adaptation hollywoodienne de L’Or se barre (The Italian Job de leurs titres originaux) est sortie en salles, même si elle n’avait plus grand-chose à voir avec le classique de 1969 porté par Michael Caine. À son époque, le film original représentait un tournant majeur dans la carrière de Caine, le propulsant au rang d’icône du cinéma britannique. Avec le recul, il est souvent considéré comme l’un des grands succès de sa filmographie, même si son exploitation américaine fut, elle, beaucoup plus mitigée.
La carrière de Michael Caine connaissait pourtant un ralentissement lorsqu’il s’est lancé dans le cinéma. Après des années à enchaîner les petits rôles, il finit par se faire remarquer avec Zulu en 1964. Deux ans plus tard, il enchaîne les rôles principaux dans des films comme Ipcress - Danger immédiat et Alfie, le dragueur, ce dernier lui valant même une nomination aux Oscars.
L’acteur cockney devient alors l’une des figures majeures de sa génération et Hollywood commence à lui ouvrir ses portes. On le retrouve notamment dans Un Hold-Up extraordinaire aux côtés de Shirley MacLaine, ou encore dans Que vienne la nuit face à Jane Fonda. Mais ce succès international ne garantit pas pour autant une réception identique de ses films britanniques sur le sol américain.
Un succès britannique… et un échec américain
C’est précisément le cas de L’Or se barre. Malgré un très bon accueil en Grande-Bretagne, le film est mal exploité aux États-Unis, ce qui en limite fortement l’impact.
Face à cette mauvaise stratégie de distribution et de communication, Michael Caine choisit de ne pas participer activement à la promotion du film sur place. Une décision lourde de conséquences, puisque le long-métrage devient un échec commercial américain.
Avec le temps, une autre confusion s’installe même dans la culture populaire, certains associant davantage le titre au remake plus récent avec Mark Wahlberg, Charlize Theron et Edward Norton, plutôt qu’au film original avec Michael Caine.
Ce dernier reviendra plus tard sur cet épisode avec franchise (via FarOut Magazine) : “L’Or se barre était un film divertissant destiné aux enfants de tous âges. Très bien réalisé, il connut un grand succès en Grande-Bretagne et en Europe lors de sa sortie, mais ce fut un flop aux États-Unis.”
Paramount Pictures
Une campagne publicitaire à blâmer
Il expliquera également les raisons possibles de cet échec, notamment la place du football dans l’intrigue, c’est-à-dire “pratiquement inconnu en Amérique à l’époque”. Il ajoutera : “Mais je pense que la campagne publicitaire qu’ils ont imaginée là-bas était vraiment à blâmer.” Pour lui, une mauvaise stratégie marketing peut suffire à condamner un film, même réussi.
“Quand je suis arrivé à Los Angeles pour promouvoir le film, j’ai été sidéré de découvrir dans un journal la photo d’une femme nue assise sur les genoux d’un gangster armé d’une mitrailleuse”, raconta-t-il. Une affiche qui, selon lui, trahissait complètement l’esprit du film.
Paramount Pictures
“Le génie qui a eu cette idée envoyait un signal tellement erroné pour ce film de braquage classé tous publics que j’ai tout de suite compris que L’Or se barre était voué à l’échec”, conclut-il, avant de rentrer précipitamment en Angleterre.
“Après des mois de labeur acharné, de sueur et de larmes, il suffit parfois d’une simple petite erreur comme celle-ci pour tout faire capoter”, a ajouté Michael Caine.
Il a également déploré cette situation sans détour : “J’ai dit : ‘Les hommes qui veulent voir des femmes nues quitteront la salle et les femmes avec enfants n’iront pas le voir.’ Je n’ai jamais fait de promotion pour le film, et c’est ainsi qu’il a fait un flop aux États-Unis.”
L’Or se barre, l’original, est à (re)découvrir en streaming sur Paramount+.
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