Comme si la tâche d’adapter un prix Nobel de littérature ne suffisait pas, la nouvelle production Netflix a également décidé de revisiter l’un des chefs-d’œuvre du cinéma américain. Et c’est donc avec une énorme pression sur les épaules que nous parviennent sur la plateforme les sept épisodes d’À l’est d’Éden.
Un des plus grands romans de la littérature américaine
À l’origine, il y a le livre À l’est d’Éden écrit par John Steinbeck, l’un des plus grands romanciers de l’histoire de la littérature américaine. Son immense succès a très vite valu au roman d’être adapté au cinéma dès 1955. Le long métrage d’Elia Kazan a par ailleurs offert à James Dean l’un de ses trois rôles majeurs, avec La Fureur de vivre et Géant.
Et 70 ans plus tard, une nouvelle version voit le jour. Et c’est nulle autre que Zoe Kazan, la petite-fille du cinéaste, qui s’attaque à cette nouvelle adaptation du roman de Steinbeck, cette fois-ci sous la forme d’une mini-série. Le programme est plus précisément inspiré de la deuxième partie du livre, et n’explore la première que sous la forme de flashbacks.
Qui succède à James Dean ?
L’acteur australien Mike Faist (Challengers) a été choisi pour succéder à James Dean dans le rôle de Charles Trask, tandis que son frère Adam est joué par Christopher Abbott (Raymond Massey dans le film de 1955). Enfin, Florence Pugh trouve un rôle à sa mesure avec celui de Cathy Ames, l’héroïne de l’histoire, qui avait valu à sa précédente interprète Jo Van Fleet l’Oscar de la Meilleure Actrice dans un second rôle en 1956.
Le format de sept épisodes offre à la série Netflix le luxe de se plonger véritablement dans la psychologie de ses personnages. Un avantage qui est également un inconvénient en termes de rythme, puisqu’il faut attendre deux épisodes pour que l’intrigue du programme se lance véritablement.
On retrouve dans cette version télévisée d’À l’est d’Éden tous les éléments qui font le succès d’une production historique : une superbe photographie, des décors et costumes magnifiques, et des interprètes à la hauteur. Tandis que le livre est apprécié pour son épaisseur et la lenteur de son récit, il s’agit là des mêmes éléments qui font défaut à la série.
Un récit qui prend (trop) son temps
Les deux premiers épisodes consistent à nous résumer la première partie du livre, sans véritablement faire avancer l’intrigue principale. À cela s’ajoute une voix-off qui permet d’identifier Cathy comme la protagoniste, mais qui alourdit considérablement la narration.
Passé ce constat, la série reste de grande qualité. Elle a pour mérite principal de remettre en lumière un classique de la littérature et d’offrir à ses interprètes – Florence Pugh en premier lieu – des rôles à la mesure de leur talent. Elle a aussi tous les aspects d’une grande fresque historique, qui tombe à point nommé en ces premiers jours d’automne.
Une adaptation plus respectueuse du livre
Un autre aspect qui la démarque du film est sa violence. Si le récit est beaucoup plus brutal dans son traitement des personnages (la relation entre Cyrus Trask et ses deux fils est un modèle de perversité narcissique), la violence y est également beaucoup plus présente. Ceci la rapproche ainsi davantage du livre de Steinbeck que le film, qui ne disposait pas à l’époque de sa sortie des mêmes libertés (le McCarthysme auquel n’est pas étranger Elia Kazan était encore en vigueur).
On l’aura compris, la série souffre surtout des comparaisons avec ses deux illustres modèles. Passé cela, et on imagine qu’un certain nombre d’abonnés Netflix n’auront ni lu le livre ni vu le film, la série À l’est d’Éden prend la forme d’une production de qualité que l’on ne serait pas étonné de retrouver l’an prochain au palmarès des Golden Globes et des Emmy Awards.
Les sept épisodes de la mini-série À l’est d’Éden sont à retrouver dès à présent en exclusivité sur Netflix.
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