Pour des millions de téléspectateurs, il restera à jamais l'inoubliable Almanzo, le tendre époux de Laura Ingalls. Des décennies après la fin de La Petite maison dans la prairie, Dean Butler s'est confié au micro de Yahoo sur les coulisses de la série culte et sur la personnalité complexe de son créateur et patriarche, Michael Landon, alias Charles Ingalls.
Que celui ou celle qui n’a jamais fredonné les premières notes sautillantes du générique de David Rose jette la première pierre. Véritable monument de l'histoire télévisuelle, multi-rediffusée et chérie par plusieurs générations, La Petite maison dans la prairie continue d’occuper une place à part dans le coeur des sériephiles.
Arrivé lors de la sixième saison sous les traits du jeune fermier Almanzo Wilder, Dean Butler est instantanément entré dans la légende du petit écran en faisant battre le coeur de la jeune Laura (Melissa Gilbert).
Si le comédien a par la suite promené sa silhouette dans d’autres fictions marquantes des années 90 et 2000, notamment dans Buffy contre les vampires, où il campait le père de l’héroïne, ou encore dans JAG, Walnut Grove demeure son port d'attache.
Interrogé par le média américain Yahoo, l’acteur est revenu avec franchise et tendresse sur la dynamique si particulière qui le liait au patron des lieux : Michael Landon.
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Un mentor exigeant, mais pas un copain de chambrée
À l'écran, Charles Ingalls représentait la bonté incarnée et la figure paternelle absolue. En coulisses, la réalité du plateau était bien plus professionnelle. Dean Butler l'affirme sans détour : il considérait avant tout Michael Landon comme "un mentor" plutôt que comme un camarade de jeu.
"Je ne dirais pas que Michael était mon ami. Ce n'était pas mon ami", a ainsi clarifié le comédien. Une mise au point sans amertume, que Butler explique par la structure même du tournage : selon lui, les jeunes comédiens de la distribution entretenaient une proximité plus spontanée avec la star parce qu’ils n'attendaient rien de lui sur le plan professionnel.
Les acteurs adultes, en revanche, abordaient forcément leurs rapports à travers le prisme de leur carrière et des rivalités de métier. En effet, Michael Landon cumulait alors les casquettes : producteur, scénariste, réalisateur et tête d'affiche. Une charge colossale qui forgeait un tempérament d'acier, loin de l'image d'Épinal.
Ce n'était pas un homme parfait. Il y a cette mythologie, ou plutôt cette mythification de Michael comme quoi il était un saint. Et il ne l'était pas.
"Ce n'était pas un homme parfait. Il y a cette mythologie, ou plutôt cette mythification de Michael comme quoi il était un saint. Et il ne l'était pas", rappelle Dean Butler, tout en saluant le génie du showrunner qu'il qualifie de "force créative absolue". Ce regard lucide fait écho aux révélations publiées par Karen Grassle (l'éternelle Caroline Ingalls) dans ses mémoires.
L'actrice y relatait les tensions en coulisses, notamment le refus catégorique de Landon de lui accorder une revalorisation salariale, estimant son personnage secondaire, ainsi que des propos parfois crus sur le plateau et une pression pour la pousser vers la sortie, avant qu'ils ne finissent par faire la paix avant la disparition du cinéaste en 1991.
Un rôle décroché en un regard depuis un canapé
Malgré les exigences du patron, Dean Butler n’oublie pas qu’il lui doit l’opportunité de sa vie. Toujours auprès de Yahoo, l'acteur s'est remémoré son audition passée sous le regard attentif de Michael Landon, assis en retrait sur un canapé. À la fin de sa prestation, Landon s’est simplement approché du jeune débutant pour lui lancer :
"Qu'avez-vous de prévu la deuxième semaine du mois de mai ?" Craignant d'abord une promesse en l'air comme Hollywood en fabrique tant, le jeune comédien a pourtant rejoint les plateaux deux jours seulement après avoir décroché son diplôme à l'Université du Pacifique, à Stockton en Californie. Le début d'une aventure inoubliable dans la poussière de l'Ouest américain, qui continue d'émouvoir des millions de fidèles.