"Ce personnage m'a rendu fou" : il y a 35 ans, cette scène culte du Silence des agneaux a été improvisée !
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On parle beaucoup de la fabuleuse composition d'Anthony Hopkins dans "Le Silence des agneaux". Mais il faut aussi rappeler celle, géniale, de Ted Levine sous les traits de Buffalo Bill, qui s'est même offert le luxe d'une fameuse séquence improvisée.

On ne répètera jamais assez à quel point Le Silence des agneaux est l'un des plus grands films et thriller du cinéma américain. Un genre qu'il a largement contribué à renouveler, inspirant par la suite d'autres longs-métrages phares comme Se7en.

Outre fait d'avoir le rarissime honneur de figurer dans le top 3 des oeuvres ayant réussi à obtenir les cinq Oscars principaux, le chef-d'oeuvre de Jonathan Demme a permis à Anthony Hopkins de livrer une terrifiante composition sous les traits du Dr Hannibal Lecter. Une performance oscarisée qui fut d'ailleurs classée première du Top 100 dressé par l'American Film Institute dans son palmarès des plus grands méchants de l'Histoire du cinéma, alors qu'il n'est pourtant présent que 16 min à l'écran.

Au milieu d'un casting à l'unisson, que ce soit évidemment Jodie Foster ou Scott Glenn, une pensée pour le sensationnel Ted Levine, qui incarne brillamment le tueur en série Buffalo Bill que traque le FBI. Un personnage qui n'est pas moins effrayant que Lecter d'ailleurs, et qui, lui aussi, est devenu culte : certaines de ses répliques ont été reprises, mises à l'honneur et parodiées d'innombrables fois dans de nombreuses séries télévisées et films au fil des années.

"Ce personnage m'a rendu fou"

Même si Ted Levine n'avait rien à redire sur la personnalité de Jame Gumb / Buffalo Bill telle qu'elle était décrite dans le scénario, l'acteur estimait que celle-ci ne rendait pas tout à fait justice au personnage, contrairement au livre de Thomas Harris. Ted Levine s'est toutefois inspiré du roman pour la scène emblématique vers la fin du film, dans laquelle il danse nu devant le miroir. Une scène totalement improvisée.

Enveloppé dans un châle et coiffé du cuir chevelu d'une de ses précédentes victimes, il danse sur Goodbye Horses de Q Lazzarus avant qu'une idée ne lui vienne à l'esprit. Il recule en levant les bras dans une posture évoquant des ailes, prolongeant ainsi le symbolisme du papillon de nuit et du papillon présent tout au long du film.

Revoici la scène...

Dans le cadre de ses recherches, Levine s'était rendu au siège du FBI à Quantico pour visionner des enregistrements vidéo d'un tueur en série qui retenait également des femmes captives dans sa cave, savourant le pouvoir qu'il exerçait sur ses victimes avant d'en tuer certaines. L'acteur a également fréquenté des bars de travestis, où il s'est entretenu avec les clients et les artistes afin de mieux cerner son personnage, comme il le racontera à Rolling Stone.

Dans un entretien accordé au Chicago Reader en 1991 (via Looper), Ted Levine racontera ainsi son vécu pour composer son personnage : "Ça a été difficile. Je ne jouerai plus jamais un personnage comme celui-là. J’aurais adoré me contenter de jouer le rôle tel qu’il est écrit dans le scénario, sans avoir à me préoccuper du livre ; ça aurait été tellement plus facile de travailler ainsi, et il y a tellement d’images dans le livre qui ne figurent pas dans le film. D’un côté, elles peuvent vous être utiles, mais de l’autre, on peut finir par trop en faire, ce qui est, je pense, ce que j’ai fait. Ce personnage m’a rendu fou". Qu'il se rassure : 35 ans plus tard, sa glaçante et géniale composition reste toujours aussi tétanisante.

Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.
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