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    "Darshan" : rencontre avec une sainte !
    30 nov. 2005 à 07:00
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    AlloCiné a rencontré Amma, la vedette du "Darshan" de Jan Kounen. Découvrez sans tarder cette activiste religieuse indienne considérée par beaucoup comme une sainte.

    Tout un symbole : c'est dans un appartement privé, face à deux églises (l'une arménienne, l'autre catholique) que Sri Mata Amritanandamayi Devi, activiste religieuse indienne considérée par beaucoup comme une sainte et plus communément appelée Amma, nous a reçus... avec un darshan (ndlr : une étreinte) ! Alors que vous vous apprêtez à lire l'entretien que nous a accordé la vedette du Darshan - l'étreinte de Jan Kounen, entrez en ces lieux, laissez vos chaussures à l'entrée et servez-vous un thé. Embarquement au-delà du réel.

    Vous avez l'air assez timide. Qu'est-ce que Michel de la Roche [producteur] et Jan Kounen vous ont dit pour vous convaincre de faire le film ?
    Sri Mata "Amma" Amritanandamayi Devi :Il y a tant de personnes qui viennent tourner, des caméras de Chine et de bien des pays... il y a un va et vient constant, je n'ai pas senti la différence. Je ne savais pas que cela allait faire un film, ni même qu'il serait présenté au Festival de Cannes. Aujourd'hui encore, je n'en sais pas beaucoup plus.

    Vous n'avez pas vu le film ?
    Non.

    Quel dommage ! Mais on peut imaginer que vous n'ayez pas trop de temps à consacrer au cinéma...
    (rires)

    Qui êtes vous, Amma ? Un gourou, une déesse, une sainte ?
    Je ne veux porter aucune de ces étiquettes. Je n'ai aucune revendication, je me suis offerte au Seigneur. Une fois que vous êtes une offrande, comment pouvez-vous demander quoi que ce soit ? Le corps doit périr un jour. Ainsi plutôt que de rester oisif, il vaut mieux le mettre au service de la société.

    Pensez-vous que votre message peut s'adapter facilement à l'Europe et à la pensée occidentale ?
    Il y a des différences considérables entre l'Occident et l'Orient, mais l'amour et la paix sont universels. Partout où vous prenez du miel, c'est doux ; du feu, ça brûle ; ou le lait des vaches - il est toujours blanc. De même pour l'amour et la paix : ils transcendent les barrières de langue, culture et nationalité.

    D'aucun pourront dire que votre système s'apparente à une secte. Ce n'est pas très facile pour certains, rationalistes, d'accepter cette forme de croyance, le système des gourous et des disciples...
    Il y a beaucoup de malentendus. Les principes fondateurs de toutes les religions reposent sur l'amour et la religion, et je les vis de l'intérieur, en les exprimant à travers mes actes. Beaucoup de pays ont des problèmes de sectes, c'est pourquoi les gens sont suspicieux. Cependant je ne prêche pas une religion, je ne suis pas sectaire, je ne dis pas que ce que j'enseigne est LA Voie Sacrée, la seule et unique. Je laisse toute liberté aux gens qui viennent me voir. Je donne même des mandras [incantation gestuelle, ndlr] au Christ, à Bouddah, pour l'Islam, pour l'amour, la compassion sous toutes leurs formes. Il y a des chrétiens qui sont venus me voir, qui n'étaient pas très pratiquants et qui sont repartis avec un renouveau de foi. Je dis au gens de rester dans leur religion, il n'ont pas besoin de se convertir à autre chose. Simplement d'ouvrir leurs esprits. Et puis l'organisation de Mère Théresa, par exemple n'a jamais été dépeinte comme une secte...

    Vous vous souvenez de votre première étreinte ?
    Je fais tout en m'oubliant, alors je ne me souviens pas. Je ne vois que la douleur des gens.

    Vous la ressentez ?
    Oui, j'en fais l'expérience. Quand ils pleurent, je le sens profondément, leur tristesse se reflête en moi.

    Et il y en a beaucoup ?
    Il n'y a personne qui n'en ressente pas d'une manière ou d'une autre. Là où il y a des désirs, il y a de la tristesse. Mais il n'y a pas que des gens tristes qui viennent me voir, l'attitude générale est celle d'enfants qui viennent trouver leur mère.

    Où trouvez-vous la beauté alors ?
    Tout n'est que beauté. Je la vois dans toute chose. Regardez la Nature. Toute belle chose vient d'une chose mauvaise. Par exemple certaines fleurs émergent de l'argile, donc de la boue, dont on peut aussi faire des assiettes qui nous servent à manger... les vaches mangent de l'herbe, et cette herbe devient lait, nourriture. Tout bien émerge du soi-disant mauvais.

    Pensez-vous que le film aidera les gens à comprendre vos valeurs et vos croyances ?
    Cela dépend de la perspective dans laquelle vous vous posez. Quand un scientifique voit une fleur, son premier mouvement est de vouloir l'étudier, alors qu'un poète voudra en écrire un poème. Pour un insecte elle n'est que de la nourriture, un amoureux en fera cadeau à son amie et un dévôt en fera une offrande à Dieu. Le film est comme la fleur !

    Propos recueillis le 28 octobre 2005 par Jérémy Noé
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    Commentaires
    • kroknot
      Je donne même des mandras [incantation gestuelle, ndlr] vous faites un amalgame : le mudra est une gestuelle utilisée dans les rituels religieux, ainsi que dans la danse. le mantra (que donne Amma) est une espèce de phrase sacrée, composée de quelques mots en sanscrit (langue ancestrale) qui n'ont rien à voir avec la gestuelle mais plutôt avec la méditation : réciter un mantra, à l'adresse de Krishna, Jésus, ou à l'amour ou la nature, permet de se concentrer, se recueillir et s'apaiser. Une sorte de prière en somme. Il serait dommage de diffuser une mauvaise information...
    • kroknot
      Le producteur s'appelle Manuel De La Roche et non Michel...
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