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    Le torchon brûle entre Clint Eastwood et Spike Lee
    11 juin 2008 à 14:30

    Les cinéastes Clint Eastwood et Spike Lee se livrent à une guerre par médias interposés à propos du rôle des soldats noirs durant un épisode de la Guerre du Pacifique en 1945.

    La controverse a éclaté lors du dernier Festival de Cannes. Alors qu'il présentait un court extrait de son prochain film, Miracle à Santa-Anna, où l'histoire de quatre soldats noirs américains durant la Seconde Guerre mondiale, le metteur en scène Spike Lee avait lancé la polémique en reprochant à Clint Eastwood de ne pas avoir fait figurer de soldats noirs dans ses deux films sur la bataille d'Iwo Jima, Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima, tous deux sortis fin 2006. Spike Lee devrait "la fermer" "Clint Eastwood a fait deux films sur Iwo Jima qui dépassaient les quatre heures au total et pas un acteur noir n'est vu à l'écran"", a expliqué le porte-voix de la communauté noire américaine grâce à des films comme Do the Right Thing ou Malcolm X. "Dans sa version d'Iwo Jima, les soldats noirs n'existaient pas", a-t-il encore affirmé. La réponse de l'acteur et réalisateur de 78 ans, quintuple oscarisé, n'a alors pas tardé à se faire savoir dans un entretien publié par le journal britannique The Guardian, le cinéaste intimant l'ordre à Lee de "la fermer." "A-t-il seulement étudié l'Histoire ?", a demandé l'interprète de L'Inspecteur Harry en défendant la distribution de Mémoires de nos pères, l'histoire des soldats ayant hissé le drapeau américain sur l'île volcanique au terme d'une effroyable bataille. Tout en reconnaissant la présence de Noirs à Iwo Jima, Clint Eastwood a alors expliqué qu'"ils n'ont pas hissé le drapeau." "L'histoire est celle (...) de la photo au drapeau, et ils (les Noirs) n'ont pas fait cela", a dit Eastwood. "Si je mettais un acteur afro-américain à cet endroit, les gens diraient : "Ce mec a perdu la raison." Ce n'est pas conforme" à l'Histoire, a-t-il insisté. "On n'est pas dans une plantation" Suite à cet article, Spike Lee est alors revenu à la charge en affirmant que la star de Million Dollar Baby ressemblait à "un vieux grincheux." "D'abord, ce n'est pas mon père, et on n'est pas non plus dans une plantation", a dit le réalisateur, cité par le site internet de la chaîne ABC, dans une référence implicite à l'esclavage. "C'est un grand cinéaste. Il fait ses films, je fais mes films. Mais je ne l'ai pas attaqué personnellement. Et une déclaration comme "un mec comme ça devrait la fermer"... allons, Clint, allons", s'est exclamé Spike Lee. "S'il le veut, je peux rassembler des Noirs qui ont combattu à Iwo Jima et je lui dirais d'affirmer à ces gars que ce qu'ils ont fait n'était rien et qu'ils n'ont pas existé", a proposé le réalisateur. Appelés à trancher la querelle, des historiens ont fait valoir que chacun des cinéastes pouvait avoir raison. Clint Eastwood, dont le prochain long métrage, The Human Factor, relatera l'unification de l'Afrique du Sud par Nelson Mandela en 1995 grâce à la victoire des Springboks lors de la Coupe du monde de rugby, a conclu avec humour : "Je ne vais pas rendre Nelson Mandela blanc." En attendant la prochaine déclaration de Spike Lee. Aline Honigmann avec AFP

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