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    Mrs. America : que vaut la série sur les débuts du féminisme aux États-Unis ?
    15 avr. 2020 à 14:30
    Mis à jour le 10 août 2020 à 13:31
    Mégane Choquet
    Mégane Choquet
    -Journaliste ciné et séries Streaming
    Journaliste spécialisée dans l'offre ciné et séries sur les plateformes quel que soit le genre. Ce qui ne l'empêche pas de rester fidèle à la petite lucarne et au grand écran.

    Avec un sujet historique et un casting puissant, Mrs. America s'attache à raconter l'émergence du mouvement féministe dans les années 1970 aux États-Unis. Cette mini-série, disponible sur Canal+, vaut-elle le coup d’œil ?

    2020 FX Productions, LLC. All rights reserved.
    DE QUOI ÇA PARLE ?

    États-Unis, années 1970. Avocate et mère au foyer modèle de six enfants, Phyllis Schlafly est également une activiste conservatrice. Lorsqu’elle prend la tête du mouvement pour empêcher la ratification de l’amendement qui vise à garantir l’égalité des droits entre les sexes, elle déchaîne la colère des féministes, emmenées par leurs leaders, Gloria Steinem et Betty Friedan…

    Disponible sur myCANAL et Canal Plus.

    ÇA RESSEMBLE À QUOI ?
    Mrs. America - Bande-Annonce VO

     

    C’EST AVEC QUI ?

    Mrs. America peut se targuer d’avoir un impressionnant casting avec en tête l’oscarisée Cate Blanchett qui trouve ici son premier grand rôle à la télévision, celui de Phyllis Schlafly, une activiste ultra-conservatrice. Rose Byrne et Tracey Ullman campent respectivement les journalistes féministes Gloria Steinem et Betty Friedan tandis qu’Uzo Aduba (Orange Is the New Black) interprète la politique Shirley Chisholm, première femme afro-américaine élue au Congrès. Au reste de l’excellent casting féminin, on retrouve Sarah Paulson, Margo Martindale, Elizabeth Banks, Jeanne Tripplehorn, Kayli CarterAri Graynor et Melanie LynskeyJohn Slattery et James Marsden incarnent les deux figures masculines récurrentes de la série.

    ÇA VAUT LE COUP D’ŒIL ?

    Créée par la canadienne Dahvi Waller, scénariste sur Mad Men et Halt and Catch Fire, Mrs. America est une mini-série chorale inspirée de faits réels qui dresse les portraits de femmes activistes qui ont participé à l’émergence du mouvement féministe aux Etats-Unis dans les années 1970. Contre les grandes figures de l’époque luttant pour l’égalité des sexes, la légalisation de l’avortement et d’autres avancées progressistes, telles que Gloria Steinem, Shirley Chisholm, Bella Abzug et Betty Friedan, une femme sort du lot pour mener un autre combat : la "Mrs. America" Phyllis Schlafly, une activiste ultra-conservatrice qui milite contre le mouvement de libération des femmes et pour la défense du statut de femme au foyer en empêchant la ratification de l'ERA (Equal Rights Amendment).

    Si Phyllis Schlafly reste le fil conducteur de la série, Mrs. America s'attache à narrer cette lutte politique et idéologique entre deux camps féminins à travers les points de vue de toutes les femmes concernées, qui ont chacune droit à leur épisode centré sur leur vie, leur parcours, leurs convictions, leurs actions mais aussi leurs désillusions. Avec son générique vintage, son ambiance rétro et sa mise en scène efficace, Mrs. America se révèle être une sorte de Mad Men politique au féminin savoureux, important et inspirant. A travers les combats de ces femmes, cette mini-série décortique les coulisses des premières discussions sur la place des femmes dans la société et la genèse des mouvements pour la libération des femmes.

    2020 FX Productions, LLC. All rights reserved.

    Avec intelligence et force, la série évite de tomber dans un schéma manichéen et expose les difficultés rencontrées par toutes les femmes contre le patriarcat mais aussi au sein même de leurs groupes d’activistes, quelque soit le camp. Pointue et magistrale, Mrs. America est une série majeure et nécessaire qui s'intéresse aux bases d’un débat permanent qui fait terriblement écho à notre société actuelle. Cate Blanchett est incroyable dans son rôle d’activiste froide, conservatrice et déterminée à défendre le statut de femme au foyer. Frôlant parfois la caricature, elle n'en reste pas moins un personnage de méchante qu'on adore détester. Mais son combat contre la ratification de l’amendement visant à garantir l’égalité des droits entre les sexes va la mener paradoxalement à s’extraire de son statut qui lui est cher et à côtoyer en haut lieu des hommes qui utiliseront sa popularité à leur avantage.

    Le reste du casting impeccable vient titiller la toute puissance de Phyllis et permet de questionner les convictions de chacun pour comprendre leurs intérêts, mais on regrette que certains personnages ne soient pas développés davantage. Plus qu'un drame historique, Mrs. America est avant tout une série politique qui plaira aux amateurs du genre. Les dialogues sont bien écrits, les piques sont acerbes et les mots sont choisis avec une ironie douloureuse mais réaliste. Si certains aspects de la bureaucratie américaine semblent parfois flous, les pions se mettent en place petit à petit sur l'échiquier et on comprend au fur et à mesure les tenants et les aboutissants de cette période majeure de l'histoire américaine à travers les manigances de Phyllis et les actions de Gloria Steinem et ses consoeurs dans cette série FX passionnante.

