Le cinéma français à nouveau en deuil. Pierre Vaneck, visage populaire du théâtre et du cinéma français, est décédé dimanche matin à l'âge de 78 ans des suites d'une opération cardiaque non supportée. Acteur "atypique, rigoureux et exigeant" selon Fabrice Luchini qui lui rend hommage, Pierre Vanecka été très actif au théâtre et dans les séries TV, ainsi qu'au cinéma où il fut à l'affiche d'une trentaine de films, parmi lesquels Un Nommé La Rocca, L'année des méduses, La Légion saute sur Kolwezi, La Science des rêves ou encore Deux jours à tuer, dans lequel il incarne le père de Albert Dupontel.
Du Viêtnam à Paris
Né à Langson au Viêtnam d'un père officier belge, Pierre Auguste Van Hecke, dit Pierre Vaneck, passe sa jeunesse à Anvers avant de poursuivre des études médecine à Paris. Après quelques temps, il décide de s'inscrire aux Cours d'Art Dramatique de René Simon, pour aboutir à ceux du Conservatoire, et notamment la classe de Henri Rollan. En attendant de décrocher son premier rôle, il arrondi ses fins de mois en fabricant des courroies dans une usine et en contant des poèmes dans les cabarets le soir.
Il fait ses premières armes sur les planches, au théâtre Saint-Martin en décrochant, en 1952, le rôle de Louis XIII, dans une nouvelle adaptation du livre de Alexandre Dumas Père, Les Trois Mousquetaires. Deux ans après, il joue pour la première fois au cinéma dans Marianne de ma jeunesse de Julien Duvivier. Enorme succès de ce film poétique. Cette première apparition au septième art, fixe immédiatement son image de jeune premier romantique.
Une carrière éclectique
Il va essayer, par la suite, de se débarasser de cette image qui lui colle à la peau, en enchaînant des participations avec Pierre Kast (La Morte Saison des amours, 1961, qu'il retrouvera également pour Vacances portugaises en 1963, et pour Le Soleil en face en 1980) ou Carlos Vilardebo (Les Iles enchantées, 1966), qui remportent des succès d'estime. C'est pour cette raison qu'il acceptera des rôles rôles violents et exposés, comme dans Pardonnez nos offenses de Robert Hossein, dans Celui qui doit mourir de Jules Dassin, réalisés la même année (1956), ou encore Une Balle dans le canon, de Michel Deville, sorti en 1958.
Malgré ses rôles dans des oeuvres connues et reconnues (Les Amours celebres de Michel Boisrond, Paris brûle-t-il ? de René Clément) et des collaborations avec des metteurs en scène célèbres, tel Jean Becker pour Un nommé La Rocca (qu'il retrouvera 47 ans plus tard pour Deux jours à tuer), il prend peu à peu ses distances à l'égard du cinéma : Vent d'est (Robert Enrico, 1993), Furia (Alexandre Aja, 2000), Là-bas, mon pays (Alexandre Arcady, 2000), La Science des rêves (Michel Gondry, 2006) sont ses dernières appartitions.
Avec AFP