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    "Shoujyo" gagnant du Festival de Paris
    10 avr. 2002 à 15:50

    Le jury du Festival du film de Paris a choisi de récompenser "Shoujyo". Le film a obtenu le Grand Prix et le Prix d'interprétation féminine ce 9 avril.

    Isabelle Adjani, la Présidente d'honneur, et Louisa Maurin la déléguée générale du Festival, nous avait prévenus lors de la soirée d'ouverture : cette 17e édition, loin de l'ambiance "petits fours", a permis de découvrir des films indépendants exigeants. Les neuf films en compétition officielle, qui étaient tous des premiers ou seconds films, avaient un point commun : la présentation d'un univers très personnel sans compromis. Traitant de sujets graves –le problème des enfants battus dans El Bola, les sans-papiers dans L'Ange de goudron ou encore le deuil dans In the bedroom-, ils ont souvent provoqué de vifs débats entre spectateurs et réalisateurs.

    Le jury, présidé par Geraldine Chaplin, a choisi de récompenser du Grand Prix, assorti d'un chèque de 130 000 euros, Shoujyo, présenté en fin de Festival. Ce film japonais raconte l'histoire d'amour entre un policier et une adolescente de 15 ans. Alternant scènes comiques -un faux Jimi Hendrix japonais utilise sa guitare avec ses dents- et scènes tragiques, Eiji Okuda réalise un film dérangeant où sexe et mort jouent un rôle primordial. La jeune comédienne Mayu Ozawa a obtenu le Prix d'interprétation féminine.

    Huis-clos passionnant avec "The Business of strangers"

    Quant au Prix d'interprétation masculine, (34 490 euros pour la promotion du film, comme pour le Prix d'interprétation féminine), il a été décerné à Vuk Kostic pour Absolute Hundred de Srdan Golubovi, un long métrage yougoslave. Le comédien y joue le rôle de Sasa, un champion de tir junior qui se transforme en justicier pour sortir son frère de la drogue. Vuk Kostic a su imprégner fragilité et sincérité à un personnage difficile à composer. D'autant plus qu'à travers Sasa, c'est toute la jeune génération serbe confrontée à une société post-communiste gangrenée par la mafia que le réalisateur dépeint. Sans oublier d'évoquer ceux qui ont été broyés par la guerre de Bosnie et de Croatie, à l'image du frère de Sasa.

    Le Prix spécial du jury a été remis à The Business of strangers, formidable huis-clos dans un hôtel entre deux femmes que tout oppose. L'une, business woman, vient d'être nommée à la tête de sa société. L'autre, la vingtaine, est culottée et imprévisible. L'Américain Patrick Stettner a écrit son scénario au Sundance Institute en trois mois et a tourné le film en seulement 24 jours. "C'est un jeu de pouvoir, la plus jeune, qui a peur de la vie, teste la plus âgée. Elle voit en elle une institution", expliquait-il lors de la projection publique du film.

    Présidé par le rédacteur en chef des Cahiers du cinéma Charles Tesson, le jury du Cercle de la Presse a distingué le film italien Figli/Hijos de Marco Bechis. Le court-métrage de l'Ecossais Irvin Allan, Daddy's Girl, a obtenu le Grand Prix du jury. Quant au Prix du Public, il est allé à Philantropique du Roumain Nac Caranfin.

    Amélie Charnay et Marie-Claude Harrer
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