"Je n'avais jamais rien vu de tel" : comment Jenna Ortega est devenue un robot dans la jolie fable de science-fiction Klara et le soleil ?
par Maximilien Pierrette
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En attendant la saison 3 de "Mercredi", où elle renouera avec l'univers macabre de la série Netflix, Jenna Ortega joue les androïdes optimistes dans "Klara et le soleil", adaptation par Taika Waititi du roman de Kazuo Ishiguro.

Ça parle de quoi ?

Lorsque Klara rencontre Josie, chacune perçoit immédiatement chez l'autre une âme soeur. Josie entretient une relation compliquée avec sa mère et toutes deux ont traversé de lourdes épreuves. Mais l'émerveillement sincère de Klara et sa loyauté sans faille commencent peu à peu à apaiser les blessures de cette famille et à apporter de la lumière dans l'univers complexe de Josie.

Klara et le soleil
Klara et le soleil
Sortie : 21 octobre 2026 | 1h 56min
De Taika Waititi
Avec Jenna Ortega, Mia Tharia, Amy Adams
Spectateurs
3,1
Séances (43)

Here Komes the Sun

Sur le papier, voir Jenna Ortega incarner un robot n'est pas forcément une surprise. Car entre Mercredi et la suite de Beetlejuice, la comédienne est devenue une spécialiste des personnages marginaux, cyniques et dénués d'empathie. Sauf que le nouveau film réalisé par un Taika Waititi plus proche de Jojo Rabbit ou The Hunt for the Wilderpeople que de Thor Ragnarok, boxe moins dans la catégorie de Blade Runner ou Terminator que celle de L'Homme bicentenaire ou du déchirant After Yang, auquel on pense plus d'une fois devant cette fable de science-fiction.

Il est en effet question d'émotions, de deuil et de perte à combler, entre autres choses, dans cette adaptation du roman homonyme de Kazuo Ishiguro qui, comme plusieurs des écrits de l'auteur anglais d'origine japonaise (Auprès de moi toujours ou le scénario du remake de Vivre), questionne la notion d'humanité. Dans le cas présent, au sein d'un monde dystopique en pleine reconstruction après une Troisième Guerre Mondiale qui a notamment eu raison d'internet, et dans lequel on peut acheter des Amis Artificiels pour en faire ce que l'on veut.

Sony Pictures Releasing France

Issue de la génération précédente, donc menacée d'obsolescence à très court terme, Klara en est un, que sa rencontre avec la jeune Josie (Mia Tharia) va sauver. Avant de mettre son optimisme à rude épreuve et son adoration du soleil, dont elle tire son énergie, à rude épreuve. Si le drame pointe, petit-à-petit, le bout de son nez, la première moitié du récit prend des allures de comédie sur un poisson hors de l'eau, avec ce que cela implique de gags, malentendus et autres comportements en décalage avec les normes de la société à laquelle elle tente de s'adapter. Et permet à Jenna Ortega de s'illustrer dans un registre différent et moins cynique que celui qui lui a valu le succès que l'on connaît.

"J’ai été attirée par ce personnage de Klara parce qu’elle est peu conventionnelle et curieuse", dit la principale intéressée dans le dossier de presse. "Klara était différente de tout ce que j’avais fait auparavant et j'ai été frappée de voir à quelle point elle était belle. Je suis instantanément tombée amoureuse d'elle car je n’avais jamais rien vu de tel auparavant. Klara est obsédée par l’amour et la recherche de celui-ci. Elle est aussi obsédée par l’idée de trouver son but, ce que nous essayons tous de faire."

"Jenna possède une immobilité que bon nombre d'acteurs passent leur carrière à essayer de trouver"

"Infiniment vibrante" et dotée d'une "énergie cool en plus de faire preuve d'une implication sans faille au moment de donner vie à Klara", selon le metteur en scène, Jenna Ortega s'est donc révélée être l'interprète idéale pour l'héroïne. Et cette fois-ci, ses rôles de Mercredi Addams ou Astrid Deetz ont eu un impact sur son choix : "Elle possède une immobilité que bon nombre d'acteurs passent leur carrière à essayer de trouver", raconte le producteur Garrett Basch. "Klara est un personnage qui observe avant d'agir, et Jenna est parvenue à rendre la phase d'observation vivante."

"Il est fascinant de voir l'une des actrices qui sait le plus se contrôler aujourd'hui parvenir à s'ouvrir de la sorte." Et c'est en effet l'un des charmes de cette jolie fable, qui nous permet de vite nous attacher à ce personnage qui aurait vite pu devenir caricatural et/ou agaçant, mais dont Jenna Ortega et Taika Waititi ont voulu transcender le côté artificiel, à l'heure où l'IA prend de plus en plus de place, y compris dans la conception d'un long métrage.

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"L'intelligence artificielle tire ses informations d'internet, alors que Klara se nourrit du monde réel. Donc il y a une petite différence", a précisé la comédienne à Variety le soir de l'avant-première du film au Festival de Londres. "Elle ressemble plus à un enfant en bas âge quelque part. Et la jouer ainsi dans ce film était particulièrement intéressant car Taika recherchait une approche plus humaine, donc il ne voulait pas que mes mouvements soient trop robotiques, qu'on soit plus sur quelqu'un de maladroit et ignorant."

"Ce n'est pas l'un de ces films dans lesquels une machine dotée d'intelligence artificielle semble sympathique avant de devenir sinistre et de tuer les gentils. Ce n'est pas ce type d'histoire", ajoute Kazuo Ishiguro. "J'aimerais qu'il permette aux gens de se souvenir de ce qu'est l'amitié, de ce que c'est que de se connecter aux gens et d'être tout simplement", dit de son côté le réalisateur Taika Waititi. "Être dans l'instant présent." "Je pense que nous devons nous focaliser sur les autres, et laisser de côté nos ordinateurs et téléphones", conclut Jenna Ortega. Si c'est l'effet que vous procure Klara et le soleil, alors cette fable aura réussi sa mission.

Maximilien Pierrette
Maximilien Pierrette
-Rédacteur cinéma
Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.
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