La nouvelle adaptation d’À l’Est d’Eden, dès à présent disponible sur Netflix, ne peut échapper aux comparaisons avec le film de 1955. Et cela, Zoe Kazan s’y était préparée dès qu’elle s’est attelée à l’écriture du projet, dès 2020. Et pour cause, puisque la scénariste américaine n’est autre que la petite-fille d’Elia Kazan, le réalisateur du long métrage sorti il y a 70 ans !
La différence entre la série et le film
Cela peut paraître incroyable, Zoe Kazan n’a pas voulu écrire cette série pour rendre hommage au travail de son grand-père, mais parce qu’elle est une admiratrice du roman de John Steinbeck. Dans le portrait que lui consacre le magazine Time, nous apprenons qu’à l’adolescence, celle-ci a effectué avec ses parents un road-trip en Californie sur les traces des personnages du livre.
Et c’est à sa demande que ses agents se sont renseignés il y a près de dix ans sur la disponibilité des droits d’adaptation du roman. Près de six années de travail ont ensuite été nécessaires pour écrire puis porter à l’écran cette nouvelle version, avec une idée en tête : accorder une place centrale au personnage de Cathy (Florence Pugh) qui n’était qu’un personnage secondaire du film.
Une réponse au film de son grand-père ?
La série Netflix n’est donc pas un hommage au film d’Elia Kazan, mais une version complémentaire et dans un sens plus personnelle de son autrice. Et il n’était évidemment pas question pour cette dernière d’ignorer le travail de son grand-père, ni l’influence du film sur le cinéma américain de l’époque et des générations suivantes.
"L’ironie de tout cela ne m’a pas échappé. On peut littéralement dire que j’ai suivi le chemin tracé par ma famille", a-t-elle souligné à nos confrères du Times. "Je ne pense pas que je ferais correctement mon travail en tant qu’artiste si je n’avais pas en tête ma propre expérience familiale pendant que j’écrivais l’histoire de cette famille."
La version de 1955 a offert l’un des trois grands rôles de James Dean (avec Géant et La Fureur de vivre), et À l’Est d’Eden est le seul des trois qu’il aura pu voir au cinéma avant son décès. La version de 1955 qui n’adapte pas la totalité du livre de John Steinbeck est également vue comme une adaptation autobiographique d’Elia Kazan.
Une performance plus vraie que nature de James Dean
"Il a eu un père très distant et je crois que c’est ce qu’il a voulu représenter avec le personnage de Cal", souligne sa petite-fille. Produite en pleine période du Maccarthysme au cours de laquelle il a dénoncé plusieurs de ses collègues (ce qui lui vaudra ensuite d’être rejeté par Hollywood), le cinéaste y a semble-t-il projeté ses propres sentiments de culpabilité et d’abandon.
Le long métrage a en effet décidé de s’intéresser au mal-être de Cal, élevé par un père distant et abandonné par sa mère à la naissance. La description du personnage très proche de celle de James Dean, qui s’est littéralement fondu dans la peau du personnage via la méthode de jeu de l’Actor’s Studio.
La mini-série À l’Est d’Eden n’est donc pas qu’une simple adaptation moderne du roman de John Steinbeck. Elle est aussi l’histoire familiale de deux artistes, qui ont su s’emparer du récit original pour en tirer des versions complémentaires et représentatives de leurs époques respectives.
Les sept épisodes de la mini-série À l’Est d’Eden sont à retrouver dès à présent en exclusivité sur Netflix.
Découvrez la liste des séries actuellement disponibles sur la plateforme !