Mon compte
    Disney, l'histoire du studio culte : avant Mickey, il y avait Oswald [EPISODE 1]
    Corentin Palanchini
    Passionné par le cinéma hollywoodien des années 10 à 70, il suit avec intérêt l’évolution actuelle de l’industrie du 7e Art, et regarde tout ce qui lui passe devant les yeux : comédie française, polar des années 90, Palme d’or oubliée ou films du moment. Et avec le temps qu’il lui reste, des séries.

    Découvrez notre saga de l'été sur l'histoire du studio Disney de sa création à la mort de Walt Disney. Cette semaine, pour ce premier épisode, retour sur la création de Mickey et les débuts de Walt à la production.

    Walt Disney Pictures

    Des débuts au pays des merveilles

    Né à Chicago, le jeune Walt Disney grandit dans une ferme au Missouri, lieu souvent considéré comme l'ayant inspiré dans sa création de héros animaliers. Lorsqu'il atteint l'âge de sept ans, sa famille déménage à Kansas City. Neuf ans plus tard, il rejoint la Croix-Rouge américaine lors de la Première Guerre mondiale. Lorsqu'il revient d'Europe, il suit le cursus du Kansas City Art Institute et son diplôme en poche, tourne deux courts métrages centrés sur Kansas City (1922), le tout en animation bien sûr. La même année, il fonde la firme Laugh-O-Grams avec un ami animateur, Ub Iwerks.

    A cette époque, alors que le cinéma traditionnel (et muet) bat son plein, il signe déjà l'adaptation d'un conte, Le Petit chaperon rouge, qu'il revisite en le modernisant et, faute de pouvoir inclure de sons, écrit des mots sur l'image. S'ensuivront d'autres contes dont quelques-uns auront l'honneur de devenir des longs métrages Disney dans les années à venir comme CendrillonJack et le haricot magique (où Jack sera remplacé par Mickey) mais aussi des aventures qui resteront des courts comme Boucle d'or, par exemple. Il signe aussi une série de courts métrages intitulés les "Lafflets", qui sont réputés perdus. En effet, en juillet 1923, Disney est en faillite et ferme Laugh-O-Grams sans sauvegarder tous ses films.

    Mais avant la fermeture, Walt* tente un dernier "coup", en dessinant une version d'Alice au Pays des merveilles mêlant images réelles et animation. L'histoire de Lewis Carroll est remaniée et modernisée : une petite fille, Alice, visite l'atelier d'animation de Laugh-O-Grams et, émerveillée par ce qu'elle y a vu, rêve de séquences d'animation loufoques dans un monde appelé "Cartoonland". On y retrouve l'idée d'un parc de personnages animés et la proximité entre le public (symbolisé par la petite fille) et le monde de Disney (représenté par Cartoonland comme par Walt lui-même, puisqu'il apparaît dans le court métrage).

    Il présente ce petit film à des diffuseurs potentiels comme le pilote d'une série qui est finalement commandée par une distributrice new-yorkaise spécialisée dans l'animation, une pionnière : Margaret J. Winkler. Walt déménage à Los Angeles et met en images 10 courts métrages Alice en 1924, 15 en 1925 et 1926 et 18 en 1927, année qui marque la fin des aventures d'Alice dans le monde de l'animation pour laisser la place à un héros de pure animation... Oswald.

    Oswald le lapin ou Mickey Mouse ?

    Après des années à tourner des Alice, Walt revient à l'animation pure avec Pauvre Papa suivi de Trolley Troubles (ce dernier sera d'ailleurs distribué en premier). A cette époque, Walt est toujours salarié de la famille Winkler et leurs films sont distribués par Universal. Oswald, un "lapin chanceux" noir à quatre doigts, remplace Alice comme personnage emblématique et vit diverses aventures au sein desquelles il défend sa petite amie et son vélo, rencontre une vache mécanique ou participe à une course aérienne.

    Le succès dure jusqu'à ce qu'en 1928, Walt claque la porte de chez Winkler Productions à cause d'une dégradation des conditions de travail que tente de lui imposer Charles Mintz, époux de Margaret Winkler. Mintz reste propriétaire d'Oswald et conserve une grande partie des animateurs qui travaillaient avec Walt. Ce dernier, avec son frère Roy Disney, part fonder Walt Disney Productions et garde avec lui Ub Iwerks. Ensemble, ils imaginent le prochain héros d'une série de courts métrages : une petite souris. Dans le même temps, le parlant arrive au cinéma et Walt sort la première aventure animée de Mickey, Steamboat Willie, en synchronisant le son et l'image. S'il n'est pas le premier à tenter l'aventure, il est le premier à en faire un succès.

    Walt Disney Pictures

    Les films sur Mickey fleurissent tandis que Walt expérimente des nouvelles techniques d'animation dans une collection de courts métrages intitulés les "Silly Symphonies". A cette époque, Walt coproduit ses films avec Pat Powers qui lui loue le dispositif Cinephone permettant la synchronisation image/son. Lorsque les deux hommes se disputent à propos des recettes, Powers rompt les négociations et part en emportant avec lui Ub Iwerks, l'ami de longue date de Walt (qui reviendra chez Disney en 1940).

    Dans le prochain épisode...

    Quoi qu'il en soit, malgré ce revers, nous sommes en 1930 : Mickey est né, Walt Disney ne réalise plus beaucoup mais produit lui-même les films tout au long de la décennie suivante. Ils sont distribués par la Columbia, puis par United Artists et enfin la RKO. C'est cette dernière qui a le mérite de sortir le premier long métrage du studio d'animation Disney : Blanche-Neige et les sept nains. Le succès sera-t-il au rendez-vous ? L'ascension de Walt Disney sera-t-elle plus difficile qu'attendue ? Réponses la semaine prochaine !

    EDIT : l'épisode 2 c'est par ici !

    En attendant, voici 5 (autres) choses à savoir sur Walt Disney :

    * pour des raisons de compréhension, il sera question de "Walt" lorsque nous parlons de la personne de Walt Disney et de "Disney" lorsqu'il s'agit de la firme dans son ensemble.

    FBwhatsapp facebook Tweet
    Sur le même sujet
    Commentaires
    Back to Top