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    Mort de Claude Brasseur : "une poésie inimitable", se souvient le réalisateur de L'Etudiante et Monsieur Henri
    Par Vincent Garnier, propos recueillis le 22 décembre 2020 — 22 déc. 2020 à 22:30
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    Réalisateur de "L'Etudiante et Monsieur Henri", Ivan Calbérac avait dirigé Claude Brasseur dans l'un de ses derniers rôles au cinéma. Il rend aujourd'hui hommage à l'acteur disparu ce mardi 22 décembre.

    Décédé ce mardi 22 décembre à l'âge de 84 ansClaude Brasseur laisse une filmographie riche de quelque 150 films, téléfilms et séries. Parmi ses dernières prestations, L'Etudiante et Monsieur Henri se signale par la richesse d'un rôle taillé à sa démesure. Le film, signé Ivan Calbérac, offre au comédien un terrain de jeu idéal pour exprimer toute la palette. Pour AlloCiné, le réalisateur revient sur son expérience avec le comédien, et sur la carrière de ce géant du cinéma français.

    AlloCiné : Quels souvenirs gardez-vous de Claude Brasseur ?

    Ivan Calbérac : Je me souviens de lui dans La Boum, le père de Vic, je crois que c'est là que je l'ai découvert pour la première fois. La scène où il mange seul ses spaghettis dans un restaurant italien, triste, et Brigitte Fossey arrive. Ils échangent un regard amoureux, magnifique. Je me souviens de lui dans Le Souper, face à Claude Rich, je l'avais trouvé incroyable. Et je me souviens bien sûr de lui en tant qu'Henri, dans L'Etudiante et Monsieur Henri, il a merveilleusement bien incarné ce vieux monsieur grincheux et si pudique dans ses sentiments. Tourner avec lui fut pour moi une expérience inoubliable.

    A quand remonte votre première rencontre ?

    J'étais allé le voir au théâtre Montparnasse, il y jouait Clémenceau dans La Colère du Tigre, face à Michel Aumont. Il avait beaucoup aimé le scénario de L'Etudiante et Monsieur Henri et nous étions allés diner ensemble pour en parler.

    Qu'est-ce qui faisait de Claude Brasseur un acteur à part ?

    Sa voix rocailleuse, son regard attendrissant, son charme incroyable, une présence, un oeil qui frise, une poésie inimitable, une sorte de grâce, qui vous marque, et qui vous accompagne longtemps.

    Comment drigeait-on Claude Brasseur ?

    Avec les grands acteurs, tout est toujours plus simple, on ne les dirige pas vraiment, ils ont fait bien plus de films que vous, et savent très bien ce qu'ils ont à faire. Alors on les accompagne, on demande parfois quelques modulations, quelques nuances différentes, pour avoir du choix au montage. Mais toutes les prises sont bonnes, il n'y a rien à jeter. Claude me disait se reconnaître beaucoup dans ce Monsieur Henri, aussi, on se comprenait vite sur le plateau.

    Avant de le rencontrer, quelle image aviez-vous de lui ?

    On m'avait dit qu'il n'était pas toujours facile, il fut absolument charmant, de bout en bout. Et j'ai été touché par sa vaillance. A plus de 80 ans, après une chute dans l'escalier, il avait continué à tourner toute une journée malgré trois côtes cassées, sans se plaindre. Il adorait son métier, préparait beaucoup ses rôles, c'était un immense professionnel.

    Quels films avec Claude Brasseur ont votre préférence ?

    A part celui que nous avons fait ensemble, pour lequel j'ai forcément une tendresse particulière, je citerai : La Boum, Une histoire simple, Fauteuils d'orchestre, et Nous irons tous au paradis... J'espère que ce soir, il y est avec tous ses copains.

    Notre rencontre avec Claude Brasseur :

     

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