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    Mort de Claude Brasseur, acteur de Camping, La Boum et Un éléphant ça trompe énormément
    Par Corentin Palanchini avec La Rédaction — 22 déc. 2020 à 14:50

    Claude Brasseur est mort ce 22 décembre à 84 ans. Détenteur de deux César, le comédien s'était illustré dans tous les genres, avait côtoyé Godard et Onteniente, et traversé plus de 50 ans de cinéma français.

    Christophe Clovis / Bestimage

    Claude Brasseur est mort ce 22 décembre à l'âge de 84 ans. L'acteur français a traversé les évolutions du cinéma, en tournant pour des projets aussi différents que Bande à part de Godard, Camping de Fabien Onteniente ou La Boum de Claude Pinoteau. Il avait remporté deux César. Retour sur une carrière éclectique et riche de films, séries et téléfilms.

    Des débuts sur les planches

    Fils de Pierre Brasseur et Odette Joyeux, Claude Brasseur suit des cours de comédie chez Raymond Girardet et étudie au Conservatoire, avant de se produire sur les planches dès 1954 dans les pièces Judas de Marcel Pagnol et Bon appétit messieurs d'Elvire Popesco. Il fait alors ses débuts au cinéma en tournant sous la direction de Georges Lampin dans Rencontre à Paris (1956) et Marcel Carné dans Le Pays d'où je viens (id.).

    Après une parenthèse de trois ans durant laquelle il officie comme parachutiste (1956-1959), il revient au septième art en donnant la réplique à Jean Gabin dans Rue des prairies (1959) de Denys de La Patellière et en étant confronté à son père dans le film fantastique Les Yeux sans visage (1960) de Georges Franju. Mais sa notoriété prend un réel essor avec le téléfilm Le Mystère de la chambre jaune (1965), où il interprète le reporter Joseph Rouletabille, et la série télévisée Les nouvelles aventures de Vidocq (1971), dont il tient le rôle-titre. Parallèlement, il travaille avec de jeunes cinéastes déjà très talentueux : Jean-Luc Godard (Bande à part, 1964), Costa-Gavras (Un homme de trop, 1967) ou encore François Truffaut (Une belle fille comme moi, 1972).

    Studio Canal
    Claude Brasseur dans "L'Etudiante et Monsieur Henri"

    Ses César
    Apparaissant au générique des thrillers Les Seins de glace (1974) et L'Agression (1975), Claude Brasseur connaît la consécration au cinéma avec les deux "films de potes" Un éléphant, ça trompe énormément (1976), qui lui vaut le César du Meilleur second rôle, et Nous irons tous au paradis (1977). Cette popularité grandissante se confirme avec le succès de La Guerre des polices, polar grâce auquel il remporte un nouveau César, dans la catégorie Meilleur acteur cette fois-ci, et des deux volets de La Boum où il prend les traits du sympathique père de la jeune Vicky (Sophie Marceau).

    Au faîte de sa carrière, Claude Brasseur fait preuve de polyvalence, alternant avec une grande aisance les genres cinématographiques. Incarnation à l'écran de Guy de Maupassant (1982), cet habitué du rallye Paris-Dakar aime à interpréter les antihéros gouailleurs et un brin baroudeurs : père de famille endeuillé et doutant des vertus de l'auto-défense dans Légitime violence (1982), commissaire déterminé dans La Crime (1983), écrivain ivrogne et amant de Sophie Marceau dans Descente aux enfers (1986), loser et flambeur dans Taxi boy (id.), chef d'un réseau d'espionnage communiste dans L'Orchestre rouge (1989) ou encore quinquagénaire à la dérive dans Sale comme un ange (1990).
    L'éclectisme avant tout

    Dans les années 1990 et 2000, l'acteur se fait plus discret sur les écrans, tournant avec parcimonie et se limitant quelquefois à de simples apparitions comme dans Le Bal des casse-pieds (1992), Un, deux, trois, soleil (1993), Les Acteurs (2000) ou encore Chouchou (2003). Il est toutefois cité au César du Meilleur acteur pour sa prestation de Fouché dans Le Souper (1992) d'Edouard Molinaro et continue d'incarner des personnages marquants tels l'industriel Pied-noir de L'Autre côté de la mer (1996), l'officier de police diplomate de Fait d'hiver (1998) et l'autoritaire gardien de prison de La Taule (1999).

