Le réalisateur iranien Jafar Panahi a été condamné à six ans de prison par un tribunal iranien et la justice lui a interdit de réaliser des films ou de quitter le pays pendant les vingt prochaines années. Le metteur en scène, qui avait déjà été emprisonné le 1er mars dernier pour avoir soutenu les opposants au régime, avait été libéré à la fin du mois de mai dernier après le versement d'une caution de 200 000 dollars. Durant son séjour en prison, le réalisateur avait entamé une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention. Invité au Festival de Cannes, celui-ci n’avait pu s’y rendre mais de nombreuses personnalités lui avaient apporté leur soutien. Son avocate, Farideh Gheirat a précisé "M. Panahi a été condamné à six ans de prison pour participation à des rassemblements et pour propagande contre le régime." avant d’ajouter "Il est frappé d'une interdiction de réaliser des films, d'écrire des scénarios, de voyager à l'étranger ou de donner des interviews à des médias locaux ou étrangers durant les 20 prochaines années». Celle-ci a par ailleurs annoncé sa décision de faire appel. Soulignons, que le jeune réalisateur, Mohammad Rasoulof, qui travaillait sur un film avec Jafar Panahi avant son arrestation, a également été condamné à six ans de prison pour des faits similaires.
Réactions et soutien
Du côté des réactions, Frédéric Mitterrand, le ministre français de la Culture, a fait part de son « indignation » en qualifiant la condamnation de Jafar Panahi de « pseudo-jugement ». Pour Bernard-Henri Lévy, le réalisateur a été condamné "sur le soupçon d'avoir l'intention de réaliser un film sur le mouvement vert (l'opposition lors de l'élection présidentielle en 2009). Son seul crime est d'avoir soutenu Mir Hossein Moussavi, le candidat de l'opposition". Le délégué général du festival de Cannes, Thierry Frémaux a pour sa part appelé à "agir vite" et cherche à organiser un comité de soutien avec la cinémathèque française et la Société des auteurs et compositeurs dramatiques présidée par Bertrand Tavernier. Thierry Frémaux a rappelé qu'au ""terme de son premier emprisonnement l'an dernier, Jafar Panahi nous avait fait savoir à quel point le soutien venu de l'étranger lui avait été précieux".
Laëtitia Forhan avec l’AFP