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    Commentaires
    • ServalReturns
      Jusqu'à preuve du contraire, ce sont les féministes qui chialent non stop.
    • ServalReturns
      la série évite de tomber dans un schéma manichéen et expose les difficultés rencontrées par toutes les femmes contre le patriarcat Ouais, OK ;)
    • Plaza13
      Je sais que certain(e)s veulent réécrire l'histoire surtout auprès de la jeune génération qui n'a pas vécu les 70's/80's.Mais ceux qui l'ont vécu peuvent t'assurer que les relations homme/femme n'était pas cet enfer tant décrié et que les relations étaient plus apaisées, largement moins clivantes et plus respectueuse.Pour revenir au cinéma, je pourrai te citer :- la femme de Riggs de l'arme fatale, - la maire de Daylight celle qui dit : Nettoyer moi ce merdier.- le personnage transgenre dans la série Ally Mc Beal (tiens ! encore une femme en tête d'affiche d'une série)- les proies (1971)- working girl- la période années 80 de Michael Douglas ou tout ses duos étaient composés de femmes fortes et indépendantes ....- Speed : qui conduit le bus, garde son calme sous la pression, apaise, débite des punchline... et finalement devient le héro ? et qui se fait appeler Madame en forme de déférence ?- Les sorcières d'Eastwicket tant d'autres... et tu constaterais que ce n'est pas si anecdotique que ça.Et même si d'après toi, ça l'est, (ce qui est loin de la réalité, les faits sont têtus..désolé...) ces rôles si importants ou si minimes qu'il soient ont plus marqué toute une génération et fait avancer le schmilblick que des films/séries actuels exclusivement orientés a un unique public, le confortant dans ces certitudes donc excluant de fait les autres.Ces œuvres ne font qu'enfoncer des portes deja ouverte depuis très longtemps et le pire, ne touche pas la bonne cible : c'est plus productif de voir un personnage dit féministe dans un film de gros bras que de conforter les convictions d'un public deja acquis. Ce que faisait très bien les films des 80's/90's. Juste une question de dosage.Seul de la mauvaise foi pourra me dire le contraire.
    • Seb
      comme avant c'est juste qu'on ne prenait en compte qu'une seule partie de la population , ta commode avec un seul tiroir elle est pas meilleure ^^la preuve que ça marche , t'as donné un exemple c'est pas une preuve , on ne demande à aucun film de ne pas mettre de gros sabots , combien de films ultra virilistes absolument pas subtils chaque année , le féminisme ne devrait pas être le seul message devant être amené avec subtilité et originalité ^^'Okay et combien de Ripley ou Sarah Connor comme exemple sur toute l'histoire hollywoodienne ? C'est facile de sortir toujours les mêmes exemples comme si ils faisaient légion , mais ça reste des points isolés . De la même manière que des persos masculins parmis la masse il n'y en a pas des milliers de biens écris --' Même là , ça fait réagir à cause de la victimisation des masculinistes , mais si tu regardes bien par rapport aux sorties totales les films féministes représentent toujours une infime minorité de ce qui se fait , il ne faut pas être hypocrite ^^et surf sur la vague , Hollywood a toujours fait ça , à une époque il y avait un western qui sortait toutes les semaines , on est loin du même dosage :)
    • Plaza13
      L’ Hollywood comme les network actuels sont des cinéma/des séries de tiroir.Tel film/série pour tel communauté.c'est de moins en moins fédérateur comme avantModern Familly est une sitcom familiale et pourtant il y a un couple gay avec une fille adoptive.La preuve que ça marche ! et ca fait avancer la cause sans chausser de gros sabots réducteur qui rebute les gens.C'est le dosage et le surf sur la vague me too que je reproche... pas le sujet.Comme si ellen Ripley et tant d'autres héroïnes du 7eme art n'avait jamais existé.
    • Plaza13
      tout a fait !
    • Seb
      Donc t'es un défenseur de la gent féminine en fait, pas mal :prapporter du fric ? Les films nuls , féminins ou pas , c'est pas ce qui manque ces temps-ci ,et quand ils sont nuls ils rapportent quasiment rien (cf. Ghostbusters) . Et les films/séries féministes/sur le féminisme , ça date pas d'hier , c'est juste que leur visibilité a augmenté.Et spoiler : les studios voudront toujours faire du fric et l'ont toujours voulu , donc autant que ce soit en mettant en avant un peu de positif non ?
    • Plaza13
      Ben voyons !c'est juste une effet de mode entretenu par les studios pour se rapporter du fric sur le dos de la gente féminine: t'est si naïf que ça ?
    • Seb
      Ah parce qu'il y avait un fond ? Première nouvelle, j'y ai juste vu un énième Kinder Surprise rempli de pleurnicheries masculinistes.
    • Hunnam29
      Après avant de critiquer faut voir si c'est qualitativement bon ou pas. Je comprends que le postulat politique ne te plaise pas, mais ça peut être une excellente série quand même. On nous rabâche peut être trop avec ce sujet, mais on peut traiter du féminisme de manière intéressante et subtile si le projet est bon. C'est juste que bien souvent, comme pour énormément de sujets à Hollywood, c'est pas subtil et ça en devient gavant.
    • Plaza13
      toujours ! Pour que l’idéologie infuse bien les esprits faibles, il faut mettre le paquet (sans mauvais jeu de mot..ou pas).
    • Plaza13
      le détournement en guise de contradiction: la technique éculée, le degrés zéro de l'argumentation.Attaquer la forme pour éviter de se ramasser sur le fond.
    • Seb
      Une faute d'orthographe pour moins de 10 mots c'est original pour un commentaire ironisant sur le féminisme ! *ironie*
    • Hunnam29
      Sacré casting en tout cas.
    • Ripix
      Un thème original par les temps qui court ! *ironie*
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