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    Prise au piège sur M6 : que vaut la série entre Prison Break et Orange is the New Black ?
    Par Jérémie Dunand (@JejeSeries) — 3 déc. 2019 à 20:00

    "Prise au piège", portée par Elodie Fontan et Manon Azem, débute demain soir sur M6. Faut-il regarder cette série en 6 épisodes adaptée du thriller espagnol "Derrière les barreaux" par le créateur de "La Casa de Papel" ? Voilà notre avis.

    Jean Michel CLAJOT/M6
    De quoi ça parle ?

    Anna Rivière est arrêtée pour un meurtre...qu'elle n'a pas commis. Sauf que tout l'accuse. Envoyée en détention provisoire, Anna risque une lourde peine. Piégée dans un monde aux antipodes du sien, au milieu de la violence et des trafics, Anna est une proie facile qui va devoir apprendre à transgresser les règles pour survivre. Franchir la ligne jaune au risque d'y perdre son âme... Son seul espoir repose sur son père et son frère qui s'ignorent depuis 10 ans. Ils sont les seuls à pouvoir prouver son innocence.

    Tous les mercredis à 21h sur M6 à partir du 4 décembre. 6 épisodes vus sur 6.

    À quoi ça ressemble ?
    Prise au Piège - saison 1 Bande-annonce VF

     

    C'est avec qui ?

    Moins d'un an après son départ de Clem, qu'elle a quitté après neuf saisons de bons et loyaux services, Elodie Fontan fait son grand retour sur le petit écran avec Prise au piège, mini-série événement en six épisodes adaptée du format espagnol Derrière les barreaux (Vis a vis) créé par Álex Pina (La Casa de Papel). Connue également pour ses rôles dans Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, Babysitting 2, ou Nicky Larson et le parfum de Cupidon, Elodie Fontan s'essaye ici à un registre plus sombre en incarnant une jeune femme accusée à tort de meurtre.

    Manon Azem (Section de recherches, La Mante), que l'on retrouvera prochainement dans Ils étaient dix sur M6 toujours, campe quant à elle Malika, une détenue pas commode qui règne en maître sur l'enfer carcéral dans lequel est plongé Anna, l'héroïne. Samir Boitard (Le Secret d'Elise, On va s'aimer un peu beaucoup) incarne pour sa part le patron de la prison, tandis que Jean-Hugues Anglade et Vincent Rottiers (Le Passager, Renoir) complètent la distribution principale dans les rôles du père et du frère d'Anna, qui vont tout faire pour la sortir de prison.

    Ça vaut le coup d'oeil ?

    Après les échecs récents de ses comédies familiales Papa ou Maman et Le Grand Bazar, M6 revient vers un genre très en vogue à la télévision - le thriller - pour tenter de renouer avec le succès dans le domaine de la fiction française de prime-time. Et quoi de mieux pour y parvenir qu'une tête d'affiche aimée du public (Elodie Fontan) et une histoire qui a fait ses preuves en Espagne grâce à la patte assez imparable du créateur et scénariste de La Casa de Papel ?

    Malgré un point de départ similaire (une jeune femme accusée de fraudes comptables en réalité commises par son patron, avec qui elle avait une aventure), Prise au piège fait cependant le choix de s'éloigner de Derrière les barreaux, qui a connu quatre saisons entre 2015 et 2019, pour proposer aux téléspectateurs français qui n'ont probablement jamais entendu parler de la version espagnole une adaptation assez libre sous forme de mini-série resserrée, qui mène son récit tambour battant jusqu'à une conclusion tout ce qu'il y a de plus "finale". Produit par Iris Bucher (Le Bazar de la charité) et écrit par Cécile Berger et Olivier Kohn, ce remake n'est pas toujours très subtil et n'évite pas les clichés sur la prison (via notamment une vision très sexualisée de la femme). Le réalisme a quelque peu été laissé au placard au profit d'une approche "glamour" de l'univers carcéral, et pourtant ça fonctionne. Les rebondissements et les cliffhangers sont légion. La réalisation de Karim Ouaret est tendue et l'image extrêmement léchée. Les décors, à l'image du dôme impressionnant de la prison, assez vertigineux. Et la grande force de la série réside dans ses interprètes, à commencer par Vincent Rottiers, comme toujours excellent, qui trouve ici son premier rôle régulier à la télévision. Sans oublier Manon Azem, qui semble prendre un plaisir fou dans la peau de Malika et propose l'une des meilleures prestations de sa carrière, et Elodie Fontan qui étonne dans un genre auquel elle nous a peu habitué jusqu'ici, à mille lieues des comédies de la Bande à Fifi.

    Jean Michel CLAJOT/M6

    Loin d'être très originale dans ce qu'elle raconte, Prise au piège, qui s'inscrit quelque part entre Prison Break, La Casa de Papel, justement, et Orange is the New Black pour sa galerie de personnages féminins riche et variée, parvient à nous happer en faisant le choix de la surenchère, à grands coups de corruption, d'intimidation, de trésor caché, ou encore de tentative d'évasion. Le danger rode dans cette prison, tout comme à l'extérieur, et l'histoire tissée par les scénaristes connaît une jolie montée en puissance au fil des quatre premiers épisodes, qui cochent totalement les cases de ce qu'on est en droit d'attendre d'un tel thriller mainstream. Malheureusement, la série connaît une baisse de régime lors de ses deux derniers épisodes, qui perdent l'intensité dramatique des quatre premiers et nous emmènent doucement vers une conclusion un peu ratée, qui enchaîne les retournements de situation peu crédibles. Mais pour ce qui vient avant, et pour ses héroïnes attachantes, Prise au piège, qui assume pleinement son côté exagéré, mérite tout de même le détour et devrait arriver à convaincre les amateurs de thrillers riches en suspense et en coups de théâtre à la Prison Break.

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