On connaît son amour des dialogues ciselés, son sens du rythme et son exigence artistique. Mais lorsqu’il quitte l’univers de Kaamelott, Alexandre Astier est aussi un spectateur passionné, capable de s’enthousiasmer aussi bien pour une comédie française des années 60 que pour un classique du cinéma américain.
En octobre 2025, à l’occasion de la promotion de Kaamelott – Deuxième Volet [partie 1], le réalisateur s’est prêté à un exercice toujours délicat pour un cinéphile : recommander quelques films à voir absolument. Interrogé séparément par RTL et dans l’émission En Aparté, il a livré deux sélections qui, une fois réunies, dessinent un classement de cinq œuvres particulièrement chères à son cœur.
Et certaines pourraient bien vous surprendre !
Deux classiques américains qui l’ont profondément marqué
Parmi les titres cités à deux reprises par Alexandre Astier figure Les Vestiges du jour, drame réalisé par James Ivory en 1993, avec Anthony Hopkins et Emma Thompson. Adapté du roman de Kazuo Ishiguro, le film suit un majordome britannique dont le dévouement absolu à son métier l’empêche de vivre pleinement ses sentiments.
Pour le créateur de Kaamelott, cette œuvre frôle tout simplement la perfection.
“Je pense que vous n’avez pas besoin de moi, mais je vais quand même vous en donner”, commence par plaisanter Alexandre Astier au micro de RTL, avant de poursuivre : “D’abord, Les Vestiges du jour. Je pense que celui-là, il faut le voir pour tout. La musique, la qualité du jeu, l’image... Pour moi c’est un petit bijou, c’est une perfection.”
Autre incontournable à ses yeux : The Big Lebowski, comédie déjantée des frères Coen sortie en 1998. Porté par Jeff Bridges dans le rôle de l’inoubliable Dude, ce film devenu culte n’a pourtant pas immédiatement convaincu Alexandre Astier.
“Et je pense qu’il faut voir The Big Lebowski. La première fois que je l’ai vu, j’ai trouvé ça chelou un peu. Je n’ai pas aimé tout de suite. Mais maintenant, je vous en parle comme d’une recommandation d’un des meilleurs films du monde ; donc, comme quoi, il faut peut-être le voir deux fois”, reconnaît-il.
Jean Gabin et Michel Audiard, un duo irrésistible
Le troisième choix d’Alexandre Astier lors de son passage sur RTL nous ramène au cinéma français des années 60, avec Les Vieux de la vieille, comédie de Gilles Grangier sortie en 1960.
Dans ce film porté par Jean Gabin, Pierre Fresnay et Noël-Noël, trois vieux amis décident de semer la pagaille dans une maison de retraite. Une histoire savoureuse, dont les dialogues portent la signature de Michel Audiard. Un humour qui demande parfois un petit temps d’adaptation, comme le reconnaît lui-même le réalisateur.
“Je pense qu’il faut voir Les Vieux de la vieille. Le langage, au début, c’est un peu compliqué parce que c’est très daté. En plus, c’est dialogué par Michel Audiard, et ça va très vite. Mais c’est impossible de ne pas trouver ça bien”, assure-t-il.
Un choix qui n’a finalement rien d’étonnant de la part du créateur de Kaamelott, lui-même réputé pour ses répliques percutantes et son goût pour les échanges aussi rapides qu’absurdes.
“Un texte de taré, des dialogues de fou”
Dans En Aparté, Alexandre Astier a également défendu un autre monument du cinéma français : Garde à vue, thriller policier de Claude Miller sorti en 1981.
Réunissant Lino Ventura, Michel Serrault et Guy Marchand, ce huis clos repose essentiellement sur un interrogatoire tendu entre un inspecteur et un notable soupçonné de meurtre. Un dispositif minimaliste qui, selon Astier, rappelle que le cinéma n’a pas besoin d’effets spectaculaires pour captiver son public.
“Je pense qu’il faut absolument avoir vu Garde à vue. À une époque où on dit : ‘Le cinéma est spectaculaire ou rien.’ Il faut faire venir les gens dans les salles pour des choses qui démontent les plafonds parce que sinon on peut le faire chez soi. C’est un peu vrai de temps en temps, pas toujours.”
Et de développer avec enthousiasme : “Garde à vue, c’est quand même un bureau, Lino Ventura d’un côté, Michel Serrault de l’autre, Guy Marchand en fond. Une belle lumière, une belle musique, un texte de taré, des dialogues de fou. Ça marche très très bien au cinéma, il faut le voir celui-là.”
Une véritable déclaration d’amour à un cinéma où la puissance des acteurs et de l’écriture suffit à tenir le spectateur en haleine.
“Pour moi, c’est le biopic parfait”
Enfin, impossible pour Alexandre Astier, lui-même musicien et compositeur, de passer à côté d’Amadeus, le chef-d’œuvre de Miloš Forman sorti en 1984. Récompensé par huit Oscars, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur, ce drame historique retrace de manière romancée la vie de Wolfgang Amadeus Mozart, à travers sa rivalité avec le compositeur Antonio Salieri.
Mais ce qui fascine particulièrement Alexandre Astier, c’est la façon dont le long-métrage s’affranchit de la stricte réalité historique pour construire une véritable tragédie autour du génie et de la jalousie.
“Pour moi, c’est le biopic parfait. Le biopic est un exercice extrêmement compliqué, car on se fait avoir par les faits. Mais en fait, on écrit des contes de fées, nous. On n’est pas là pour écrire des faits. Les faits, ça ne suffit jamais. Amadeus en est la preuve. On prend des faits, oui, mais il y a une pièce de théâtre à la base de tout ça. Il y a un truc thématique sur le talent, sur l’injustice du Don de Dieu”, souligne-t-il.
Cinq films, cinq univers très différents, mais un point commun : une écriture soignée, des personnages mémorables et une mise en scène au service du récit. Des qualités qui semblent particulièrement importantes aux yeux du créateur de Kaamelott.
Les admirateurs d’Alexandre Astier devront encore patienter avant de retrouver Arthur et ses chevaliers. Sorti en octobre 2025, Kaamelott – Deuxième Volet [partie 1] connaîtra sa suite le 10 mars 2027, et non le 11 novembre 2026 comme initialement annoncé. Un report décidé par le distributeur SND, notamment pour éviter une concurrence trop importante dans les salles.
En attendant, les spectateurs peuvent retrouver Kaamelott – Deuxième Volet [partie 1] sur Canal+, et/ou découvrir les cinq films recommandés par son créateur.