    Warner Bros. France
    Dans "Malabar Princess"


    En 2004, l'acteur vétéran retrouve à l'écran Jacques Villeret, son partenaire dans la pièce de théâtre Le Dîner de cons, pour les besoins du drame Malabar Princess, et s'illustre l'année suivante dans des seconds rôles savoureux et sympathiques pour les comédies populaires L'Amour aux trousses, Fauteuils d'orchestre et Camping. Il fait aussi partie du casting impressionnant (Catherine Deneuve, Gérard Lanvin, Emmanuelle Béart...) que Thierry Klifa réunit pour son second long métrage (Le Héros de la famille). En 2007, il est à l'affiche d'un premier film, la comédie dramatique Les Petites Vacances, dans lequel il retrouve Bernadette Lafont à qui il avait donné la réplique dans Un Clair de lune à Maubeuge (1962) et Une Belle fille comme moi (1972). La même année, il change de registre en participant au naufrage critique et financier de Jean-Jacques Annaud : Sa Majesté Minor.

    Le retour de "Camping" et la rencontre avec Jean-Paul Rouve

    Après quelques années plus calmes, il retourne au Camping de Fabien Onteniente en 2010 et s'illustre dans plusieurs téléfilms. Un an plus tard, il renoue avec le polar en étant un mentor pour Jean-Paul Rouve dans Légitime défense. Les deux hommes s'étant très bien entendus sur le tournage, le comédien offre un rôle à Claude Brasseur dans sa seconde réalisation, le touchant Quand je serai petit (2012). Grand-père bienveillant dans Ma bonne étoile, il montre plus d'aspérités chez Jean-Pierre Mocky pour Le Renard jaune et fait preuve de caractère dans L'étudiante et Monsieur Henri, avant de repartir une troisième fois au Camping des Flots Bleus. En 2018, il interprète le père du personnage de Franck Dubosc dans Tout le monde debout, première réalisation de l'humoriste.

    La BA d'"Un éléphant ça trompe énormément", avec un extrait de la célèbre "scène de l'aveugle" :

    Un éléphant, ça trompe énormément Bande-annonce VF

     

