Le 11 juin 1979, John Wayne disparaissait à 72 ans des suites d’un cancer de l’estomac. Trois ans auparavant, la légende hollywoodienne avait tourné son ultime film, Le Dernier des géants (The Shootist, de son titre original), un western au titre français particulièrement évocateur.
Dans ce long-métrage signé Don Siegel, le réalisateur de L’Inspecteur Harry, l’acteur prêtait ses traits à J.B. Books. Tireur redouté, celui-ci apprend qu’il est atteint d’un cancer et décide de vivre ses derniers jours selon ses propres règles. Une histoire qui, avec le recul, apparaît comme un véritable adieu au cinéma.
Un rôle intimement lié à son interprète
En 1976, l’état de santé de John Wayne est déjà fragile. La star a survécu à un cancer du poumon après avoir subi une lourde opération et plusieurs années de traitement, comme le raconte Duke, a love story : an intimate memoir of John Wayne’s last years’, écrit par Pat Stacy avec Beverly Linet.
Difficile, dès lors, de ne pas rapprocher le destin de J.B. Books de celui de l’homme qui l’incarne. Loin de l’image invincible qu’il avait façonnée au fil de ses nombreux westerns, John Wayne compose ici un héros diminué, conscient que le temps lui est compté. Sa retenue et sa gravité donnent au personnage une humanité bouleversante.
À travers lui, c’est également tout un genre qui semble tirer sa révérence. À une époque où le western classique a déjà perdu sa place dominante à Hollywood, Le Dernier des géants porte un regard mélancolique sur un monde en train de disparaître et sur les figures mythiques qui l’ont peuplé.
Dino De Laurentiis Company
Des partenaires prestigieux pour un dernier tour de piste
Pour accompagner John Wayne dans cette sortie de scène, Don Siegel réunit plusieurs grands noms du cinéma américain. James Stewart, Lauren Bacall, Richard Boone et John Carradine figurent ainsi au générique, aux côtés d’un jeune Ron Howard – qui l’avait d’ailleurs bluffé…
Cette distribution renforce la dimension crépusculaire du récit. Entouré de visages familiers du cinéma hollywoodien, Wayne semble passer le relais à une nouvelle génération avant de quitter définitivement l’écran.
Dino De Laurentiis Company
Un tournage éprouvant jusqu’au bout
L’acteur doit pourtant composer avec une fatigue chronique et d’importantes difficultés respiratoires. Une infection à l’oreille l’oblige même à interrompre le tournage pendant une dizaine de jours. Lorsqu’il revient sur le plateau, il enchaîne ses prises avant de s’isoler pour reprendre des forces.
Cette fragilité perceptible nourrit inévitablement son interprétation. Derrière J.B. Books, le spectateur entrevoit un John Wayne vieillissant, épuisé, mais toujours déterminé à tenir son rang jusqu’à la dernière scène.
Le testament cinématographique d’une légende
Avec ce personnage de pistolero confronté à sa propre mortalité, John Wayne referme sa filmographie d’une manière presque trop parfaite pour avoir été préméditée. Le Dernier des géants n’est donc pas uniquement son dernier film : il constitue aussi une réflexion émouvante sur la vieillesse, la dignité et la disparition d’une certaine idée du western américain.
Cinquante ans après sa sortie, cette œuvre demeure l’adieu profondément symbolique d’un acteur indissociable du genre qui a bâti sa légende.
Le Dernier des géants est aujourd’hui à redécouvrir en DVD et Blu-ray.
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