Notez des films
Mon AlloCiné
    Devils sur OCS : que vaut la série sur le monde de la finance avec Patrick Dempsey ?
    Par Julia Fernandez — 14 avr. 2020 à 19:38
    FBwhatsapp facebook Tweet

    A partir du 18 avril, la chaîne diffuse en US+24 une nouvelle coproduction OCS Originals : un thriller financier ambitieux mené par un casting européen. En explorant les luttes intestines des grands marchés mondiaux, la série réussit-elle son coup ?

    Sky Italia
    De quoi ça parle ?

    Massimo Ruggiero est un brillant trader de la NYL, une banque d'investissement américaine basée à Londres. Alors qu'il est en pole position pour devenir Vice CEO, Massimo voit le poste lui échapper au profit d'un autre. Se sentant délaissé par Dominic Morgan, son mentor, Massimo entreprend de le faire tomber avec l'aide de son équipe. Il se retrouve alors pris au milieu d'une guerre financière mettant en péril l'économie européenne.

    10 épisodes de 52 minutes - à partir du 18 avril à 20h40 sur OCS Max

    A quoi ça ressemble ?
    Devils - saison 1 Bande-annonce VO
    C'est avec qui ?

    Au casting de cette série créée par deux solides showrunners européens, le britannique Nick Hurran (Altered Carbon) et l'italien Jan Michelini (Les Médicis), on retrouve Patrick Dempsey, ex-docteur Mamour de Grey's Anatomy qui jouait déjà un personnage retors dans La Vérité sur l'affaire Harry Quebert en 2018. Dans Devils, il trouve un rôle de manipulateur de l'ombre qui lui va à ravir, tant son air doucereux enrobe à la perfection toute la noirceur latente du PDG américain. Dans le rôle principal de la série, l'acteur italien Alessandro Borghi (Suburra) fait le job dans ce rôle de jeune trader carriériste, aux côtés de Laia Costa (révélation espagnole du film Victoria en 2016), une journaliste indépendante aux faux airs de Lisbeth Salander qui semble s'intéresser d'un peu trop près à ses activirés. Malachi Kirby, vu dans Black Mirror, brille en jeune outsider, analyste comportemental de génie recruté par Massimo pour surveiller ses ennemis. Enfin, Lars Mikkelsen, remarqué dans Borgen et récemment vu dans The Witcher, tient un second rôle de lanceur d'alerte énigmatique.

    Ça vaut le coup d'oeil ?

    Production italienne développée sous le label OCS Signature, coproduite par les chaînes Sky Italia, LUX et OCS pour la France, Devils marque la volonté de renouveau induite par les chaînes européennes, ayant bien compris que face aux superproductions américaines seule l'union faisait la force. OCS Originals a ainsi lancé en 2019 sa première initiative européenne avec Le Nom de la rose, série historique adaptée du roman d'Umberto Eco avec John Turturro.

    Tirée du best-seller du romancier Guido Maria Brera, Devils est une mini-série contemporaine en dix épisodes se déroulant au coeur de la City londonienne, dans l'enceinte d'une puissante banque américaine nommée NYL. L'intrigue, située en 2008, en plein milieu de la crise économique en Grèce et au moment où Dominique Strauss-Kahn était encore directeur général du Fonds Monétaire International, embrasse le sous-genre du thriller financier illustré par des films comme Wall Street (1987) ou le plus récent Le Loup de Wall Street de Scorcese (2013).

    Hélas, Devils ne révolutionne pas son thème : les escrocs modernes y sont montrés sous de jeunes visages, reflet d'une Europe cosmopolite moulée dans un mode de fonctionnement à l'américaine dès que l'on pénètre dans le royaume de la finance et des traders aux dents longues qui se livrent à tous les excès. Or la série, de bonne facture - en grande partie grâce à son casting convainquant - reflète le même constat. Malgré une production 100% européenne, elle n'évite pas les écueils du sensationnalisme à l'américaine, entre sa musique qui surligne à outrance les effets dramatiques, le héros narrateur avec une voix off qui ouvre et conclut chaque épisode, ses dialogues d'exposition peu subtils ou encore ses cliffhangers surdosés. Sers personnages féminins y sont également sous-employés, réduits à des rôles secondaires peu modernes, servant d'objets sexuels et de faire-valoir aux banquiers (l'ex-femme de Massimo, disparue dans de mystérieuses circonstances et créée pour susciter de l'empathie envers le héros, n'échappe pas aux stéréotypes).

    On retiendra cependant la bonne tenue de route de ce projet européen (plus convaincante que la récente Mirage sur France 2), et une envie d'y revenir malgré tout afin de déceler tous les rebondissements de l'intrigue, le format mini-série aidant. En résumé, un bon divertissement pour les amateurs du genre, qui manque cependant d'une touche supplémentaire de modernité.

     

    FBwhatsapp facebook Tweet
    Sur le même sujet
    Commentaires
    • Last Action Zero
      Des fonctionnaires de l'investissement. J’adore la formule, qui a le mérite d'être parfaitement claire. Merci pour ta réponse très intéressante ^^
    • FlecheDeFer ..
      Ce genre de séries colporte une image presque romantique du monde de la finance avec ce fantasme d'hommes (toujours) à forte personnalité, excessifs, arrogants, flamboyants, à peu près tous escrocs, brillants, et cyniques... La réalité est très différente et je n'ai à peu près jamais rencontré qui que ce soit qui ressemble de près ou de loin aux caractères décrits dans ce genre de productions (comme partout, il existe évidemment des exceptions, comme Andrea Orcel, mais comme ailleurs elles sont souvent sur-jouées pour des raisons de marketing personnel et faire parler, par exemple un gérant de fonds est célèbre pour se déguiser en Jack Sparrow pour piloter son yacht, mais cette publicité sert surtout à faire oublier ses résultats médiocres). En fait, dans la finance on rencontre avant tout des gens très policés, averses au risques, averses au changement, très hiérarchiques et procéduriers, généralement avec des profils de bons pères de familles concernés par l'argent surtout pour payer des écoles privées à leurs enfants et roulant plutôt en break familiaux: des fonctionnaires de l'investissement en somme. Alors oui, certains sont high-profile, oui il y a de la coke chez les traders (ou plutôt il y avait) mais pas pour être rebelles ou cools, simplement par peur de ne pas en faire assez et pour résister à la pression mise sur eux par leurs chefs, et donc une drogue triste, comme le dopage dans le sport. D'ailleurs, une étude parue sur le profil des employés en banque d'investissement avait révélé que le profil classique en était: bons élèves, travailleurs, prudents, respectueux de la hiérarchie. En clair, le profil du premier de classe. Or, le premier de classe n'est jamais le fort caractère de la classe... Mais évidemment, tout ceci n'est pas vendeur et n'alimenterait pas le fantasme des masses. Le très médiocre scandale récent à la tête du Crédit Suisse est lui la triste réalité des soi-disant Gordon Gekko.
    • Last Action Zero
      Qu'est ce que tu veux dire ?... Que ce qui est décrit dans la série, n'est absolument pas réaliste ?...
    • FlecheDeFer ..
      Si l'auteur de la série avait passé un quart d'heure en salle de marché, rien qu'un petit quart d'heure, cette série n'aurait jamais vu le jour...
    • mr.fox
      Le Nom de la rose, série historique adaptée du roman de VICTOR HUGO... SERIOUSLY ?? :-) Et Les Misérables, c'est écrit par Marc Levy ?Vous devriez profiter du confinement pour réviser vos classiques ! <|:o)
    Voir les commentaires
    Back to Top