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    Commentaires
    • demencia
      Motorhead ????? je pars tout de suite !!
    • Plaza13
      Alors imagine notre choc (à mon pote et moi) quand 3 semaines après notre retour, on nous a tous incarcéré pour une grippette qui tue 0.05% de la population....Y a de quoi pleurer quand tu reviens d'un pays ou le bon sens prime sur la psychose. ( ceux qui se sentent malade portent le masque naturellement et les bien portant absolument pas par ex.)un pays ou on vit a 5/6 dans un studio pour info....Faut juste voir la courbe de la Thaïlande depuis le 15 mars pour comprendre que tout ça c'est une blague et pas une plague.(très peu de victimes, y a un article qui sort cette semaine sur paris match tellement y a rien là-bas)Ouais, je l'affirme mes 20 ans en mieux: la new wave, la brit pop des 80/90's a bloque dans les bars, des groupes live jouant Motorhead ou du Bon Jovi...Cet été, on est allé boire des verres en terrasses chez moi sur Marseille, on se croyait dans un cimetière tellement la frénésie de Pattaya contraste avec l'ambiance farniente du sud... entre l’atmosphère bouillonnante naturelle de cette ville et le paraitre de faire genre artificiel de chez nous...Ouais y a de quoi en pleurer...
    • demencia
      ...Retrouver ses 20 ans , en mieux ??? Arrete !! je pleure !
    • Plaza13
      Une autre planète, une autre époque....Quand les établissements sont fermés, tout reste dehors (table, chaise) sans vigile sans chaine.....en sortant d'une discothèque, les videurs m'ont sauté dessus pour....m'aider a descendre 3 pauvres margelles signalées avec de la peinture jaune de surcroit....15 jours inoubliables, j'ai retrouvé mes 20 ans mais en mieuxPas besoin de te dire que c'est hyper secure la-bas a 4 h du mat (je me suis perdu dans la ville)bref... dès que je peux je me casse la-bas histoire de me recharger en humanité ;)
    • Hareng rouge
      peut-être ..
    • demencia
      Tu n'aurais pas été sur une autre planète ?? par hasard ? car je ne reconnais pas ces façons de vivre par chez nous !!! cette Thailande est tellement hallucinante de gentillesse , de courtoisie , d'amabilité ..ce qui ne m'étonne guère , car je suis un grand fan de l'asie en général , son cinéma( inégalable en émotion ) ses habitants ( si sincères , si généreux ) ses paysages ....mon rêve c'est plutôt le Japon , quelque part du côté de KYOTO la ville de toutes le beautés ( avis perso )
    • Plaza13
      un exemple : les cyclosla-bas, circulation hyper dense, très peu de feu rouge, le casque c'est une option (j'ai pas pris de taxi en cyclo a cause de ça)...ben c'est pas du tout bruant car les pots sont d'origines et c'est pas dans leurs culture de débrider le 2 roues...les seules qu'on entendaient ce sont ceux des expats comme par hasard...les bagnoles aussi jamais le poste a fond sauf celles de location comme par hasard...Tu aurais dû rester là-bas !: j'y pense pour la retraite ou quand j'en aurais vraiment marre de la médiocrité ambiante ;)une dernière pour la route : attentionné, serviable, bienveillant décrit leurs caractère.je me suis retrouvé dans un bar a galérer avec google trad avec une fille : 2 serveuses plus mamasan sont venus spontanément m'aider....un patron de thai bar m'a dit une blague en anglais, j'ai dit que je ne comprenais pas bien l'anglais: le type y s'est excuser car y croyait qu'il m'avait vexé...un truc de ouf du coup c'est moi qui était pas bien
    • demencia
      Ce devait être bien agréable , effectivement , comparé à notre société misérable , dans sa gestion , dans sa façon d'être , à sa déchéance quotidienne .Tu aurais dû rester là-bas !
    • Plaza13
      j'étais en Thaïlande en début d'année...dans un pays ou tu peux fumer au resto, ou les pharmacies ont des tonnes de masques ou les femmes sont féminines et ne portent pas plainte pour un simple bonjours...un retour vers le futur qui fait du bien au pays du sourire .....j'avoue que ça m'a aidé a subir cette mascarade...donc pas si noire que ça pour moi ;)
    • Plaza13
      il reste 8 jours...normalement, les compteurs se remettent a zéro le 1er janvier que ce soit pour les morts des acteurs et celle du covid....normalement
    • roi lion
      non tu dois confondre avec son père Pierre!
    • Hareng rouge
      il était pas dja mort une fois?
    • David M
      Cette année 2020 aura été vraiment pourri jusqu'au bout.Un immense acteur vient de nous quitter. :-(R.I.P. et merci Monsieur Brasseur pour tous les rôles cultes que vous nous avez offert.
    • Might Guy
      Merci pour Vidocq, un éléphant, tous au paradis, et Maupassant (que j'aimerais bien qu'une chaîne fasse son boulot en le diffusant), et sans rancune pour la guerre des polices qui est un des polars français les plus grotesques que j'ai jamais vus...RIP.
    • meiyo
      La Boum, La Guerre des Polices, Un éléphant ça trompe énormément, ... Tant de classiques qui font partie de la mémoire collective. Avec lui une page de l'histoire du cinéma se tourne. RIP.
    • FLORENS P.A.B.
      A chaque fois que je reçois une notification d'AlloCiné sur mon portable c'est pour m'annoncer un décès !Je me demande quel film sera diffusé pour célébrer sa mort 🤔
    • demencia
      On est bien d'accord !
    • tueurnain
      D'après toi...?RIP à lui....Ce serait bien que cette année noire s'arrête...
    • demencia
      Bien sûr !!! je l'avais oublié ! quel acteur ! du génie ! et ses films ....Au panthéon du cinéma français !!
    • Gozer
      Avons nous les talents en réserve pour combler cela ?Evidemment que oui, genre Kev Adams.
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