44 ans après, on utilise encore cette réplique culte, prononcée par Thierry Lhermitte et entrée dans le langage courant
par Vincent Formica
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Dans Le Père Noël est une ordure, cette réplique mythique de Thierry Lhermitte est devenue le sommet de l’ironie polie. Découvrez les coulisses et l'origine réelle de cette phrase absolument culte !

En 1982, Le Père Noël est une ordure débarque dans les salles obscures, et devient un véritable phénomène ! Après avoir conquis 1,5 million de spectateurs au cinéma, le film de Jean-Marie Poiré se transforme rapidement en film culte, puis en classique de la comédie française.

Le Père Noël est une ordure
Le Père Noël est une ordure
De Jean-Marie Poiré
Avec Anémone, Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel
Sortie le 25 août 1982
Spectateurs
4,1
Streaming

Porté par la troupe du Splendid, de Josiane Balasko à Thierry Lhermitte en passant par Christian Clavier, Marie-Anne Chazel, Anémone ou Gérard Jugnot, le long-métrage regorge de scènes culte et de répliques cinglantes !

En effet, s'il est un monument de la comédie corrosive, c’est bien Le Père Noël est une ordure. Et au panthéon de ses répliques, le fameux "C’est cela, oui…" susurré par Thierry Lhermitte détient une place de choix !

Moins d'un demi-siècle après sa sortie, ce petit bout de phrase s'est imposé comme l'arme absolue de l'ironie polie. Mais d’où vient ce joyau de condescendance et pourquoi nous fait-il encore tant jubiler ?

Un monument d’hypocrisie dans un océan de détresse

Pour bien saisir la saveur du "C'est cela, oui", il faut se replonger dans le chaudron de détresse humaine qu’est la permanence parisienne de Détresse Amitié le soir de Noël. Face à l'hystérie collective qui monte, entre Zézette et son caddie, Félix et son pistolet, et Katia le travesti dépressif, le personnage de Pierre Mortez, incarné par Thierry Lhermitte, oppose un flegme bourgeois absolument désopilant.

Pierre est un gentil lâche, pétri de condescendance humanitaire. Ce "C’est cela, oui" est sa bouée de sauvetage. C’est la formule magique qu’il dégaine dès que la réalité sociale l'agresse ou dépasse son entendement. Il le prononce notamment quand Thérèse s’emballe, ou face aux excentricités de ses interlocuteurs.

L'acteur étire les voyelles, rétrécit ses yeux derrière ses lunettes de gendre idéal, et lâche son verdict avec une douceur feinte qui cache un mépris abyssal. Le contraste est total, le comique de répétition imparable.

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L’origine réelle : un règlement de comptes en douceur

Si la réplique sonne si juste, c'est qu'elle a été chipée à la vraie vie, et plus précisément à l'agent artistique historique de la troupe du Splendid, un certain Georges Lambert. Patrice Leconte, réalisateur des Bronzés et complice de toujours de la troupe, a révélé cette savoureuse genèse sur le plateau de C à vous en 2023.

"Quand ça a commencé à marcher pour eux, les acteurs du Splendid ont voulu quitter leur agent, Georges Lambert, parce qu'ils trouvaient qu'il n'en faisait pas assez."

Thierry Lhermitte a été désigné par le destin pour lui annoncer la rupture. Face à l’agent qui fumait ses cigarettes au bout d'un long fume-cigarette, l'acteur "s'est pris les pieds dans le tapis en tentant d’expliquer délicatement la situation". Georges Lambert l’a alors fixé, a tiré une bouffée, puis a lâché dans un calme olympien : "C’est cela, oui…"

L’intonation était si parfaite, si chargée de déni et de détachement feint, que Lhermitte l'a immédiatement gardée en mémoire pour façonner le tic de langage de son personnage de donneur de leçons hypocrite. Jean-Marie Poiré, le réalisateur, s'est d'ailleurs réjoui d'intégrer ce mimétisme criant de vérité.

Pourquoi est-elle devenue culte ?

Le coup de génie de cette réplique tient à sa formidable plasticité. Elle est entrée dans le langage courant car elle verbalise une attitude universelle : la politesse d'apparat qui masque une totale indifférence ou un scepticisme poli.

Dire "C’est cela, oui", c’est signifier à son interlocuteur : "Je t’écoute, je n’en crois pas un mot, tu m'ennuies profondément, mais mon éducation m'interdit de te frapper."

C'est le triomphe du passif-agressif à la française, l’élégance du mépris drapée dans un faux assentiment. Aujourd’hui encore, dans nos bureaux ou nos dîners de famille, qui n'a jamais glissé un "C’est cela, oui" pour clore un débat stérile avec un collègue un peu trop sûr de lui ?

C'est toute la force du Splendid : avoir transformé un petit travers de coulisses en un miroir intemporel de nos propres lâchetés quotidiennes. Un délice absolu, oui ! Et la réplique se retrouve même dans la bouche d'un certain Dr Denfer dans la saga Austin Powers ! Un régal !

Vincent Formica
Vincent Formica
-Journaliste cinéma
Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.
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