John Wayne a humilié ce réalisateur "sans talent" avec qui il a tourné l'un de ses westerns
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John Wayne a détesté le tournage du western "Une Bible et un fusil" car le réalisateur manquait trop d'expérience.

John Wayne a-t-il mis à mal la carrière de ce réalisateur ? Après leur unique collaboration sur un western, Stuart Millar n'a plus jamais refait de cinéma !

Un scénario "complètement ridicule"

Hal Wallis Productions

Le projet qui les réunit part du producteur Hal Wallis, qui demande à Henry Hathaway de réaliser une suite à son 100 dollars pour un shérif, le rôle qui a valu son Oscar à John Wayne. L'acteur sera cette fois opposé à Katharine Hepburn, pour une comédie western intitulée Une Bible et un fusil (1975), écrite sous pseudonyme par Wallis et son épouse Martha Hyer, actrice nommée à l'Oscar du Meilleur second rôle pour Comme un torrent.

Dans Une Bible et un fusil, Rooster Cogburn (Wayne) est engagé pour retrouver des armes et des explosifs volés et pour cela, fait équipe avec un jeune guide autochtone (Anthony Zerbe) et impose à la fille du pasteur de venir avec lui pour rester en sécurité.

Problème : le scénario qu'ont signé les deux époux "ne valait rien", dixit Hathaway dans John Wayne, The Man Behind The Myth, ajoutant le trouver "affreux" et "complètement ridicule", le décrivant comme une sorte de "La Reine africaine en western". Le réalisateur refuse donc le projet et glisse pour le remplacer le nom de Richard Fleischer.

Wayne rejette Fleischer et souhaite que son ami Hathaway change d'avis, mais rien n'y fait, et Hal Wallis propose alors un certain Stuart Millar, ancien assistant personnel de William Wyler et producteur de plusieurs succès (voir plus bas). L'idée ? Faire d'Une Bible et un fusil une réussite en salle qui lancera sa carrière de metteur en scène. Sauf que rien ne va se passer comme prévu.

Un tournage catastrophique

Hal Wallis Productions

Le scénario, inadéquat, est réécrit au jour le jour par le couple Wallis-Hyer, John Wayne et Katharine Hepburn doivent improviser leurs répliques et manquant d'expérience, Millar tourne prise sur prise, provoquant l'ire de son acteur principal : "Bordel, Stuart, on ne peut pas répéter ces phrases indéfiniment sans qu'elles finissent par perdre tout leur sens", assène-t-il sur le plateau.

Millar, face à un scénario qui n'a pas grand sens, ne parvient ni à s'imposer ni à trouver sa place face à un Wayne cherchant par tous les moyens à réitérer l'Oscar de 100 dollars pour un shérif, quitte à cabotiner comme jamais. L'acteur détestera le tournage au point, selon Far Out, de qualifier son metteur en scène de "grand connard d'1m80 sans talent". La réputation de Millar en prendra un coup, et on ne le reverra plus jamais à la tête d'un long métrage de cinéma après cela.

Avec un budget de 10 millions de dollars, Une Bible et un fusil n'en rapportera que 4,5 sur le continent américain, et seulement 17 au total dans le monde. A titre de comparaison, 100 dollars pour un shérif en avait rapporté 31.

Qui était Stuart Millar ?

Extrait d'une affiche américaine du film Hal Wallis Productions
Extrait d'une affiche américaine du film

Ce nom de Stuart Millar ne vous dit peut-être rien. Ce producteur américain s'est lancé dans le cinéma en 1957 en finançant Mon père, cet étranger, le premier long métrage de John Frankenheimer (et l'un des derniers du studio RKO, qui a fermé quelques semaines plus tard).

On lui doit aussi Les Feux du théâtre (deuxième film de Sydney Lumet, 1958), Les Blouses blanches de Phil Karlson (1961), mais aussi Le Prisonnier d'Alcatraz à nouveau par Frankenheimer (1962), L'Ombre du passé de Ronald Neame, Que le meilleur l'emporte de Franklin J. Schaffner (1964) ou Little Big Man d'Arthur Penn (1970).

En 1972, Millar s'est essayé à la mise en scène avec le western moderne Quand meurent les légendes avec Richard Widmark et Frederic Forrest, traitant de la situation des autochtones d'Amérique durant les années 50. Il enchaînera avec Une bible et un fusil (1975), qui sera donc son dernier long métrage de cinéma.

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Corentin Palanchini
Corentin Palanchini
-Chef de rubrique Infotainment
Il aime les superbes paysages (Ford), les sales gueules et les BO de Morricone (Leone), les héros indomptables (Hawks), les rebelles (Sollima), les solitaires (Eastwood), les délires (Les Mystères de l’ouest), la guerre de Sécession (The Good Lord Bird, Glory) et l'héritage de tout ça (Yellowstone).
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