Quand on évoque le nom de Silent Hill, une petite lumière s'allume immédiatement dans l'esprit des joueurs, synonyme de cauchemar, de frayeur et d'angoisse psychologique.
Initiée en 1999 sur PlayStation par le studio japonais Konami, la saga a accouché de 12 jeux, dont 9 épisodes principaux et un remake, le fabuleux Silent Hill 2, sorti l'an dernier. Le 24 septembre, un nouvel opus est venu s'ajouter à la célèbre licence : Silent Hill Townfall.
Après une traversée du désert d'environ 10 ans, consécutive à l'annulation de Silent Hills (le projet d'Hideo Kojima) en 2015, la franchise a fait un retour fracassant l'an dernier avec un remaster complet du second volet, qui a fait l'unanimité auprès des fans.
Après la Silent Team, c'est la talentueuse Bloober Team qui nous avait offert ce remake splendide, à la hauteur des attentes des fans. Pour Townfall, c'est le studio Screen Burn Interactive qui a chapeauté le projet, et force est de constater qu'ils ont réussi haut la main ce pari fou, transposer l'univers de Silent Hill en Ecosse.
Konami
Autre pari très osé, imposer au joueur une vue subjective, rompant totalement avec les habitudes des aficionados de la saga, au risque de les perdre. Sur ce point, après quelques minutes un peu déconcertantes, on ne peut que constater l'évidence : ce choix amplifie encore plus l'aspect dérangeant, horrifique et angoissant du jeu.
Le récit se déroule en 1996. On se retrouve dans la peau de Simon Ordell, un homme de retour à St. Amelia, une petite ville côtière écossaise qu’il connaît déjà. Ce dernier a reçu une mystérieuse demande, celle de revenir pour "mettre les choses au clair".
Mais dès son arrivée, quelque chose ne va pas : la ville est plongée dans un épais brouillard et semble complètement abandonnée. Simon commence pourtant à entendre des bruits et des voix, comme si des événements se déroulaient autour de lui alors qu’il n’y a personne.
En explorant les rues, il tombe sur un téléphone public qui sonne. L'appel lui donne une étrange indication : il doit retrouver une femme appelée Zoe. Peu après, Simon se retrouve confronté à une version cauchemardesque de la ville, où la réalité semble progressivement se déformer.
Konami
Il découvre alors un mystérieux petit téléviseur portable, le CRTV, qui capte des signaux étranges. Ces transmissions semblent liées à ce qui se passe autour de lui et pourraient également être connectées à son propre passé.
Simon comprend donc qu'il n'est probablement pas revenu à St. Amelia par hasard. Et plus il avance, plus une question devient centrale : qu'est-ce qui s'est réellement passé ici, et quel rôle Simon a-t-il joué là-dedans ?
Fébrilement, le joueur aborde donc la peur au ventre son exploration de St. Amelia, muni de ce petit CRTV, l'une des nombreuses excellentes idées de ce Townfall. À l'instar de la radio qui grésille quand on approche d'ennemis, cette télé portative nous aide à capter les signaux ennemis, et d'autres fréquences qui nous font avancer dans l'aventure.
Dans la plus pure tradition de la saga, le jeu joue à fond la carte de l'horreur psychologique, distillant les informations au compte-gouttes, nous laissant volontairement dans un flou aussi énigmatique que le brouillard qui a envahi la ville.
Konami
Ainsi, on parcourt les rues et certains bâtiments avec une boule au ventre, craignant les créatures hideuses et dérangeantes qui peuvent se cacher au détour d'un sentier. Les développeurs ont eu l'excellente idée de nous donner le minimum d'objets pour nous défendre, comme des morceaux de bois ou des tuyaux, qui se cassent au bout de quelques coups.
Il convient donc de les utiliser avec intelligence et parcimonie, tout comme les balles de revolver, et privilégier la fuite ou l'évitement plutôt que l'affrontement. Pour ce faire, la CRTV nous aide beaucoup à repérer les monstres démoniaques qui peuplent les différents environnements.
Autre élément indispensable propre à la licence, la petite lampe de poche. Sans elle, difficile d'explorer cet univers très souvent plongé dans le noir. On bénit cette lumière à chaque partie ! Par ailleurs, la particularité du jeu réside aussi dans l'aspect "médical" de son intrigue, le tout directement lié au bestiaire.
Ainsi, Simon est doté d'un système avec poche de perfusion, permettant de recouvrer de la vie. On incarne aussi Zoe Ellis, une infirmière qui doit pratiquer certains actes médicaux. Certaines créatures cauchemardesques nous attaquent aussi avec une sorte de tuyau organique greffé sur la poitrine, relié à une seringue. Horrible !
Konami
Konami s'est même senti obligé d'inclure un message de prévention en début de partie pour prévenir les joueurs et joueuses sensibles aux séquences d'ordre médical. C'est dire !
Petit à petit, on découvre les tenants et les aboutissants qui ont mené Simon à St. Amelia, dans une plongée absolument démente dans les tréfonds de la psyché humaine. Certaines parties du jeu sont absolument anxiogènes, nous obligeant à véritablement avancer à pas feutrés.
Screen Burn Interactive a donc vraiment réussi avec brio cet épisode de Silent Hill, prolongeant brillamment l'Histoire de la saga, parvenant même à lui redonner un souffle nouveau. Le studio a su conserver l'histoire et l'identité du jeu original tout en modernisant énormément le gameplay, l'exploration, les énigmes, les environnements et les combats.
Konami
De plus, après Silent Hill f, qui emmenait déjà la franchise en dehors de la ville maudite pour aller au Japon, ce Townfall s'est délocalisé en Ecosse pour élargir le spectre maléfique. Bientôt un épisode en France ?
En attendant, un remake du premier opus est déjà en cours de développement. Bloober Team, le studio derrière le remaster de Silent Hill 2, a officiellement annoncé en juin 2025 travailler sur un remake de Silent Hill, en collaboration étroite avec Konami.