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    Sentimental : "La vie en couple est l'un des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés"
    Vincent Garnier
    Vincent Garnier
    -Rédacteur en chef
    Cinéphile omnivore, Vincent « Michel » Garnier se nourrit depuis de longues années de tous les cinémas, sans distinction de genres ou de styles. Aux côtés de Yoann « Michel » Sardet, il supervise la Rédac d’AlloCiné et traque les Faux Raccords.

    En adaptant pour le cinéma sa propre pièce de théâtre, l'Espagnol Cesc Gay transpose au cinéma ses questionnements sur le couple et le désir. Il retrouve pour l'occasion l'un de ses acteurs fétiches, Javier Cámara.

    AlloCiné : Comment avez-vous traduit votre propre pièce de théâtre en film pour Sentimental ?

    Cesc Gay : Quand j'ai écrit le texte, je ne savais pas si j'allais d'abord faire une pièce de théâtre ou un film. En l'écrivant, je me suis inspiré des comédies américaines des années 40 et 50, ces comédies loufoques que j'adore, dans lesquelles le dialogue et le rythme sont tout. Le hasard a voulu que je dirige d'abord la pièce de théâtre, mais l'adapter au grand écran a été un processus facile. Ma seule obsession en tant que réalisateur était de faire un film où les acteurs se déplaçaient constamment dans tout l'appartement. S'échapper du canapé. J'ai même mis quelques scènes dans l'ascenseur.

    Comme dans votre pièce, les personnages restent dans l'appartement. Vous ne trichez pas avec le matériel original : c'est une pièce de théâtre, et il semble que vous vouliez que le public le sache.

    C'était précisément l'essence de l'adaptation, ne pas trahir le matériel original. Le jeu est développé en temps réel, sans ellipse ni pause. C'était le plus gros challenge pour moi et les 4 comédiens. Le dialogue était tout ce que nous avions. De nos jours, il y a tellement de films et de séries qui séduisent le public et l'accrochent avec la seule puissance des visuels. Ce que nous avons fait était tout le contraire. Nous n'avions que les mots.

    Derrière l'histoire principale, vous nous parlez de la vie conjugale. Que pouvez-vous nous en dire ?

    La vie en couple est sans aucun doute l'une des plus grandes aventures et l'un des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés en tant que personnes. Un défi rempli d'adversité et de mille batailles à surmonter. On est loin du bonheur de la nuit de noces. Persévérer et ne pas abandonner sont les seules choses que les couples peuvent faire pour essayer de grandir ensemble et faire durer la relation. Je suppose que j'ai une vision un peu romantique de la famille et du couple, et c'est vraiment l'essence de Sentimental.

    Parlez-nous de le tournage pendant la pandémie.

    J'ai eu la chance d'avoir fini de tourner 2 semaines avant le confinement. En ce sens, j'ai été extrêmement chanceux.

    Après nous avoir fait pleurer Truman, vous nous faites rire cette fois. Comme François Truffaut, faites-vous consciemment le nouveau film "contre" le précédent ?

    En fait, une des citations que je n'oublierai jamais en tant que réalisateur vient de Truffaut. Cela dit quelque chose comme : "Quand il n'y a pratiquement pas de différences entre le film que vous avez imaginé et celui qui est projeté sur l'écran de cinéma, c'est la marque d'un bon réalisateur". C'est ce que j'ai toujours essayé de faire. Je n'ai jamais trop planifié ni trop réfléchi pourquoi je fais les films que je fais. Ils se font, parfois par hasard, parfois par instinct.

    Vous travaillez encore une fois avec Javier Cámara. Qu'est-ce qui rend cet acteur si unique ?

    Javier traverse la comédie et l'émotion avec le même naturel et la même intelligence. Il est capable de vous donner plusieurs tons et couleurs différents dans la même phrase et c'est un vrai privilège pour tout réalisateur. En plus, c'est l'une des meilleures personnes que je connaisse sur la planète et ça me fait très plaisir de savoir qu'on se verra sur le plateau, devant une caméra.

    La bande-annonce de Sentimental :

     

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