Mon compte
    Rambo : comment Ronald Reagan a-t-il failli tuer la franchise ?
    Clément Cusseau
    Clément Cusseau
    -Rédacteur
    Après des études en école de cinéma, il intègre la rédaction d’AlloCiné en 2011. Il est actuellement spécialisé dans les contenus streaming et l’actualité des plateformes SVOD.

    Alors que le cinquième volet est sorti dans nos salles ce mercredi 25 septembre, retour sur les raisons politiques qui ont failli tuer la franchise "Rambo" durant les années 80.

    StudioCanal

    Si aujourd’hui, Sylvester Stallone est inévitablement associé à ses deux franchises – Rocky et Rambo – le destin aurait pu en être tout autre, ce pour des raisons politiques. Un petit retour en arrière est toutefois nécessaire pour comprendre tous les tenants de cette histoire.

    Après le succès du premier volet de Rocky, Stallone rencontre plusieurs échecs (F.I.S.T., La Taverne de l’enfer…) lui qui cherche désespéramment à prouver qu’il n’est pas l’acteur d’un seul rôle. La solution lui vient finalement avec l’adaptation du roman First Blood de David Morrell qui lui permet d’incarner avec John Rambo le symbole d’une Amérique profondément marquée par la défaite du Vietnam mais aussi l’antithèse de l’optimiste Rocky Balboa, incarnation, quant à lui, des valeurs du rêve américain.

    Quand le second volet sort dans les salles américaines le 22 mai 1985, les Etats-Unis ont néanmoins profondément changé grâce à la politique conservatrice du président Ronald Reagan, bien décidé à rendre à l’Amérique ses lettres de noblesse (via son slogan "Let's Make America Great Again"). Pour se faire, il lui paraît nécessaire de promouvoir l’image d’américains aux corps sains et musclés, une idéologie qui gagne très vite Hollywood où les héros de films d’action sont désormais bodybuildés et non plus torturés et ancrés dans la réalité comme dans la décennie précédente.

    La carrière de Stallone suit cette même trajectoire : entre le premier et second Rambo, la musculature de ce dernier augmente considérablement et très vite, la critique l’accuse de se faire le porte-étendard de la politique reaganienne. Un autre incident va toutefois précipiter le divorce entre la presse et la carrière de Sylvester Stallone.

    Qui est Rambo : ce qu'on sait de la vie du personnage au-delà des films

    En 1985, alors que de vives tensions opposent les Etats-Unis à la Lybie de Kadhafi, Ronald Reagan prononce une célèbre formule restée dans l’Histoire : "Hier soir j’ai vu Rambo II, et maintenant je saurais comment gérer ce type de situation" en référence aux multiples scènes d'action du film. Un peu plus tard, le président recevait Stallone à la Maison-Blanche avec un t-shirt portant la motion "Rambo est un républicain". Sly se fait alors hameçonner malgré lui dans les rouages du système politique américain.

    Pour les critiques, c’est la preuve s’il en fallait une que Stallone n’est désormais qu’un pantin reaganien, tout juste bon à produire des œuvres de propagande destinées à promouvoir la supériorité américaine. Des accusions qui accompagneront également la sortie du quatrième volet de Rocky, qui oppose l’étalon italien à un boxeur soviétique. Pour l'acteur / réalisateur, il ne s'agissait pourtant pas de livrer un pamphlet politique mais plutôt de formuler un message de paix. Une nouvelle polémique éclate en 1988 quand Rambo III voit le personnage-titre rejoindre les moudjahidines face à l'envahisseur soviétique alors que ses motivations sont avant tout de secourir son ancien colonel, Samuel Trautman (Richard Crenna).

    Pendant longtemps, l’image de Stallone restera écornée avant que le temps ne permette finalement de le réhabiliter auprès des critiques. En 2008, le quatrième Rambo – qui dénonce le génocide perpétré en Birmanie – obtient une bonne presse, confirmant le retour en grâce de Sly. "C'est Ronald Reagan qui, à mon corps défendant, a fait de Rambo un héros républicain" déplorait-il à sa sortie à nos confrères du Figaro.

    Reste désormais à savoir si le cinquième opus, sorti dans nos salles ce mercredi 25 septembre, dont l'action se déroule au Mexique, sera à son tour taxé de propagande envers la politique de l'actuel occupant de la Maison-Blanche, lui aussi adepte du slogan "Make America Great Again"...

    FBwhatsapp facebook Tweet
    Sur le même sujet
    Commentaires
    Back to Top